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 Isabeau de Hurlauvent ◆ Go and catch a falling star

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Isabeau de Hurlauvent
Nouvel oiseau
Pseudo : Kawaii Potato
Célébrité : Nick Slater
Crédits : Typocampe
Messages : 11
Points : 10

Âge : 27 ans
Situation matrimoniale : Célibataire

Jeu 4 Oct - 14:09

Isabeau de Hurlauvent

« C’est un être sans cœur, vous savez. »
Prénom(s) : Isabeau Charles Hubert. ◆ Nom : De Hurlauvent. ◆ Surnom : Oh, il en a tellement qu’il ne les retient pas tous. ◆ Date de naissance : 18 juillet 1645. ◆ Âge : 27 ans. ◆ Orientation sexuelle : Pansexuel, mais intéressé principalement par la gente féminine au vu des mœurs. ◆ Situation matrimoniale : A marier, mais n’espérez pas de lui une fidélité irréprochable. ◆ Métier : Fils de comte. N’est-ce pas suffisant ? ◆ Religion : Catholique ayant perdu sa confiance en Dieu. ◆ Groupe : Saturne. ◆ Célébrité : Nick Slater. ◆ Crédits : Typocampe (keur).
Pardonnez-moi, je cherche à me rendre dans les jardins, le roi y organise ce soir une fête superbe mais avec tous ces déménagements, je suis totalement perdue quel que soit le lieu où je me trouve ! Pourriez-vous m'aider mon cher ?
Ses lèvres s’étirent en un irrésistible sourire.
Avec grand plaisir, madame de Maricourt. Il se trouve que je me rendais aux jardins également. Laissez-moi être votre guide.
C’est un mensonge. Il n’avait aucune intention de se rendre dans ces lieux. Mais le comte peut bien modifier son emploi du temps pour une dame. Oh, et peut-être se perdrait-il en chemin pour emprunter quelques détours tout en profitant de sa délicieuse compagnie. Quel étourdi il faisait là !

Merci ! Je ne saurais vous exprimer toute ma reconnaissance. Mais, vous qui m'êtes d'une aide si précieuse, saurez-vous me dire où je puis trouver quelqu'un capable de m'aider dans une affaire délicate ? Gabriel de La Reynie s'est montré si zélé qu'il nous a assurément privé de certains services que ces diables pouvaient nous rendre.
Il hausse un sourcil, intrigué.
Je pense pouvoir vous aider, ma chère. Je suis tout aussi mécontent de cette affaire. J’ai bien quelques connaissances pouvant sans doute vous rendre service. Mais dites-moi, de quel genre d’affaire délicate s’agit-il exactement ? Vous pouvez m’accorder toute votre confiance. Je serai ravi de me faire votre humble serviteur.
C’est encore un mensonge. Le comte de Hurlauvent est un immature et un irresponsable qui oublie ses promesses aussitôt qu’il les prononce.

D'ailleurs, en parlant de service, vous me semblez des plus agréables... Peut-être pourriez-vous m'en rendre un ?
Son sourire s’étire davantage. Il répète alors dans un murmure enjôleur :
Je me ferai votre humble serviteur, madame.

Le comte de Hurlauvent

1672

Ah… Parfois la vie pouvait être épuisante. Entrant telle une furie dans ses quartiers, Isabeau de Hurlauvent se précipitait devant son miroir pour inspecter son visage d’une mine inquiète. Ses traits fins se tordirent avec horreur lorsqu’il découvrit la marque rougeâtre qui commençait à s’étendre sur sa joue. Et dire qu’il prenait tellement soin de sa peau – tellement soin qu’elle était même probablement plus douce que celles de certaines dames – voilà que son joli visage était ruiné par une ecchymose infligée par une baronne furieuse. Comment oserait-il se montrer en public avec une telle abjection sur la figure à présent ?

Un soupir désespéré s’échappa des lèvres du comte. Il se sentait si honteux… Pourquoi les femmes ne pouvaient-elles pas se montrer plus compréhensives ? Il se souvenait encore très bien de l’expression enragée de la courtisane qui l’avait blessé. Terrifiante. Et il espérait bien ne plus jamais la revoir une nouvelle fois de sa vie. A vrai dire, il s’était attendu à ce qu’elle soit en colère. Après tout, c’était bien pour cette raison qu’il avait évité de la croiser jusque-là. Et pourtant, il n’avait pas pu lui échapper longtemps. Il avait dû lui parler, lui faire comprendre qu’il ne voulait plus qu’ils se côtoient.
Oh, qu’est-ce qu’il avait horreur de cela… Devoir expliquer pourquoi il ne fréquentait plus une femme du jour au lendemain après tous ses mots doux et ses élans passionnés. Lui-même ne comprenait pas exactement la raison de ce comportement. Souvent, il lui arrivait d’avoir l’impression de tomber éperdument sous le charme d’une personne dès le premier regard. Du moins, il s’en convainquait et s’attachait alors à un jeu de séduction superficiel. Mais une fois sa conquête accomplie, le comte se sentait toujours soudainement… répugné par sa dulcinée. Une réaction qui ne cessait de le surprendre et qui arrivait pourtant toujours, inéluctablement. Etait-ce dû à la lassitude d’une relation trop longue ? La fin de l’excitation après une victoire difficilement acquise ? Non. Sûrement pas. Le problème se trouvait autre part.

Une seule chose est certaine. Les histoires d’amour du comte de Hurlauvent sont futiles et vaines.

Des picotements persistants continuaient de lui lacérer la joue. Combien de temps cette douleur allait rester ? La baronne l’avait frappé fort. Elle avait mis dans son coup toute sa rage, mais aussi sa douleur. D’un certain côté, Isabeau se sentait désolé pour cette pauvre femme, mais pas assez pour s’en préoccuper longtemps. Soudain épuisé, le comte se laissa s’affaler nonchalamment sur le fauteuil de sa chambre. Son esprit vogua pendant quelques instants, pensif. S’il ne pouvait pas se montrer à la Cour avec un tel visage meurtri, il pourrait pourtant bien s’autoriser à descendre dans les rues de la ville. Lors de l’une de ses promenades, il avait repéré le minois d’une jeune fille des plus adorables. Avec un peu de chance, elle serait sensible à ses charmes… Il se demandait simplement sous quel nom il se présenterait à elle s’il la revoyait… Après tout, il n’avait pas pour habitude de révéler sa véritable identité aux gens du peuple. C’était un jeu qu’il affectionnait particulièrement, se faire passer pour homme qu’il n’était pas… Quant à la noblesse, eh bien… Sa réputation le précédait bien souvent.

Pendant un instant, le comte songea à son père qui le suppliait de trouver une épouse… Et dire qu’il n’était toujours pas fiancé à son âge… Les engagements que son paternel essayait de conclure auprès des autres familles finissaient presque toujours par être avortés à cause des circonstances ; la faute à de malheureux hasards la plupart du temps. De plus, la réputation de débauché d’Isabeau n’aidait pas à la tâche, et il fallait bien avouer qu’il était la cause de bien des adultères… Toutefois, n’était-ce pas une bonne chose qu’il ne soit pas fiancé ? Ainsi il ne pourrait en aucun cas entacher l’honneur de sa promise. Quant aux héritiers que son père et sa mère réclamaient avec ardeur, Isabeau songeait déjà à donner le flambeau de leurs domaines à l’un des futurs fils de ses sœurs, n’en déplaise à monsieur et madame de Hurlauvent. Néanmoins, il y avait sans doute une autre raison pour lui à ne pas être si enthousiaste à l’idée du mariage…

Le soleil descendait sous les toits. Isabeau se surprit à somnoler alors qu’il était toujours plongé dans ses réflexions. Sans doute ses mésaventures avaient drainé son énergie pour la journée. Furtivement, il se fit entourer par les bras de Morphée…


Gabrielle

1661

« Monsieur, vous êtes demeuré… »

Ce murmure caresse ses oreilles. Il a toujours aimé sa voix, si douce malgré les insultes qu’elle pouvait prononcer. Une petite servante telle qu’elle n’était pourtant pas censée être permise de lui dire de telles offenses. Si une autre personne l’entendait, elle serait sermonnée pour son insolence. Injurier le fils du comte, n’est-ce pas là une grave erreur ? Mais Isabeau de Hurlauvent se moque des règles imposées par leur différence de rang. Lui ne la voit pas comme n’importe quelle fille du peuple engagée dans la maison de son père. Non, pour lui, elle est Gabrielle. Simplement Gabrielle. Et ce seul nom évoque en lui tant d’émotions différentes.

Un ange, telle une étoile inatteignable dans le firmament… Il l’observe simplement, de loin, pendant qu’elle s’affaire à ses tâches. Il est attentif à chacun de ses gestes ; son soupir exaspéré qui s’échappe de ses lèvres gercées, ses sourcils froncés avec dépit, ses mains fines qui s’agitent en mettant de l’ordre dans les affaires de sa chambre… Pour une certaine raison, il est fasciné par elle. Pourtant, la jeune fille n’est pas particulièrement belle. Sa peau est trop hâlée par le soleil, ses pommettes sont constellées de taches de rousseurs, sa silhouette est bien trop maigrichonne, et son visage anguleux est tout ce qu’il y a de plus banal… Sans compter qu’elle est plus âgée que lui. Plus jolie que Gabrielle, il en existait sans aucun doute… Mais aux yeux du jeune comte, elle resplendissait bien plus que ces femmes raffinées et élégantes qu’il côtoyait lors des fêtes organisées par ces nobles. Malgré la fatigue qui marque quelque peu son visage, malgré la banalité de son apparence, elle possède un sourire et une voix qui ne cessaient de lui réchauffer le cœur.
En l’observant, il se rend soudain compte des profonds battements qui résonnent dans sa poitrine. Ah, c’est donc cela… L’amour. Le premier. Le seul.

Réalisant cela, Isabeau se fige. Lui ? Amoureux de Gabrielle ? Un fils de comte éperdu d’une simple domestique ? En réalité, l’idée ne lui parait pas si absurde… Après tout, celle dont il est question n’est pas n’importe quelle servante, mais Gabrielle. A cet âge, il est encore un peu fleur bleue. Il le sera toujours dans le futur, mais d’une autre manière peut-être. Tel un enfant en plein conte de fée, il imagine avec naïveté la manière dont il pourra l’épouser et faire d’elle la plus belle des princesses. Oh, mais c’est vrai, il n’est qu’un comte… Il ne peut pas lui offrir de couronne, à moins de défier le roi. Mais le jeune garçon n’est pas assez fou et courageux pour un tel projet. Il est certes rêveur, mais pas complètement sot.

« Votre père est encore en colère contre vous… Qu’allez-vous faire cette fois ? »

Sa voix le ramène à la réalité. Elle le sermonne calmement, toujours sur cette intonation qui lui donne des frissons. Le jeune comte hausse les épaules d’un air indifférent. Ce n’est pas la première fois que son géniteur est furieux contre lui, et il sait que sa punition ne sera pas des plus terribles. Il est trop aimé par son père pour cela. Certains pensent d’ailleurs que ce-dernier est bien trop laxiste. Mais après tout, n’est-il pas sensé de gâter son seul fils ? Son dernier fils.

« J’essaierai de me tenir calme jusqu’à ce qu’il oublie sa rage… »
« Vous, calme ! C’est bien une bonne plaisanterie que vous faites là, monsieur. Si vous êtes calme, c’est sûrement que vous préparez une filouterie ! »

Un rire léger s’échappe de la gorge du garçon. Il résonne dans la salle d’un éclat faussement innocent. Mais en réalité, Isabeau sent une pointe amère lui alourdir le cœur. Gabrielle le prend sans doute encore pour un enfant. Et c’est la vérité, en partie. Il ne grandira jamais et se complaira dans cette attitude immature et espiègle… Ou plutôt, il ne voudra pas grandir. L’avenir, les responsabilités, la solitude, la vieillesse, la mort sont toutes des choses qui le terrifient. Or, il n’a jamais été brave. Il ne se trouvera jamais le courage de se confronter à ses craintes.
Et pourtant, face à Gabrielle, il ne veut plus être un enfant. Pour une fois, il souhaite devenir adulte et lui prouver qu’il peut être un homme. Son rire s’éteint peu à peu… Son regard devient même étonnement sérieux pour ce garçon qui a l’habitude de garder son sourire énigmatique sur le visage.

« Je resterai calme pour toi, Gabrielle… »

La domestique ne remarque pas à quel point il est sincère dans ses paroles. A force de taire ses véritables pensées et d’être malhonnête, Isabeau de Hurlauvent est devenu le garçon qui criait au loup. Jamais Gabrielle ne réalisera qu’il l’aime.

« Soyez un peu sérieux, monsieur… Essayez plutôt de vous racheter auprès de votre pauvre père. Il a besoin de vous, plus que jamais… »

Il reste silencieux sur ces paroles. Oh oui, il ne le sait que trop bien… En tant qu’hériter de sa noble famille, son devoir est de soutenir son paternel et de l’aider pour la prospérité de leurs armoiries. Mais Isabeau a l’impression que ces responsabilités sont bien trop encombrantes pour lui. Si seulement il avait pu rester le benjamin de sa famille… Rien de tout cela ne lui pèserait sur les épaules aujourd’hui. Peut-être même qu’il serait libre. Libre de faire quoi ? Il ne le sait pas exactement. Le simple fait d’être un héritier est pour lui ennuyant. Le jeune comte laisse malgré lui échapper un soupir légèrement mélancolique.

« Tu devrais savoir que je ne sais pas me racheter… »

Gabrielle a un faible sourire qui se veut encourageant. Elle se penche vers lui avec bienveillance pour le regarder dans les yeux. Isabeau hésite à détourner le regard, embarrassé pour une raison qui lui échappe un peu. Il n’est pas du genre à être gêné pourtant… Au contraire, il aime être exubérant. Gabrielle est décidément si particulière pour le faire se sentir ainsi…

« C’est pourtant simple, monsieur… Il suffit que vous vous excusiez convenablement. Ensuite, essayez d’envisager de prendre vos fonctions d’héritier un peu plus au sérieux… »

A y réfléchir, Isabeau ne sait pas exactement si elle l’encourage vraiment ou si elle continue de le sermonner. Néanmoins, son sourire illumine un peu ses pensées. Pendant un instant, il se dit qu’il aimerait continuellement la voir sourire. A cette époque, ce garçon a des idées si innocentes et naïves…

Mais Gabrielle retourne à ses tâches, ses lèvres se relâchent et elle semble se perdre dans ses pensées. Elle fait de son mieux pour le cacher, surtout à ses proches et au jeune comte qui remarque parfois son regard fatigué, mais elle se sent par moment exténuée…


Charles, Antoine et Alphonse

1645

« Encore un frère ? Je pensais avoir une sœur ! Pourquoi l’avoir nommé Isabeau, mère ? On va le prendre pour une fille ! »

Charles de Hurlauvent observe avec curiosité ce nouveau nourrisson qui dort paisiblement aux côtés du lit de sa mère. Ce n’est pas la première fois qu’il en voit un. Le premier était Antoine, petit-frère né il y cinq ans de cela. Ensuite, ce fut le tour d’Alphonse alors apparu trois ans plus tard. Mais aucun de ces deux-là n’est présent dans la chambre. Alphonse étant encore en pleine sieste, il verra son petit-frère quand il se réveillera. Quant à Antoine, il avait été mis en quarantaine. La maladie qui le trouble est contagieuse, et l’on craint qu’elle n’affecte le nouveau-né. A vrai dire, sa mère ne l’a pas vu depuis plusieurs jours non plus…

« Charles, ne criez pas ainsi, vous allez réveiller votre frère… »

Madame de Hurlauvent esquive la question de son fils aîné. Elle-même espérait une fille après ses trois premiers fils. Pendant tout ce temps où elle avait été enceinte, elle avait parlé avec enthousiasme de sa chère Isabeau qu’elle bercerait bientôt dans ses bras. Et voilà qu’elle se trouve légèrement dépitée. Elle aurait tellement aimé un peu plus de présence féminine dans cette famille… Pendant un instant, elle s’est même imaginée éduquer son nouveau-né comme une fille, mais jamais son mari ne lui accorderait une telle lubie. De plus, la comtesse est bien consciente qu’il s’agit là d’un caprice égoïste.

On entend soudain des bruits de pas précipités dans le couloir puis la porte qui s’ouvre brusquement. Le comte de Hurlauvent s’approche de son épouse et du nourrisson, affichant une expression complexe à la fois excitée, inquiète et légèrement consternée. Et dire qu’il était rentré de la Cour pour être présent lors de la naissance de son nouvel enfant, voilà qu’il venait de la manquer de peu. Avec un signe de main impatient, il ordonne à son fils aîné de les laisser seuls. Le garçon se retire avec regret. Il aurait aimé étudier ce nouveau petit-frère un peu plus détails ; savoir s’il est différent des autres et si, parce qu’il a un prénom de fille, il ressemblerait à une femme en grandissant… Mais on lui a appris à ne jamais désobéir aux ordres de Père. Et à cette époque, Charles est le plus discipliné de tous les De Hurlauvent.

« On m’a prévenu que j’avais un fils. » annonce le comte avec un sourire presque taquin envers sa femme.
« Oui, hélas… » soupire la comtesse. « J’étais pourtant persuadée que ce serait une fille. Si les choses continuent ainsi, cela risquerait de causer des rivalités sur leur héritage… Imaginez ce que recevra notre sixième enfant s’ils naissent tous garçons ! Il aurait presque été préférable de n’en avoir qu’un. »

Il y a dû avoir quelqu’un, un ange ou un démon, qui a entendu ces mots. Plus tard, la mère se maudira pour avoir dit de telles paroles. Bien sûr, elle ne les pense pas ! Elle ne les penserait jamais. Il ne s’agit là qu’une expression de sa frustration du moment, rien de plus. Et pourtant, on la punira pour avoir dit une telle sottise. Elle ne connait pas encore la malédiction qui pèsera sur ses fils, à quel point elle pleurera à chacune de leurs pertes. Antoine aura à peine le temps de connaître son petit-frère. Isabeau ne se souviendra pas – ou alors très mal – d’Alphonse non plus qui n’atteindra pas l’âge de 8 ans. Les maladies infantiles les emporteront tous les deux, malgré les soins des médecins et les prières ardentes auprès du Seigneur. Mais le plus tragique est sans doute la mort de leur aîné. Il sera tué huit ans plus tard à la suite des blessures causées par l’un de ces duels pourtant censés être interdits depuis des années, et cela malgré les protestations de son père…
Et le plus ironique dans cette histoire, c’est qu’une fois qu’Isabeau sera le seul garçon en vie de la famille, madame de Hurlauvent sera bénie des filles qu’elle désirait tant.

Le comte s’assoit sur le lit de sa femme. De là, il observe son dernier fils qui est toujours plongé dans le sommeil. Il remarque alors les ressemblances physiques qu’il partage avec sa mère mais aussi avec lui, ce qui le fait doucement sourire. Il n’espère pas autant de cet enfant que de son fils aîné, mais il est tout de même satisfait de voir ce petit minois en bonne santé.

« Soyez plus optimiste, ma chère. Vous avez donné naissance à un magnifique enfant encore une fois. Je suis sûr qu’il sera aussi beau et intelligent que ses frères ! Nous lui trouverons une utilité, j’en suis certain… »


Lucifer

1663

« JE T’INTERDIS DE MOURIR ! »

Ce sont les mots qui résonnent dans la salle d’un écho terrifiant. Ils sont emplis d’une colère sourde, d’une rage qui ferait trembler quiconque les entendrait. Et pourtant, ils se brisent dans le désespoir. Il n’y a personne pour écouter cet ordre. Personne pour lui obéir. Il est trop tard.

Isabeau de Hurlauvent est seul dans sa chambre. Ses traits déformés par ses émotions n’ont plus rien de son expression habituellement rayonnante et exubérante. Il parle seul, tel un fou, la tête entre les mains, les affaires autour de lui sans dessus dessous. Il a besoin d’exprimer sa fureur. Tout le château doit l’entendre, entre les serviteurs, sa mère et ses sœurs… Mais peu importe si on pense qu’il est possédé par le Diable. Sans doute l’est-il en ce moment.
Il ne réalise pas encore que ça ne vaut plus la peine d’être en colère. Peu importe s’il hurle, peu importe s’il brise tous les objets de sa chambre, tout cela est vain. Mais il n’arrive pas à accepter cette vérité insupportable. Il a besoin d’un coupable. Il a besoin de tourner sa rage vers quelque chose, quelqu’un, n’importe quoi.

Dieu. Le plus grand coupable. Dieu envers qui il avait placé sa confiance. Dieu à qui il s’était dévoué corps et âme depuis quelques temps. Il ne s’était jamais fait aussi bon croyant de toute sa vie, n’avait jamais autant veillé le soir pour lui adresser ses prières. Il était même devenu plus modéré et sage, avait cessé ses caprices en espérant interpeler le Seigneur sur son changement d’attitude. Et pourtant, Dieu n’a eu cure de ses efforts. Est-ce une punition pour ses fautes commises par le passé ? On lui avait pourtant dit que Dieu pardonne les pécheurs qui se repentissent. Est-ce alors parce qu’il n’est pas assez sincère dans sa repentance ? Foutaises ! Il ne s’est jamais montré aussi honnête qu’à ces jours-ci. La seule réponse possible est donc évidente : Dieu l’a simplement ignoré. Et il n’y a rien de plus frustrant pour Isabeau de Hurlauvent que l’indifférence.

Dieu n’est pas un bienfaiteur. Dieu est indifférent. Dieu se fiche des mortels. Dieu était censé créer le meilleur des mondes. Mais Dieu a créé un enfer. Et Dieu y laisse souffrir ses créations.

Ce n’était pas la première fois qu’Il ignorait les prières de ses fidèles. Il venait en tête à Isabeau tant d’autres exemples qu’il n’avait jusque-là jamais remarqués. Il le savait, il n’était pas le seul déçu par le Seigneur. Quand ses frères sont morts un à un, on avait beau prié, aucun n’était revenu auprès des vivants. On s’était alors dit que le Tout Puissant devait avoir ses raisons, que ses frères étaient sans aucun doute à une meilleure place au paradis. Isabeau n’arrivait pas à y croire une seule seconde. Plus maintenant que la personne qui lui tenait le plus au cœur avait quitté ce monde.

Gabrielle… Gabrielle, Gabrielle, Gabrielle ! Elle n’avait rien fait pour mériter la mort. Pourquoi vouloir l’emmener si vite au purgatoire alors que d’autres méritaient cent fois plus d’aller en Enfer ? Pourquoi lui faire subir ce sort si tôt, alors qu’elle avait tant de chances d’accomplir des actes bons et généreux ? Si Dieu tolérait ce genre d’injustice, en quoi était-il bienveillant et sage ? La réponse devenait claire : la miséricorde du Tout Puissant était un mensonge.

Mais en réalité, ce n’était pas seulement pour Gabrielle, mais surtout pour le salut de sa propre âme que le jeune homme s’inquiétait. Et maintenant que sa plus grande crainte se réalisait, il se sentait sombrer en Enfer. Ces limbes étaient à ses yeux si inextricables qu’il pensait être condamné à y rester prisonnier pour l’éternité. Comment s’en sortir dans ces ténèbres ? Jamais il ne pourrait éprouver de tels sentiments éperdus pour n’importe qui d’autre. Jamais il ne pourrait se relever d’une telle perte. Jamais il ne pourrait espérer ressentir ces palpitements dans son cœur, ces joies naïves et simples, cet apaisement qu’il avait auprès d’elle… Tout cela était révolu. En plus de la colère s’ajoutait un effroi désespéré. A quoi ressemblerait une vie sans toutes ces choses désormais perdues à jamais ? Tout devenait si vain…

Personne ne sera aussi digne qu’elle… Personne ne pourra le sauver.
Si Isabeau était pris de tremblements incontrôlables, la rage n’en était pas le seul coupable.  

Soudain, on entendit frapper à la porte. Non sans hésitation, celle-ci s’ouvrit sur la silhouette de la comtesse de Hurlauvent. Derrière elle, ses filles essayaient d’entrapercevoir leur frère au milieu de la chambre en désordre, agitées par l’inquiétude.

« Isabeau… »

Il ne répondit rien à l’appel désespéré de sa mère. Il aurait pu se mettre à nouveau en colère, la chasser pour qu’on le laisse seul, ou même éclater en sanglot en hurlant tout son chagrin. Mais il n’en fit rien. Il ne faisait que trembler, les yeux perdus dans ces limbes insondables. Devenait-il fou ? Était-il à ce point inconsolable ? Il ne se sentait touché en rien par la présence de sa famille qui l’observait dans ce pitoyable spectacle.

« Isabeau ! »

C’était Victoire qui cria cette fois, la petite-sœur la plus âgée et la plus brave, sans aucun doute. Le volume de sa voix eut au moins pour effet de le faire relever la tête. Il croisa alors enfin les yeux de sa mère et de ses cadettes.
Comment décrire leurs regards ? Apeurés et désolés à la fois… Ils étaient emplis d’une compassion dont le jeune comte ne s’attendait pas. On y devinait même le reflet de quelques larmes. Prise d’un élan de courage, Madame de Hurlauvent demanda à ses filles de partir. Elle referma ensuite la porte derrière elles et s’avança vers son fils son fils, les bras ouverts.

« Mon enfant…! »

La voix brisée par l’émotion, elle l’enveloppa dans son étreinte en l’embrassant sur le front, essayant de calmer les tremblements du jeune homme. La comtesse s’était rarement montrée aussi proche de ses enfants. Mais elle était prise d’un élan maternel qu’elle n’avait pu contrôler. Voir la chair de sa chair souffrir était simplement trop insupportable. Mais aucun mot ne lui venait à l’esprit pour consoler ce pauvre garçon toujours stupéfié.
Ah… Que faire dans ce genre de situation où on ne savait que dire ? L’impuissance était un sentiment si désagréable… Si seulement elle avait remarqué plus tôt… Si seulement elle avait su que cette domestique était plus proche de lui qu’elle ne le pensait. Elle les aurait éloignés, aurait prévenu ce chagrin plutôt que de tenter de le guérir…

« Pardonnez-moi… s’il vous plaît… Revenez à vous, mon garçon… Pitié… Je ne veux plus perdre un autre de mes fils… »
Pseudo : Kawaii Potato. ◆ Âge : 19 ans. ◆ Trouvaille du forum : J’y étais cet été, et je n’avais jamais eu l’occasion de finir ma fiche, huehue. ◆ Avis sur le forum : Décidément, c’est galère de trouver de bons forum historique. Je suis bien contente d’être atterrie ici ! ◆ Le mot de la fin : I’M BACK BITCHES. ◆ Rang souhaité : Le coeur esseulé.
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