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Nous sommes en avril 1672.
La Cour est actuellement installée à Saint-Germain-en-Laye.

Event 1 : Les plaisirs de la fête.
Une fête somptueuse a lieu en ce moment à Versailles ! Il faudrait être fou pour manquer cela !

 Quand le passé devient présent...

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Emmanuel de Carcassonne
le sauvage
Pseudo : Maeva
Multi-compte(s) : Alix de Saint-Aignan
Célébrité : Chris Hemsworth
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Âge : 34 ans
Rang : Comte de Carcassonne
Métier : Sous-lieutenant des Mousquetaires
Situation matrimoniale : Veuf de la magnifique Sarah de Châtillon, décédée en couche.



Jeu 30 Aoû - 21:01

Quand le passé devient présent

Jeanne et Emmanuel

Débarquant de ma monture,  j'acceptais qu'un écuyer l'amène à l'écurie et d'un pas leste, je me dirigeais vers le Château-Vieux pour y rencontrer ma petite sœur Adénaïs. Je n'avais pas revu celle-ci depuis un an, c'est-à-dire depuis son mariage avec le jeune Comte Charles de Blois, son ami d'enfance.Mon père étant mort, celui-ci était venu me demander sa main et je n'avais pas hésité à bénir leur union, les sachant très amoureux l'un de l'autre.  L'important pour moi c'était qu'Adénaïs soit heureuse, comme je l'avais pu l'être avec Sarah et j'avais été très heureux d'apprendre que c'était le cas. Or, il y a une semaine, Adénaïs m'avait informé par écrit qu'elle était de séjour à la cour avec son mari et elle tenait beaucoup à me voir


Ne pouvant lui refuser cette requête, j'avais accepté d'aller la rejoindre à une petite réunion mondaine qui se tenait dans un appartement de l'une de ses amies dont j'avais oublié le nom. Bref, prenant congé de mon poste de Sous-lieutenant pour une journée, je m'étais vêtu d'une tenue noble, sans être somptueuse. Mon pourpoint était d'une couleur bleue maritime qui recouvrait une chemise blanche  au rabat en dentelle. J'avais envie de l'enlever, mais je ne tenais pas à paraître démodé auprès de tous ces nobles par trop coquets. Déjà que je ne tenais pas à  porter une perruque,  ainsi qu'une rhingrave. Cette jupe-culotte était certes portée par de nombreux courtisans, mais j'étais d'abord mousquetaire avant d'être Comte, alors mes haut-de-chausses noires, surmontées de mes bottes, me convenaient très bien. J'eus un beau sourire courtois envers un dame que je croisais sur mon chemin, son éventail se mit à ventiler plus rapidement, preuve que ma tenue me mettait en valeur, tout comme ma tignasse blonde détachée, tombant sur mes larges épaules.


Satisfait de cette réaction, je marchais avec assurance vers l'appartement désigné, tout en espérant qu'il n'y aurait pas trop de gens. J'avais toujours préféré les champs de batailles aux réunions mondaines de la cour, mais qu'est-ce que je ne ferais pas pour ma petite sœur? Surtout que secrètement, je ressentais toujours une pointe de culpabilité la concernant, car je n'ai pas été très présent pour elle depuis...et bien, depuis la mort de mon épouse. Chassant cette sombre pensée, je cognais à la porte et après un certain temps quelqu'un vint m'ouvrir. 


-Grand frère!!! S'exclama Adénaïs qui se précipita dans mes bras forts. Si j'étais grand et musclé, elle était petite et délicate. La seule chose que nous avions de ressemblant c'était notre chevelure blonde et nos yeux bleus, héritage de notre mère. Bien entendu, comme celle-ci, ma soeurette était une beauté, surtout en ce moment, où elle portait une robe de safran turquoise. D'un large sourire lumineux, elle souffla après m'avoir embrassé sur mes joues fraîchement rasées:


-Comme tu es beau! Cet habit te va à merveille!
-Ouais...je préfère celui du Mousquetaire.Répliquais-je feignant d'être morose, ce qui la fit rire de plus bel.
-Oh allons, Monsieur le Sous-lieutenant, pas de grogne aujourd'hui.
-Adénaïs? Votre frère est-il arrivé? Demanda l'hôte de cette réunion qui était une grand échalote aux cheveux roux encadrant un visage ovale aux traits pincés. À défaut d'être belle, elle savait au moins s'habiller, car elle était vêtue très richement. M'apercevant, la dame me dévisagea de la tête au pied avec un air bouche bée. Fière de l'effet que je produisis, Adénaïs me présenta :


-Marquise de Melun, je vous présente mon frère, le Comte Emmanuel de Carcassonne, Sous-lieutenant des Mousquetaires du Roi. 


Quel long titre inutile...pensais-je moqueur, tandis que mon visage s'éclaira d'un sourire polie et je m'avançais pour baisé la main que la noble me tendit. Je m'apprêtais à lui dire que j'étais enchanté de la rencontrer, quand, d'un air ébahit, la Marquise me demanda rougissante:


-Comte, est-ce vrai que vous êtes allés combattre les sauvages en Nouvelle-France?


À cette question, j'eus un air surpris, puis je tournais un regard soupçonneux vers ma jeune sœur qui baissa les yeux vers le plancher d'un sourire nerveux. Je comprenais maintenant mieux la raison de ma présence ici et à mon grand dam, cette même raison avait attiré de nombreux invités. Je pris conscience alors du silence régnant dans la pièce et des regards me fixant à la fois avec admiration et  curiosité. D'un soupire, j'eus un rictus discret, puis je répondis gravement:


-C'est vrai, Marquise. J'ai même vécu parmi eux. 
   

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Jeanne Rosières
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Ven 31 Aoû - 15:47

Quand le passé devient présent

Jeanne et Emmanuel

Jeanne lissa ses épais jupons d’un geste ample du bras avant de venir regarder par l’embrasure de la porte de la calèche le ciel illuminé de cette douce journée de juin. Portant une main à sa coiffure démodée elle tenta d’éviter le pire, glissant quelques mèches dans la masse qu’était devenu sa chevelure flavescente. De sorte que seules quelques boucles indisciplinées encadrent son visage soucieux.

Quelques jours auparavant, Augustine avait été convié  à une réunion mondaine donnée par l’une de ses nombreuses amies. La maîtresse de maison étant dans l’impossibilité de se déplacer en ces temps elle avait pris la décision d’envoyer Jeanne à sa place pour excuser son absence. Celle-ci n'avait pu se résoudre à refuser, bien que la prudence le lui dicte. L'envie de pouvoir profiter d'une telle opportunité avait été bien trop attrayante pour qu'elle décline l'invitation.

Pour l’occasion la demoiselle de compagnie s’était vu prêter une élégante robe par Madame Delacour. Jamais Jeanne n’avait été aussi bien apprêtée. Les garnitures des jupes de satin soyeuses n’étaient pas des plus luxueuse, il n’y avait point de dentelle ni de passementerie,  mais Anne adorait avoir les épaules dénudées laissant ainsi apercevoir ses prémices de poitrine. L’ensemble sans fioritures lui convenait parfaitement. Quelques minutes avant son départ la jeune femme avait observé son reflet le temps d’un instant, peu habituée elle n’avait pu s’empêcher de tourner sur elle-même, la soie virevoltant autour de ses hanches. C’était donc tout sourire dans sa « nouvelle » toilette qu’elle avait pris le chemin de Saint-Germain-En-Laye, lieu qu’elle commençait à bien connaître après plusieurs visites.

- Nous sommes arrivés, mademoiselle Jeanne ! Lança Willie le vieux cocher des Delacour. Jeanne l’avait toujours adoré, à plusieurs reprises il lui était venu en aide dans des affaires délicates.

Rajustant ses larges manches trois-quarts elle inspirait intensément tout en se relevant. Tandis qu’elle se cherchait un peu d’assurance son crâne vint heurter le toit du véhicule. La masse d’étoffe qui tombait depuis sa taille jusqu’au sol la fit tanguer quelques instants. Mais ce n’était pas ces petites maladresses qui allait la retenir. Tentant de retrouver son équilibre, elle entreprit quelques pas, pressés de s’extirper de ce cagibi écrasant. Dans un élan de pitié Willie lui offrit sa main noueuse, un sourire réconfortant sur les lèvres.

La chaleur n’était pas étouffante mais Augustine avait cru bon de lui prêter un éventail, sûrement pour faire plus soigné. Jeanne ne s’en était presque jamais servie,  aussi avait-elle tenté de s’entraîner durant le trajet. Sans succès l’instrument semblait être soudé, elle avait bien essayé toutes les postures en sa connaissance mais tous ces tests restaient infructueux et Jeanne se sentait bien ridicule. Ainsi en était-elle venue à la conclusion que l’art de l’éventail ne lui était pas destiné. Elle prit une sage décision en le gardant fermé dans le creux de sa main gauche. Le  « chasse-mouches » ne lui serait sûrement d’aucune utilité et ne ferait que l’encombrer. Pourtant elle tenait à suivre les instructions de  Mme Delacour en le gardant sur-elle.

La blonde angoissait à l’idée de fréquenter des gens d’un rang aussi haut. Durant cette entrevue qu’elle espérait de courte durée elle allait devoir converser entre divers nobles ce qui ferait naître sans nul doute un profond malaise. D’un autre côté elle craignait de paraître sotte ou que l'on ne  lui porte aucune attention du fait de son rang. Peu désireuse de paraître ridicule en public, elle se promit de rester en retrait autant que possible et de n’ouvrir la bouche qu’en cas de réelle nécessitée. Dans tous les cas elle n’avait pas l’intention de s’attarder à cette fête, elle serait d’ailleurs très bientôt de retour chez elle dans ses petits appartements. Ou du moins c’est ce qu’elle espérait.

Cognant à la porte, on vint rapidement lui ouvrit. Le visage de la supposée hôte troubla rapidement Jeanne, la dame avait une allure élancée et un visage sévère qui pétrifièrent rapidement la malheureuse demoiselle. Seul sa chevelure auburn semblait chaleureuse. La marquise la scruta quelques minutes avant  de faire circuler son regard sur l’entier té de l’anatomie d’Anne. Mal à l’aise face à cette femme richement vêtue. Elle entreprit de commencer la conversation avec l’espoir de la distraire.

- Je suis Jeanne Rosières. Je vous faire part de ma présence pour excuser ma maîtresse Madame Delacour qui n’a pu venir assister aux festivités d’aujourd’hui. Elle est désolée et espère avoir l’occasion de vous voir lors d’une future réunion, lorsqu’elle se sentira plus en forme.dit-elle dans une sourire presque exagéré.

- Augustine… Bien entrez Mademoiselle … Rosières, nous trouverons bien une place pour vous dans ce salon ...

Acquiesçant, la jeune femme releva légèrement sa longue robe et suivit la marquise d’Alun jusqu'au salon où de nombreuses personnes étaient déjà réunies. L’atmosphère oppressante rapprocha rapidement Jeanne du banquet jusqu’ici désert. Elle contempla, les toasts garnis à souhait et les carrés de fromages graisseux. Tachant de rester à une distance raisonnable elle n'osa pas toucher un des succulents mets de peur qu'on la traite de voleuse. Au cours des minutes qui suivirent plusieurs nobles séducteurs passèrent en face d’elle pour profiter du paysage. Décidément, ils ne manquaient pas de culot. Elle se décidait finalement à accoster une commode déserte pour s’y reposer, s’éloignant ainsi des regards. La marquise l’avait si hâtivement abandonnée qu’elle en vint à se demandait ce qui l’avait incité à pénétrer dans l’enceinte de l’appartement. Elle aurait mieux fait de repartir une fois les excuses faites. Tout aurait été plus simple pensa-t-elle en soupirant, délaissant ainsi son sourire radieux, fatiguée de toute cette agitation et de cette ambiance fallacieuse. Soudain une voix claire s'exclama:

-C'est vrai, Marquise. J'ai même vécu parmi eux. 

Au son de cette voix suave la demoiselle fit volte-face délaissant le banquet ainsi que la commode. Ses yeux s’écarquillèrent à la vue du personnage qu’elle n’avait point oublié depuis.

- Emmanuel…
souffla-t-elle entre ses lèvres.
 

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Emmanuel de Carcassonne
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Sam 1 Sep - 17:42

Quand le passé devient présent

Jeanne et Emmanuel

-Vécu parmi eux? Souffla la Marquise en écarquillant les yeux tout en portant sa main sur son cœur. Quelle vie que cela doit être,Comte...

Je m'apprêtais à lui répondre que c'était une vie des plus difficiles, bien trop dure à entendre pour ces oreilles mondaines, mais elle me devançant à la fois envieuse et très intriguée:


-J'ai toujours voulu savoir comment c'était là-bas et voilà que votre sœur  m'a raconté quelques une de vos aventures. Je ne pouvais en croire mes oreilles...
-Je me demande bien qu'est-ce que ma chère sœur  a pu vous raconter? Demandais-je à la fois narquois et un peu irrité par la pie qu'était Adénaïs. Sentant mon regard bleu chargé de reproches, ma petite sœur rougit et elle bafouilla un pas grand chose


-Effectivement, pas grand chose! Mais vu que vous êtes là,Comte, vous feriez mon bonheur si vous nous racontez ce que vous avez vécu là-bas. S'exclama la Marquise en venant glisser son  bras potelé sous le mien, tout en me présentant une chaise baroque installé pour moi. Visiblement, tout avait été orchestré pour me forcer la main et bien entendu, par politesse, je ne pouvais refuser  cette requête. C'est alors que je crus entendre mon prénom prononcé, un simple murmure, mais cela fut suffisant pour que je détourne mon attention de la Marquise pour poser mes yeux sur...


L'étonnement de l'apercevoir proche du banquet  était tel que je n'écoutais plus ce que disait mon hôtesse.  Jeanne? Par Dieu, elle était plus belle que dans mon souvenir! Et oui, j'en avais oublié des femmes dans ma vie, mais celle-ci m'avait marqué. Et voilà qu'elle était là,entourée de ces nobles pompeux, éblouissant la pièce par sa beauté simple et naturelle. Vêtue d'une belle robe en satin qui mettait en valeur ses belles épaules douces et la prémisse de ses seins parfaits, elle était belle comme le jour. Sa chevelure dorée tombait en boucles rebelles autour de son visage harmonieux, ce qui lui donnait un air à la fois romantique et angélique. Remarquant ma distraction, la Marquise jeta un coup d’œil légèrement courroucé à Jeanne puis elle demanda pincé: 


-Comte? M'écoutez-vous?
-Pardon, vous disiez? Demandais-je en ramenant à contre cœur mon attention vers la grande échalote qui était bien moins agréable à contempler que la belle à qui j'étais venu en aide. 
-Vos aventures...Nous attendons!


Oui, les invités attendaient. Tous s'étaient rassemblés autour de nous et ils étaient impatients de m'entendre. Or, si je m'étais sentis forcé par ma sœur et son amie, la présence de Jeanne me motiva à  raconter ce que j'avais vécu là-bas,ce que j'y avais découvert. En cet instant, je tenais à ce que cette jeune femme modeste,  bien plus magnifique que tous ces aristocrates réunis, sache que j'avais été un jour quelqu'un de plus démuni et modeste qu'elle ne le sera jamais. Croisant son regard de braise, j'eus pour elle un beau sourire qui signifiait: pour toi, je vais tout te raconter, puis je vins m’asseoir sur la chaise qui m'avait été réservé. Accotant mes avant-bras sur mes cuisses fortes, je baissais alors la tête afin de mettre de l'ordre dans mes pensées. Après un silence, je levais mes yeux vers l'assemblée pour raconter d'une voix grave et profonde:

-Il y a onze ans, j'ai débarqué sur les terres sauvages de la Nouvelle-France...je me souviens de l'immensité de cette forêt qui longeait le fleuve Saint-Laurent, comme il en existe peu en France. Les arbres étaient si gigantesques, si majestueux, que je n'arrivais pas à en voir le sommet. Oui, tout dans ces régions sauvages étaient grandioses. Devant autant de splendeur, l'on se sent démuni, humble, dénudé...Pour la première fois de ma vie, je me suis sentis entièrement libre. J'en fus conquis...

Sur cette parole, je croisais  le regard de Jeanne et je m'y attardais pendant un infime moment. Je me doutais bien qu'elle devait comprendre mon allusion puis je continuais toujours avec ce regard lointain:

-J'y suis resté quatre longues années, où j'ai affronté les grands froids qui durent environ six mois. Les tempêtes y sont fréquentes, la neige pouvait atteindre la hauteur de mes hanches et le froid était si humide, que je le  sentais dans mes os. Heureusement, j'appris à faire de la traite de la fourrure et à marchander avec les Amérindiens, autant Hurons qu'Algonquins. Ceux-ci sont nomades et ils vivent dans des huttes en peau d'animaux et ils se nourrissent de chasses, de cueillette et d'agriculture. J'y ait vécu un certain temps, apprenant de leur culture, savourant la simplicité de leur vie, ayant pour seule richesse celle de la nature. Certes, c'était une vie à la fois dure, impitoyable, mais elle était aussi merveilleuse...
-Un vie merveilleuse? Comment cela pouvait-il être parmi ces sauvages? Est-ce vrai qu'ils scalpent leurs victimes avant de les tuer? Demanda outré la Marquise, ce qui m'arracha un regard sombre et irrité. Voilà ce qu'elle voulait savoir...Elle allait être servit.


-Ces sauvages, comme vous les appelez, ne font pas tous cela. En fait, ce sont les Iroquois qui utilisent ces techniques pour terrifier leurs ennemis. Non seulement ils les scalpent, mais aussi ils mangent leurs cœurs,  l'arrachant quand leurs victimes sont encore en vie.Pour eux, c'est comme si leur adversaire leur partageait son pouvoir. Ah oui...ils font aussi de la torture, brûlant vif les Jésuites et les Coureurs des bois qui ont le malheur de se faire capturer. Reste que les Iroquois ont de l'honneur et ils respectent le courage de leurs captifs, surtout quand ils ne poussent aucun cris de douleur en subissant leur exécution.Malgré tout, j'admire la manière qu'ils se battent. Ils sont sauvages à souhait et je vous dirais que j'ai appris d'eux. Cela m'a  servi quand je me suis battu contre les Turcs... 
-Bonté divine!Souffla blême la marquise qui me dévisagea comme si j'étais le pire des sauvages. Je lui fis alors un beau sourire narquois, qui contrastait étrangement avec l'histoire que je venais de raconter. Ne voulant pas en entendre davantage, la noble me remercia troublée et elle invita ses invités, tout aussi troublés, à passer à la table. Soulagé de ne plus être le centre d'attention, je me levais et je rivais mon regard vers Jeanne. 


   

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Dim 2 Sep - 12:19

Quand le passé devient présent

Jeanne et Emmanuel

Sa chevelure de blé était savamment déployée sur ses larges épaules. Il avait opté pour une tenue soignée, son pourpoint bleu outremer ressortait vaillamment parmi ceux des autres nobles. Il renvoyait une image de pureté que Jeanne étudia longuement. Fascinée elle continua à le contempler, fixant ses lèvres rosâtres qui remuaient aux tons de ces paroles. De dos le mousquetaire paraissait encore plus impressionnant. Dans un instant, comme hors du temps, le comte posa ses yeux cobalt sur la jolie jeune femme. Ne s’y attardant que quelques secondes, le temps que l’acariâtre marquise le rappelle à l’ordre. D’un geste rapide Jeanne rattacha sa chevelure en la ramenant sur le sommet de sa tête. Elle n’avait point remarqué le regard qu’il lui avait lancé, trop occupée à remettre sa chevelure en ordre.

La demoiselle prit rapidement conscience du monde qui s’agitait autour de lui. L’homme n’avait pas l’air inconnu, il était même au centre de l’attention. Jamais il ne la remarquerait au milieu de cette basse-cour. Il serait bien trop occupé à discuter avec les autres invités. Elle n’avait aucune chance de pouvoir lui adresser, ne serait-ce qu’un mot. Résignai elle s’ajouta au rassemblement qui s’était formé autour d’Emmanuel. Se plaçant sur sa droite elle prit une pose reposante. Son corset qui jusqu’ici lui avait semblé ample est bien trop grand l’étouffait presque à présent. Sa respiration se fit irrégulière et elle crut qu’elle allait perdre connaissance. Un désir enfoui venait de s’éveiller pour la seconde fois.

Lorsque  ce  dernier lança un regard transperçant à travers la foule, Jeanne crut croiser son regard. Aussi se redressa-t-elle précipitamment, le cœur emplit d’espoir. Hélas les pensées du blond étaient déjà passées à autre chose, ainsi entama-t-il le récit de ses aventures qu’Anne écouta d’une oreille attentive.

-Il y a onze ans, j'ai débarqué sur les terres sauvages de la Nouvelle-France...je me souviens de l'immensité de cette forêt qui longeait le fleuve Saint-Laurent, comme il en existe peu en France. Les arbres étaient si gigantesques, si majestueux, que je n'arrivais pas à en voir le sommet. Oui, tout dans ces régions sauvages étaient grandioses. Devant autant de splendeur, l'on se sent démuni, humble, dénudé...Pour la première fois de ma vie, je me suis sentis entièrement libre. J'en fus conquis…

N’avait-il pas dit qu’il ne recherchait pas la gloire ? Alors qu’en ce moment même il contait tous ses exploits ? Se répétant les dernières phrases du récit elle crut comprendre quelques choses mais se ravisa rapidement. Sans doute le mousquetaire n’avait-il jamais vécu cela et était-ce sûrement une histoire romancée qu’il avait inventé de toutes pièces pour se donner bonne réputation. Elle en avait assez entendu. Pourtant elle resta immobile captivée. Sans trop comprendre qu’elle était la source de tout cet engouement elle continuait à boire les paroles du bel homme.

Cette fois Jeanne en fut assurée c’était bien elle qu’il avait regardé et il continuait, elle sentait son regard en coin. Se faufilant au milieu des tissus elle tenta de se rapprocher, confirmant ainsi ses « craintes ».

-J'y suis resté quatre longues années, où j'ai affronté les grands froids qui durent environ six mois. Les tempêtes y sont fréquentes, la neige pouvait atteindre la hauteur de mes hanches et le froid était si humide, que je le  sentais dans mes os. [...] J'y ait vécu un certain temps, apprenant de leur culture, savourant la simplicité de leur vie, ayant pour seule richesse celle de la nature. Certes, c'était une vie à la fois dure, impitoyable, mais elle était aussi merveilleuse…

-Un vie merveilleuse? Comment cela pouvait-il être parmi ces sauvages? Est-ce vrai qu'ils scalpent leurs victimes avant de les tuer? Coupa la Marquise, ce qui m'arracha à la contemplation du narrateur.


- Ces sauvages, comme vous les appelez, ne font pas tous cela. En fait, ce sont les Iroquois qui utilisent ces techniques pour terrifier leurs ennemis. Non seulement ils les scalpent, mais aussi ils mangent leurs cœurs,  l'arrachant quand leurs victimes sont encore en vie.Pour eux, c'est comme si leur adversaire leur partageait son pouvoir.[...]Malgré tout, j'admire la manière avec laquelle ils se battent. Ils sont sauvages à souhait et je vous dirais que j'ai appris d'eux. Cela m'a  servi quand je me suis battu contre les Turcs... lança-t-il fièrement un sourire moqueur sur les lèvres.

La foule affligée par les dires s’éparpilla promptement autour de la table. Tandis qu’elle s’apprêtait à quitter les lieux, elle sentit un regard pesant la fixer. Son cœur fit un bond lorsqu’elle comprit que quelqu’un s’approchait d’elle. Il n’était plus qu’à quelques pas lorsqu’elle releva son minois apeuré. C’était bien lui, il l’avait reconnu malgré cet accoutrement et cette coiffe. Quelle idée avait-elle eu de se rapprocher. Ils ne pouvaient se parler se serait bien trop mal vu et Jeanne voyait déjà l’ombre ténébreuse de la marquise au loin. Aussi se précipita-t-elle vers l’échappatoire le plus proche. Certes elle ne pouvait quitter la soirée sans un mot mais elle préférait échapper à Emmanuel. On ne remarquerait certainement pas son absence au dîner. De plus elle n’avait pas prévu de rester si longtemps. Mais l’attirance entre les deux êtres était déconcertante.

- Veuillez m’excuser, monsieur. Je ne me sens pas très bien. Je m’en vais prendre l’air et profiter de l’extérieur.

Sans attendre une réponse elle prit la porte.
 

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Lun 3 Sep - 21:56

Quand le passé devient présent

Jeanne et Emmanuel

- Veuillez m’excuser, monsieur. Je ne me sens pas très bien. Je m’en vais prendre l’air et profiter de l’extérieur.


Sur cette parole, elle partit sans même me laisser le temps de la retenir. La suivant des yeux, je fus perplexe. Était-ce mon histoire qui l'avait effrayé? Il est certain qu'elle fuyait quelque chose et ce quelque chose c'était moi. Or, cette fuite provoqua l'effet inverse en moi. Je ne pus m'empêcher de vouloir la suivre au lieu de la laisser tranquille. À l'instant où je m'apprêtais à la rattraper, une petite main se posa sur mon bras pour me retenir.  


-Tu n'aurais pas dû raconter de telles choses, Manu...c'était très dur à entendre.Souffla embarrassée Adénaïs, le regard chargé à son tour de reproches. 


Contrairement à moi, Adénaïs était un exemple de bonne conduite dans la haute société et elle déplorait que j'ai gardé ce côté sauvage de coureur des bois. Qu'était devenu son grand frère si fier et si élégant d'autrefois? Une lueur triste vint éclairée son regard d'azur. Conscient que j'avais mal agit, je vins lui caresser sa joue  douce en répondant d'un murmure:


- Je suis désolé si je t'ai embarrassé, mais je ne supporte pas d'être le centre d'attention et aussi, que l'on juge avec autant de mépris des gens que j'ai apprécié. 
-Tu as apprécié les Iroquois?
-Non,mais les Hurons et les Algonquins, si. Je voulais faire la part des choses. Tu comprends?
-Oui...répondit ma sœur en baissant les yeux. D'un petit soupir, elle souffla d'un air contrit: C'est moi qui suit désolé, j'aurais dû te prévenir, mais je savais que tu aurais refusé.


Soupirant à mon tour, je vins l'étreindre et après l'avoir embrassé sur le front, je répondis d'un sourire:

-Allons, n'en parlons plus. Je ne veux pas que l'on gâche nos retrouvailles avec cette histoire. Et si tu venais manger chez moi demain?
-Je ne suis pas certaine que je vais apprécier ta cuisine. Répliqua-t-elle sur un ton espiègle qui me ressemblait comme deux gouttes d'eau. Cette fois, j'eus un beau rire franc puis secouant légèrement ma tête, je la taquinais:


-Qui te dit que je vais te faire la cuisine? Disant cela, je lui rendis son sourire puis après une dernière accolade, je la laissais dire au revoir de ma part à notre hôtesse.


 Nous observant du coin de l’œil  la Marquise  semblait désapprouver notre affection fraternelle. C'était effectivement peu commun à la Cour, mais je ne m'en souciais guère. Ne voulant plus m'attarder en ce lieu, je me dirigeais promptement vers l'extérieur qui menait aux jardins. Heureusement, ma petite conversation avec ma sœurette ne m'avait pas fait perdre trop de temps et j’aperçus Jeanne s'éloignant à travers la verdure.  Accélérant le pas, je marchais vers elle et m'approchant, je pris  une proximité respectable question de ne pas la faire sursauter inutilement. Pendant un court silence, je croisais mes bras derrière mon dos large, marchant un peu derrière elle,tout en  admirant par le fait même sa fine silhouette. D'un sourire, je demandais enfin à son adresse:


- Alors, Mademoiselle Rosières, l'on me fuit toujours? Ce que j'ai vécu en Nouvelle-France vous aurait-il troublé à ce point? 



   

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Mar 4 Sep - 15:02

Quand le passé devient présent

Jeanne et Emmanuel

Enfin à l’air libre, soufflant un coup la jeune femme se porta jusqu’à un petit banc de pierre qui la rafraîchit rapidement. Elle avait évité le pire. Elle n’avait adressé la parole qu’à la marquise, chose tout à fait normale et polie. N’avait pas laissé ses sentiments s’emporter auprès de Manu et avait réussi à l’esquiver. Rien n’aurait pu mieux se dérouler pensa-t-elle en essayant de s’en convaincre. Tandis que ses mains tremblaient encore. Elle serra ses poings sur ses genoux pour diminuer le sentiment de perte de contrôle qu’elle ressentait à présent. Est-est-ce le froid ou la proximité passé d’Emmanuel qui provoquait cela ?  
Humant la brise vespérale, elle reprit peu à peu ses esprits. Se préparant ainsi à reprendre la route afin de trouver une auberge pour la nuit. Elle n’avait pas prévu qu’il fasse déjà noir, heureusement les lanternes étaient toujours allumées mais au fond cela ne changer pas grand-chose à hostilité des rues, qu’elles espéraient désertes.
Alors qu’elle s’apprêtait à se lever, elle prit conscience de la perte d’un objet. L’éventail de Mme Delacour! Sans hésiter Jeanne plongea tête la première pour fouiller sous ses jupes, elle avait sûrement dû le laisser glisser en s’asseyant. Elle ne pouvait se permettre de rentrer demain, les mains vides sans ce luxueux « chasse-mouches » Mme Delacour serait furieuse, elle qui lui avait fait confiance. Le sang lui montant à la tête tandis qu'elle fouillait désespérément les alentours de l’assise d’un regard inquiet.

- Alors, Mademoiselle Rosières, l'on me fuit toujours? Ce que j'ai vécu en Nouvelle-France vous aurait-il troublé à ce point? 
l'interrogea-t-il d'une voix pénétrante.

Sursautant, la jeune femme releva sa tête d’un mouvement vif, tel un suricate à l’affût. Les joues rosies par l’effort elle  rassembla quelques mèches avant de les fourrer dans sa soi-disant coiffure qui à présent ressemblait plus à un nid. Son cœur s’arrêta finalement pour repartir de plus belle et une sensation de bien-être vint emplir son ventre papillonneux.
Impossible, elle était pourtant certaine qu’il ne l’avait pas suivi. Encore de dos elle entama la conversation tout en dénouant sa chevelure de blé.

- Ressentiez-vous aussi un besoin pressant de prendre l’air pour venir ici me rejoindre alors que la soirée continue à l’intérieur. Vous devez certainement manquer à Madame la Marquise et aux autres invités, je crois qu’ils ont adoré votre histoire. Pour ma part, ce genre de soirée à tendance à m’épuiser rapidement. Je n’y suis point habituée. Lança-t-elle dans un ricanement amusé.

La jeune femme tenait à donner une image pleine d’assurance à ce beau comte. Même si elle savait que bien vite il se rendrait compte de sa vraie nature infantile et naïve. Mais jamais Jeanne n’avait pris de plaisir à séduire un homme de son rang. D’autant plus qu’il semblait tout aussi intéressé, mais dans quel sens ?

- Il se fait tard et je dois me trouver un endroit ou passer la nuit avant que toutes les auberges soient complètes. Je ne peux donc que vous souhaiter une bonne fin de soirée messire le comte de Carcassone, finit-elle d’une voix sensuelle, son visage retourné.

Le sourire aux lèvres elle fixa quelques instants le bel homme de ses yeux de bronze avant de se lever pour prendre l’allée fleurie qui menait au centre. Sa chevelure flottant au gré du vent, l’accompagnant telle la traîne d’une robe mariée.
 

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Jeu 6 Sep - 22:42

Quand le passé devient présent

Jeanne et Emmanuel


- Ressentiez-vous aussi un besoin pressant de prendre l’air pour venir ici me rejoindre alors que la soirée continue à l’intérieur. Vous devez certainement manquer à Madame la Marquise et aux autres invités, je crois qu’ils ont adoré votre histoire. Pour ma part, ce genre de soirée à tendance à m’épuiser rapidement. Je n’y suis point habituée. 
-Je crois plutôt qu'ils ont détesté mon histoire.Répondis-je d'un petit sourire espiègle, tout en admirant sa chevelure dorée qu'elle se prit à détacher d'une manière sensuelle. Inconsciemment, je me mordis légèrement la lèvre inférieure, une étincelle de désir éclaira mes yeux d'azur, mais il m'en fallait plus pour  perdre le file d'une conversation. Me souvenant de sa dernière phrase, je continuais un brin moqueur: 
 

-Nous avons alors une autre chose en commun, c'est de trouver ces réunions mondaines épuisantes et très ennuyeuses. Enfin,pour ma part, je m'endors presque à chaque fois... 

Sur cette plaisanterie, j'eus un rictus tandis que ma botte frôla un objet dur et long.  Fronçant légèrement les sourcils, je baissais les yeux vers un jolie éventail qui devait sûrement appartenir à Jeanne. Encore dos à moi, j'en profitais pour le ramasser et me relevant, je croisais mes bras derrière mon dos afin de cacher l'objet précieux aux yeux de sa propriétaire.  C'est alors que la voix sensuelle de Jeanne me fit lever les yeux vers elle. La belle affichait en ce moment une toute autre attitude que celle de notre première rencontre. Elle parlait à la fois avec assurance et séduction, chose qui ne me laissait pas indifférent, bien au contraire. J'eus à mon tour un sourire séducteur, signe que je prenais tout autant plaisir qu'elle à ce petit jeu aguicheur. D'ailleurs, la coquine avait laissé délibérément sa chevelure blonde détachée, ce qui la rendait encore plus désirable.

 - Il se fait tard et je dois me trouver un endroit ou passer la nuit avant que toutes les auberges soient complètes. Je ne peux donc que vous souhaiter une bonne fin de soirée messire le comte de Carcassonne.Souffla-t-elle toujours avec ce même ton sensuel qui la rendait irrésistible, mon sourire s'élargit et mon regard se fit dévorant. Elle était jeune, encore inconsciente de l'effet qu'elle  provoquait chez les hommes et surtout des conséquences qu'une telle attitude fait d'indifférente feinte et de charme pouvait engendré envers un séducteur de ma trempe. La voyant partir d'une démarche gracieuse, je baissais légèrement la tête en répliquant d'une voix suave:

-Les auberges à proximité risquent d'être effectivement pleine de gens et les chambres très mal aérées. Quelle dame pourrait supportée de telles conditions sans son...éventail?

Mettant l'emphase sur ce mot,j'attendis qu'elle se retourne pour lui montrer ma trouvaille. Soutenant son regard, le sourire aux lèvres, je m'approchais alors d'une démarche nonchalante pour lui remettre son bien, mais au dernier moment,je me ravisais en l'éloignant d'elle.

-Tutt...Je vous le donne à condition que vous acceptez  de dîner avec moi. D'ailleurs, l'avantage d'être Comte et Sous-lieutenant des Mousquetaires c'est que j'ai d'excellents contacts concernant des gîtes de qualité. Je suis convaincue que cela va vous plaire...

Disant cela, je me penchais vers l'avant, rapprochant mon visage masculin du sien. Mon sourire s’affaissa un peu, mes yeux bleus se firent tendres. 

- Qu'en pensez-vous, belle Jeanne? Soufflais-je en me rapprochant encore un peu plus d'elle, je pouvais à présent percevoir le grain fin de sa peau. 
   


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Sam 8 Sep - 12:13

Quand le passé devient présent

Jeanne et Emmanuel

Dans quelques secondes elle allait savoir si son jeu de charme avait fonctionné sur lui. Priant intérieurement elle s’échappait d’un pas lent et gracieux. Finalement la voix mielleuse du bel homme vint réchauffer le cœur de la belle demoiselle.

-Les auberges à proximité risquent d'être effectivement pleine de gens et les chambres très mal aérées. Quelle dame pourrait supporter de telles conditions sans son...éventail?

L’éventail ?!! Il l’avait retrouvé ? L’objet lui était complètement sorti de la tête. Retrouvant son air naïf elle fit volte-face et reconnut l’outil entre les mains de l’homme. Il s’approchait déjà d’une allure indolente avec l’ambition de lui rendre le précieux. Jeanne se retint de courir vers lui pour reprendre son bien, elle devait restait digne. Après tout c’était elle qui avait engendré cette scène ridicule de séduction en jouant un personnage qui ne lui correspondait pas du tout. Ce court instant de ralliement parut infini. Trépignant d’impatience Jeanne remua ses jambes faisant ainsi frémir l’ensemble de ses jupons. Elle eut bien du mal à ne pas bégayer durant ces prochaines paroles aussi brèves furent-elles.

- J...j...je…vous remerc...cci..e. J...j...e ppp...ppensais l’avoir perr...rr...duee… dit-elle son regard baignant dans les lagons azurés du comte.


Mais lorsque la jeune femme tendit la main, le mousquetaire retira vivement la sienne tout en s’éloignant. Un air farceur illuminait son visage blanc. Ce rictus joueur ne présageait rien de bon pour Jeanne. Qui resta bouche bée la main tendue, les yeux rivés sur le sol. Son coeur allait exploser. Ce simple geste avait suffi à susciter chez elle un effet grisant. Des étincelles pétillaient sur le bout de ses doigts. Alors qu’elle perdait à nouveau le contrôle laissant son corps danser intérieurement. Les yeux du sous-lieutenant n’avaient pas dérivé du visage de la belle il la dévorait du regard.

-Tutt...Je vous le donne à condition que vous acceptiez  de dîner avec moi. D'ailleurs, l'avantage d'être Comte et Sous-lieutenant des Mousquetaires c'est que j'ai d'excellents contacts concernant des gîtes de qualité. Je suis convaincue que cela va vous plaire...

La jeune femme frissonna au ton rauque de sa voix. Puis comme s’il avait lut dans ses pensées. Il s’avança d’un pas. Se pencha vers son cou et effleura son ouïe de sorte que quelques mèches de sa chevelure vinrent chatouiller la joue d’Anne. La jeune femme serra ses paupières et retint son souffle le temps de quelques paroles.

- Qu'en pensez-vous, belle Jeanne?

La proposition était certes très intéressante et elle ne trouverait sûrement pas mieux ce soir. Mais en tant que domestique elle ne sut quoi répondre. Elle ne pouvait s’inviter chez un comte sans raison.

- Je n’ai aucune raison valable de me rendre chez vous, mais… J’accepte ! Lança-t-elle en ouvra lentement ses yeux.

Déglutissant elle continua à énoncer les faits :

- Bien sûr je repartirais-une fois le dîner terminé. Ce serait mal vu que je reste et donc humiliant pour vous puisque je ne fais pas partie de vos attachés. L’accoutrement ne suffira pas à tromper le regard avisé des médisants. Mais c’est une généreuse offre que vous me faites là et ce serait d’autant plus mal vu que je la détourne.
Répond-elle lorsqu’il est enfin en face, son souffle balayant ses lèvres.

Ne sachant quoi dire de plus la demoiselle conclut à l’aide d’une phrase propre à elle-même, de la jeune femme mal assurée qu’elle était vraiment.

- Je mange de tout... comme une poule! Finit-elle par dire, un sourire ardent sur le visage.

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Mar 11 Sep - 15:11

Quand le passé devient présent

Jeanne et Emmanuel

Enfin, son air naïf et son bafouillage adorable était revenu. Je me retins de toute mes forces pour ne pas rire, tout en continuant mon petit jeu, plus propre au chantage qu'autre chose, afin de la convaincre de dîner avec moi dans l'auberge où je logeais dans la couronne de Saint-Germain. Étant Comte, j'aurais pu demander des appartements dans le château ou tout simplement logé dans les quartiers des mousquetaires du roi, mais je préférais loger tranquille, loin des ragots et des scandales. C'est donc en ce lieu que je voulais invité Jeanne et j'espérais aussi qu'elle accepte d'y dormir, mais chaque chose en son temps. Or, son acceptation m'arracha un sourire amusé, tout comme sa condition de repartir aussitôt après le dîner  et ce, enfin de préserver ma réputation de noble des langues médisantes. Haussant légèrement mes épaules, je répliquais à la fois sincère et indifférent au qu'à dira-t-on:

-Je n'accorde aucune importance au jugement d'autrui, mais si cela peut vous rassurez, votre présence va venir redoré le gîte où je loge. D'ailleurs,je me dois de vous complimentez sur votre tenue, elle vous va à ravir. 

Sur ce compliment, je fis un pas en arrière pour mieux la contempler, tandis que l'ourlet de mes lèvres s'étira d'un sourire admiratif. 

-Il y a rien de plus beau et de plus noble que la beauté dans toute sa simplicité. 

 Disons que Jeanne était tombée sur le noble le plus modeste qui soit, qui préférait les auberges aux châteaux et les tenus simples aux parures en dentelle. Pour ma part, j'espérais que cela ne la déçoive point, car je  connaissais de nombreuses jeunes femmes qui rêvaient de vivre comme des princesses et porter de riches tenues.  Quoi qu'il en soit, la belle domestique avait accepté et je ne pus m'empêcher de rire quand Jeanne prétendit qu'elle mangeait de tout, comme une poule. Reprenant mon souffle, je secouais un peu la tête, le sourire aux lèvres, l’œil amusé par sa candeur.

-Eh bien, je suis heureux de l'apprendre! D'ailleurs c'est une coquasse coïncidence, car il y a une poule rôtie qui nous attend avec impatience. 

Enfin, je l'espérais, mais à mon souvenir, l'aubergiste m'avait prévenu qu'elle allait cuisiné une volaille aux marrons pour dîner. Si ce n'était pas le cas, j'allais lui faire une petite demande spéciale, question de ne pas décevoir mon invité.  Galant, je lui présentais mon bras, tout en la conduisant à l'écurie où attendait Mars II. M'éloignant de la jeune femme, je fis signe à l'écuyer que j'allais moi-même équiper ma monture, et ceci-fait, je la sortis  dehors. Me tournant vers Jeanne, je questionnais d'un sourire séduisant:

-Cela vous dit un petit galop à cheval? 

Fidèle à moi-même, j'avais opté pour une auberge construite en pleine nature. Ce gîte chaleureux et confortable offrait aux nobles et aux bourgeois une expérience plus rustique que ne pouvait leur offrir la Cour du Roi. Or, l'auberge était à vingt minutes de cheval de Château-vieux, mais je gardais cette information pour moi, ma dernière carte pour convaincre la jeune femme de dormir à mes côtés pour la nuit. Sur cette pensée, un brin sournoise, je la pris par la taille en la soulevant comme une plume pour l'asseoir en arrière de la selle. Conscient que sa robe ne lui permettait pas de s'asseoir en califourchon, je vins m'asseoir en avant pour qu'elle se tienne à moi tout en optant pour un trot léger. Cela nous prendrait un peu  plus de temps à se rendre à destination, mais cela ne me dérangeait pas. Disons que c'était très agréable de la sentir contre moi, une proximité qui échauffa mon désir que j'avais pour elle...Au moins, je n'avais pas fait exprès pour la mettre en avant, j'aurais mis mes sens à rude épreuve. Je tenais  à rester contrôler le plus longtemps possible, question de l'apprivoisé sans la faire fuir. 

-Tout va bien? Demandais-je en jetant un coup d’œil derrière mon épaule afin de m'assurer qu'elle n'allait pas prendre une débarque. Heureusement, j'avais continué à tenir une allure  légère et nous étions bientôt arrivés. Château-Vieux était très loin derrière, nous galopâmes dans un sentir principal, orné de forêt. L'air était humide, cela sentait bon la nature, une odeur que j'appréciais, tout comme celle de Jeanne, qui sentait le lilas fleurissant en  mai.
   

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Dim 16 Sep - 10:42

Quand le passé devient présent

Jeanne et Emmanuel

-Eh bien, je suis heureux de l'apprendre! D'ailleurs c'est une coquasse coïncidence, car il y a une poule rôtie qui nous attend avec impatience. 

Jeanne accepta avec joie le bras du mousquetaire, il commençait à faire sombre et le chemin qui menait aux écuries ne semblait pas très sur. Le Comte relâcha finalement son étreinte laissant ainsi la jeune demoiselle seule avec ses pensées. Se demandant comment cette soirée improbable allait finir.  Elle n’avait aucune idée de la localisation de l’auberge, il pourrait bien l’emmener où il voudrait, elle le suivrait bêtement. Car elle était coincée avec lui pour le restant de la nuit. Ne sachantt plus où se mettre, ses mains gigotaient sans cesse sans savoir où aller et ses lèvres allaient finir en sang si elle continuait comme ça. Elle était résignée à le suivre jusqu’à ce qu’il lui rende le précieux éventail de Madame Delacour.

-Cela vous dit un petit galop à cheval? 

Coupant ses pensées interrogatrices Emmanuel s’avança vers la belle, son étalon derrière lui. Un galop ? Mais il n’y avait qu’une monture… Ce ne serait que trop inconfortable, sans compter sa tenue peu commode pour aller à cheval.

- Ne fait-il pas un peu trop sombre ? Votre bête risquerait de se blesser et ce n’est pas ce que je souhaite. Dit-elle timidement.

La brise légère ravit Jeanne qui n’avait pas prit de quoi se couvrir. Elle n’aurait jamais imaginé qu’elle finirait sur le dos d’un étalon fougueux. Pourtant ce n’était pas ça qui allait arrêter son hôte. Sans un mot il s’approcha d’elle et la prit par la taille pour l’aider à monter en selle. Prise de panique la demoiselle se retint de remuer les jambes et s’empressa d’empoigner les bordures de la selle pour se hisser le plus aisément possible à l’arrière de la monture. La posture amazone ne lui convenait que très peu, et en aucun cas elle n’avait envie de finir à terre. Ainsi renonça-t-elle au peu de distances qui la séparaient du comte et vint si atteler. Elle vint caresser les étoffes soyeuses qui recouvrait son chevalier bien bâti et se prit à sourire sottement dans la nuit. Finalement, elle n’aurait pu imaginer mieux comme fin de soirée. L’odeur des pins vint chatouiller ses narines et finalement le trajet ne lui sembla que bien trop court.


-Tout va bien? Demanda-t-il en approchant son visage du sien. Agrippée à lui presque collée à son dos, la demoiselle s’en portait plutôt bien.

- Oui très bien ! lança-t-elle dans les effluves aux fragrances sylvestres d’une douce clairière.

Alors que les pas de l’étalon se faisaient de plus en plus lourds et espacés. Jeanne se redressa. Quelques lanternes éclairaient les alentours et on commençait à distinguer un bâtiment. Perdue au milieu de feuillages, cette auberge champêtre plut de suite à la jeune femme qui s’étonna qu’on l’emmène en ces lieux peu convenables.
L’édifice de pierre et de bois n’était pas un bijou de l’architecture, mais il dégageait quelque chose de convivial et bien plus encore.

- Magnfique... C’est vraiment très joli… murmura-t-elle

Curieuse et excitée Jeanne s’empressa de descendre du cheval pour admirer de plus près là où elle allait passait la nuit, sûrement en compagnie d’un homme pour la première fois. Stoppant sa contemplation elle suivit du regard le comte qui se dirigeait aux petites écuries pour installer son cheval. Elle ne se lasserait sûrement jamais de lui. Le sourire aux lèvres, Jeanne n’attendit pas son retour pour pénétrer dans l’enceinte de l’auberge. La musique qu’on distinguait de l’extérieur l’avait déjà happé. Mais  elle n’avait pas pensé au fait que dans cette tenue elle allait attirer l’attention et que les quelques hommes un peu trop alcoolisés seraient de la partie.
 

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Jeu 20 Sep - 17:00

Quand le passé devient présent

Jeanne et Emmanuel
À sa question, elle acquiesça d'un air radieux. Jeanne semblait dans son élément dans cette vaste forêt aux fragrances de pins et de fleurs. Se tenant contre lui, ses petites mains délicates caressant furtivement le tissus soyeux de mon pourpoint,  elle ressemblait à une nymphe des bois. Lui souriant doucement,je reportais son attention vers le sentier en disant d'un ton taquin:

-Vous voyez, même dans la nuit, l'on peut galoper à cheval sans danger. Il suffit de connaitre le terrain et de faire qu'un avec sa monture. 

Ce n'était pas peu dire. À force de chevaucher avec Mars II dans toutes sortes d'environnements difficiles, j'avais appris à faire qu'un avec mon étrier, et ce, peu importe s'il faisait nuit et jour. D'autant plus que le sentier emprunté était très facile et je le connaissais par cœur, mais sentant que Jeanne n'était pas à l'aise en amazone, j'avais ralenti un peu le rythme jusqu'à l'auberge. Celle-ci apparut progressivement à travers l'ombre des arbres, c'était un bâtiment s'élevant sur trois étages dont les murs avaient été construit en pierre, ornés de poutre de chêne. Contrairement aux huttes et aux auberges où j'avais dormis en Nouvelle-France, celle-ci était grande, champêtre, chaleureuse et invitante. À vrai dire, j'avais eu un coup de cœur pour l'ambiance, qui me rappelait de beaux souvenirs et je n'avais pas hésité à louer une chambre. 

- Magnifique... C’est vraiment très joli… murmura-t-elle en arrière de moi, ce qui m'arracha un petit soupir soulagé et un sourire à son adresse.
-Content que cela vous plaise. Elle est encore plus jolie à l'intérieur. 

Disant cela, je dirigeais l'étalon vers la petite écurie et à peine arrêter, Jeanne débarqua rapidement de la selle. Surpris, je tournais mon regard vers elle et j'aperçus à la fois la curiosité et de l'excitation éclairer son visage contemplatif. La trouvant adorable, je ris un peu, tout en débarquant à mon tour de la selle. Or, pensant qu'elle allait m'attendre avant d'entrer dans le bâtiment, qui était habité pratiquement d'une clientèle masculine, j'allais promptement décharger mon étalon de son équipement d'équitation. Ceci fait, le sourire aux lèvres et le regard malicieux, je sortis à l'extérieur pour faire mon entrée avec cette magnifique demoiselle, mais voilà...elle n'était plus là. Mon sourire affaissa, mon regard d'azur se fit inquiet. Comprenant qu'elle était entrée sans moi, je me dépêchais  d'entrer à mon tour, sachant très bien qu'elle risquait de se faire lorgner par plus d'un homme. Mon intuition fut juste,car déjà dans le hall, la jeune femme venait de se faire aborder par un militaire empestant l'alcool et qui la collait un peu trop à mon goût. Desserrant les poings, je pris une profonde respiration afin de ne pas provoquer un bataille de taverne, puis sans plus attendre, je vins enlacer la taille de Jeanne.  La faisant reculer de quelques pas, je la gardais contre moi d'une façon protectrice, et un brin possessive, tout en fixant d'un regard pesant l'ivrogne.

-Désolé, l'ami, mais elle est avec moi. Dis-je d'une voix calme, mais ferme. L'inconnu me confronta du regard, mais voyant que j'avais posé ma main sur la garde de mon épée, il maugréa quelque chose d'incompréhensible et il nous laissa tranquille. D'un petit soupir, je me détendis et je tournais mon attention vers ma protégée en murmurant:

-Mieux vaut ne jamais entré dans un tel endroit sans être accompagné. Vous êtes bien trop belle pour prendre un tel risque, demoiselle.

Sur ce conseil, je pris sa main dans la mienne et je la conduisis au troisième étage où se trouvait ma chambre. Celle-ci était la plus grande de l'auberge et la plus confortable. Disons que j'aimais le confort modeste. Oui, modeste, car bien qu'elle que la pièce était vaste et joliment décorée, elle ne pouvait équivaloir aux grands appartements de Château Vieux, ni même à ceux de mon propre château, en Carcassonne. Espérant que cela lui plaise, je fis entrer mon invité d'un sourire courtois  et je la suivis en fermant la porte derrière moi. Intérieurement, j'étais reconnaissant envers  l'aubergiste qui envoyait une de ses serveuses nettoyer à chaque jour mon logis. Étant surchargé de responsabilités, je n'avais pas le temps de ranger mon linge, ni de faire mon lit. D'ailleurs, celui-ci prenait toute la place au centre de la pièce, c'était un grand lit à baldaquin recouvert de draps en lin et d'un couvre-lit rouge en velours. 

Sur le rebord, il y avait une fenêtre qui avait une jolie vue sur un étang, et accoter contre le mur, un secrétaire remplit de paperasse. Dans le fond se trouvait une grande armoire,où l'on avait plié soigneusement mes vêtements mondains et mes uniformes de mousquetaire. Enfin, une petite table, entourée de quatre chaises se trouvait sur le mur adjacent au lit et à côté une porte menant à une petite pièce ayant pour luxe une baignoire. Celle-ci n'avait rien à voir avec la baignoire en sofa du Roi, mais reste que c'était toujours agréable de s'y laver. 

-Est-ce que cela vous conviens? Demandais-je à Jeanne en plongeant mon regard dans le sien. Une fine lueur d'incertitude brilla dans les lagons azurés de mes yeux, même si au fond, je me doutais qu'elle devait apprécié mon logis. Après tout, c'était loin d'être une chambre de gueux, mais reste que ce n'était pas des appartements de noble.  
   

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