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 Elle murmure à l'oreille des pigeons

Anna Belle
Anna Belle
plume menteuse
Pseudo : Typocampe
Célébrité : Sophie Skelton
Crédits : Typocampe
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Âge : 24 ans
Métier : Faussaire, elle produit de faux documents. Un peu actrice, elle vous persuadera de leur véracité.
Situation matrimoniale : Célibataire et, d'après ce que l'on dit, ce n'est pas prêt de changer si elle ne fait pas rapidement quelques efforts en ce sens.

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Mer 30 Jan - 10:42

Elle murmure à l'oreille des pigeons

néhémie et anna
Cette nuit-ci n’avait rien de moins ordinaire qu’une autre. Depuis que le Soleil qui berçait la Terre dans son infinie lumière avait trouvé le repos à l’autre bout de l’horizon, la voute céleste s’était teintée d’un bleu foncé parsemé d’étoiles et seul l’astre lunaire éclairait de son mieux les rues de la capitale du glorieux Royaume de France. Mais il est des ruelles bien peu fréquentables que les rayons de la Lune ne parviennent pas à atteindre, il est de ces rues étroites et escarpées – idéales pour commettre quelques infamies – où il ne fait pas bon de s’engouffrer, de jour comme de nuit – quoi que la nuit soit plus propice aux crimes encore.

C’est dans un de ces boyaux morbides du grand Paris qu’Anna s’était retrouvée acculée. Il n’était pas vraiment rare que les grandes gens, soucieux de leur prétendue immaculée réputation, ne lui donnent rendez-vous dans un tel lieu et la jeune femme n’avait pas véritablement le loisir de refuser un client si elle souhaitait survivre, surtout si il était riche. Dieu qu’il est aisé pour les nobles de mauvaises foi de croire que les manants sont tous de mauvaise conscience ou à défaut, de mauvaise vie. Quand elle s’était présentée à l’heure dite, la pigeonnière ne s’attendait à rien de plus qu’à une commande habituelle, un faux document servant à protéger quelque secret bénins. Toutefois, ce n’est pas cela que l’aristocrate attendait d'elle et quand il eut formulé sa requête, il fut impossible à Anna de rester de marbre. Ses yeux couleur noisette s’écarquillèrent alors qu’elle comprenait qu’elle n’aurait jamais dû venir, et encore moins seule. Ses amis et compagnons l’en avaient avertie, mais comme bien souvent, elle n’en avait fait qu’à sa tête, désireuse de montrer que bien qu'elle soit une femme, elle pouvait se débrouiller seule. Seule, face à trois hommes d’âge mûr. Diantre ! Sa fierté la perdrait… Mais pas ce soir.

Sa première tentative de fuite, pour tout vous dire, ne fut pas bien accueillie, à moins que ce poing qui heurta son plexus ne soit aussi chaleureux que généreusement attribué. La jeune femme, pliée en deux, le souffle coupé par la douleur du choc, avait alors senti le vent tourner. Elle connaissait ses intentions, si elle refusait de lui donner satisfaction, elle ne sortirait pas vivante de cette ruelle… Mais visiblement, avant de la tuer, l’illustre personnage et ses larrons firent l’erreur de vouloir s’amuser un peu. Naturellement, toute femme réduite à de mauvaises actions, peu légales, pour survivre est démunie de vertu ! C’est bien connu ! Pauvres fous... Les hommes sont véritablement tous des idiots quand ils se mettent à penser avec ce qui leur sert de second cerveau entre leurs jambes. Ils auraient sans doute mieux fait de la tuer, ils n’auraient alors pas baissé leur garde.

Finalement, une femme pouvait se débrouiller seule, même face à trois hommes capables de lui briser le poignet entre leur annulaire et leur auriculaire, il suffisait pour cela qu’il ne voit plus qu’en elle un morceau de viande à leur disposition. Anna nota précieusement cela dans un coin de sa tête, persuadée que cette information pourrait lui être utile à l'occasion. Quoi qu’il faudrait qu’elle se perfectionne pour ce qui est de la suite car si faire passer toute envie de la fourrer au premier avait été facile, il s'en était fallu de peu que les deux autres ne lui mettent la main dessus. Mais elle songerait à tout cela plus tard. Pour le moment, elle détalait à travers les rues sinueuses de la capitale, fuyant en direction du Châtelet. Si leur réaction lui avait bien fait comprendre une chose c’était que l’affaire était grave. Elle devait en référer à qui de droit.

C’est une jeune femme pantelante et dans un drôle d’état qui pénétra le quartier général de Gabriel de La Reynie, lieutenant de la Police de Paris de par la volonté du Roy. Ses cheveux roux, habituellement coiffés en un sobre chignon sans prétention, étaient totalement défaits et en bataille. Quant à sa robe et ses jupes, elles ne laissaient que peu de doutes sur ce dont elle réchappait à peine – bien qu'elle ne s'en soit pas si mal sortie. Ses yeux vifs affolés cherchèrent un instant un visage familier parmi les hommes d’arme qui la regardaient avec surprise et incrédulité, jusqu’à ce qu’elle parvienne à retrouver assez d’air pour formuler une simple requête, plus : un ordre.

« Je dois voir Monsieur de Ravalet. »

Cela prêta à sourire dans la petite troupe, qu’une roturière en pareille posture se prenne à exiger de voir personnage si illustre. Toutefois, assez rapidement les rires se turent quand la voix de Roland de Guéret résonna dans la pièce, implacable quand il ordonna à son tour de faire chercher Néhémie de Ravalet. Immédiatement. Sa voix fut sans appel, et il fut aussitôt obéi alors que quelques soldats quittaient la pièce, mais se radoucit pourtant quand le petit homme s’approcha d’elle pour lui proposer une main, la guidant dans son bureau où il lui offrit un verre d’eau avant d’attendre avec elle que le jeune homme arrive, se demandant bien quel était le lien entre ses deux là – quoi qu'il n'y avait plus grand chose le surprenant avec l'espion du Roy. Il s’effaça dès que ce dernier apparut dans l’embrasure de la porte, les laissant seuls alors que la rouquine qui avait eu le temps de s’arranger un peu, plus par respect que par coquetterie, détournait le regard, murmurant :

« Je suis navrée de vous avoir fait déranger Monsieur… »

Elle était pourtant convaincue que cela n’aurait pu attendre plus longtemps. Néhémie de Ravalet lui avait offert sa protection une fois, elle était depuis son obligée et jamais elle ne serait venue ici, en terrain ennemi, si elle n’avait pas pensé l’affaire grave.
Néhémie de Ravalet
Néhémie de Ravalet
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Âge : 25 ans
Rang : Héritier du Chevalier de Ravalet, seigneur de Tourlaville, Noblesse d'épée
Métier : Sous-lieutenant, et officieusement espion, de Sa Majesté le Roi
Situation matrimoniale : Célibataire

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Sam 2 Fév - 2:45

Elle murmure à l'oreille des pigeons

Whispers into my ear
Lorsque Néhémie n'était pas à Versailles, servant son rôle de gentilhomme de France, on pouvait très certainement le trouver au Châtelet, remplissant les devoirs qui étaient les siens dans l'armée. Il avait été des plus honorés lorsqu'il avait appris sa promotion, surtout à son âge, alors que des fils de bien plus illustres familles que la sienne servaient dans l'armée. Ce n'était pas tant pour le titre mais surtout le fait de savoir que ses faits d'armes étaient parvenu jusqu'aux oreilles du Roi Soleil en personne  et que ce dernier en avait été suffisamment impressionné pour le reconnaître publiquement. La demande pour servir de colibri à Sa Majesté en personne avait été le clou du spectacle, même s'il ne pouvait évidemment en parler à personne.

Aujourd'hui, le jeune homme devait passer en revue la section dont il avait la charge, s'assurant que ses hommes avaient tout ce dont ils avaient besoin pour le cas où ils seraient appelé au front. Il devait aussi s'assurer de leur entraînement et qu'ils le suivaient à la lettre afin de ne pas perdre l'habitude des combats. Il étudiait avec soin les documents devant lui, assis à son bureau, encombré mais ordonné, quand un coup retentit à la porte du cabinet laissant rapidement la place à un soldat.

-Mon lieutenant ? Une jeune femme vous demande en salle commune.

Une jeune femme ? Voila qui était fort singulier. Néhémie n'était pas de ceux qui recevaient de la visite sur leur lieu de travail, encore moins celle d'un membre du beau sexe.  Une chose que l'on ne pouvait pas reprocher au jeune homme, c'était bien sa conduite envers les femmes.

-Une jeune femme ? Comment ça ?

-Et bien elle est arrivée toute affolée il y a quelques minutes de cela et vous à fait mander. Cela a l'air important mon lieutenant.

Cette explication ne l'éclairait pas vraiment sur la situation mais cela ne l'empêcha pas de hocher la tête avant de se lever pour suivre le soldat hors de la pièce.

-Je vous remercie. Vous pouvez disposez.

Un signe de tête et l'homme s'en alla de son côté tandis que Néhémie se dirigeait vers la salle commune où il s'arrêta net en voyant le capitaine de Guéret tenant compagnie à la dernière personne qu'il se serait attendu à voir en cet endroit. Anna, une faussaire qui lui avait déjà rendu service et à laquelle il avait offert sa protection. Elle lui servait aussi d'informatrice concernant les cercles les plus bas de la société, ceux auxquels il avait difficilement accès, que cela soit en tant que Eulalie ou en tant que lui même, en raison de sa propre classe. L'inquiétude le gagna immédiatement, si bien qu'il ne prêta même pas attention à Roland lorsque ce dernier s'effaça discrètement.

En quelques pas, il fut près de la jeune femme qui, bien qu'elle avait fait un effort pour se ressaisir, était visiblement bouleversée.

-Mademoiselle Anna ! Vous ne me dérangez pas rassurez vous. Mais dites moi, que vous est-il arrivé ? Cela ne vous ressemble pas de vous présentez ainsi.

Tout en parlant, il avisa la pièce autour de lui et prit une décision, tendant la main vers la jeune femme afin qu'elle s'en saisisse.

-Mais allons dans mon cabinet pour pouvoir discuter à notre aise.

Une fois dans la pièce qui était la sienne, Néhémie invita Anna à s'asseoir et lui offrit un verre de vin qui l'aiderait, il l'espérait, à se calmer. Il s'en servit également un, tentant de calmer ses nerfs.

-Dites moi tout ma chère, sachez que vous trouverez en moi une oreille attentive.

C'était le moins qu'il pouvait faire au regard de toutes les informations qu'elle lui avait déjà apporter et puis, il lui avait promis sa protection. Et Néhémie de Ravalet ne trahissait jamais ses promesses.
Anna Belle
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Situation matrimoniale : Célibataire et, d'après ce que l'on dit, ce n'est pas prêt de changer si elle ne fait pas rapidement quelques efforts en ce sens.

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Dim 3 Fév - 1:20

Elle murmure à l'oreille des pigeons

néhémie et anna
Habituellement, un faussaire ne se serait jamais introduit de lui-même au Châtelet, on l'y aurait traîné de force, entravé de chaînes et fermement encadré et il n'en serait sortit que pour faire le trajet qui l'aurait mené à La Bastille. Aussi la présence de la jeune femme dans ce lieu relevait presque de l'inconscience, mais elle avait ses raisons de ne rien craindre. Faussaire discrète et sans importance du fait de ces maigres ouvrages, elle était plus utile à tous ces gens pour entendre ce qui se tramait dans les bas fond qu'au fond d'une geôle puisqu'elle ne représentait pas une grande menace. Toutefois, elle ne serait pas venu ici sans en avoir une véritable bonne raison.

Ses compagnons de larcins auraient sans doute tourné chèvres s'ils avaient su qu'elle se jetterait ainsi dans les griffes de leurs ennemis, mais la seule fille de la petite bande des pigeonniers - qui de par son fort tempérament et son ingéniosité valait bien souvent trois garçons - n'avait nullement conscience de cette animosité et de toute manière, entêtée, elle n'en aurait sans doute fait qu'à sa tête malgré leur réaction.

Elle se retrouvait donc ici, dans l'antre de la police parisienne, à attendre que vienne à elle son protecteur et celui à qui elle servait de petite oreille dans les rues de Paris. Et quand il apparut enfin, elle ne pu que constater l'inquiétude qu'elle lui causer à se présenter ainsi sur son lieu de travail. Il fallait dire qu'elle faisait visiblement peur à voir par rapport à d'habitude où elle était toujours aussi soignée que possible. Se mordant la langue alors qu'il la rejoignait rapidement pour lui proposer son bras, elle le suivit donc sur les étages, réfléchissant enfin à ce qu'elle allait pouvoir dire pour rendre les choses le plus simple du monde.

Pénétrant dans le cabinet à sa suite, elle y jeta un regard circulaire pour en admirer l'ordre et la beauté avant de se tourner à nouveau vers lui pour enfin prendre la parole.

« Je vous assure que je vais bien Monsieur de Ravaler… Je n'ai pas l'habitude de me faire secouée de la sorte, voilà tout. Toutefois, je suis venue car vous devez savoir ce qu'il se prépare… »

À nouveau, alors qu'elle repensait à ce qu'on lui avait demandé, elle sentit son cœur s'affoler dans sa poitrine et elle s'assit donc pour se calmer, s'enfonçant dans un fauteuil confortable qui lui offrit un peu de réconfort.

Du fait qu'elle ait rapidement déduit que ce n'était pas la présence des femmes qu'appréciait le sous-lieutenant, elle se sentait en totale sécurité et confiance avec lui. Se moquant bien de ses choix de vie, elle lui faisait confiance, tant pour ce qui était d'agir de manière prompte pour éviter le drame que pour la protéger d'avoir révélé cette vérité. Elle prit une profonde inspiration, lui tendant une main afin d'y puiser un peu de réconfort en la serrant abruptement avant de murmurer d'une voix tremblante :

« Un homme m'avait donné rendez-vous ce soir, un noble, pour que je puisse lui procurer quelques documents… vous savez… »

Elle marqua une légère pause, guettant sa réaction, elle était bien en tort que de produire cela et elle savait donc qu'il condamnait sans doute ses activités. Mais elle reprit rapidement :

« Il souhaitait que j'écrive pour lui une lettre afin de faire croire au suicide de Monsieur Molière afin de cacher son assassinat prévu… Je… J'ai toujours beaucoup aimé les pièces de ce dramaturge… bien que cela fasse bien longtemps que je n'ai pu en lire une ou assister à une de ses représentations… »

Elle se mordit la langue, elle n'avait que le nom de la victime du fait de sa popularité sans doute, pas celui du noble, ni de ses acolytes… De quel aide pourrait-elle bien être alors ? Ces informations ne servaient à rien… Mais qu'aurait-elle pu faire d'autre que de révéler rapidement cela… ? L'affaire ne la regardait pas, elle ne voulait pas y être mêlée. Molière était un auteur qu'elle avait toujours affectionné du temps où il lui fallait distraire Aubépine de Cuigy.
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