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 Néhémie de Ravalet ◆ Entre Dieu et moi

Néhémie de Ravalet
Néhémie de Ravalet
eulalie de mancenillier
Pseudo : Twilight Sparkle
Célébrité : Alexander Vlahos
Crédits : @Zuz + tumblr
Messages : 85

Âge : 25 ans
Rang : Héritier du Chevalier de Ravalet, seigneur de Tourlaville, Noblesse d'épée
Métier : Sous-lieutenant, et officieusement espion, de Sa Majesté le Roi
Situation matrimoniale : Célibataire

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Jeu 26 Juil - 18:11

Néhémie de Ravalet

For no creatures under God are as we are, none so like Him as ourselves
Prénom(s) : Néhémie, un prénom issu de l’Ancien Testament, celui qui reconstruisit les murs de Jérusalem comme lui-même se doit de continuer à la reconstruction de leur nom bafoué. Pierre, le nom de son père qu’il admire et qu’il porte avec fierté.  ◆ Nom : de Ravalet, un vieux nom de la noblesse française, qui a survécut à la malédiction, tel un phénix. ◆ Surnom : Il répond à la plupart des surnoms que lui donne sa famille. Ses camarades de collège l’on surnommé Guilleri, en référence à la comptine, à cause de son caractère extravagant et de son côté insouciant. Il avait, et a toujours, pour habitude de grimper sur les arbres parfois à ses risques et périls. Mais surtout Mademoiselle Eulalie de Mancenillier, son alter ego féminin, le rôle qu'il joue pour le Roi dans quelques Cours européenne, notamment celles de Scandinavie et celle de l'Empire russe. Tout un passé lui a été inventé, bourgeoise devenue noble et vivant à Paris.◆ Date de naissance : 21 juin 1653, le jour du solstice d’été. ◆ Âge : 24 mais bientôt 25 étés passés sur cette Terre, grâce à Dieu. ◆ Orientation sexuelle : Néhémie est homosexuel mais n’en fait certes pas étalage. ◆ Situation matrimoniale : Célibataire, il est à la recherche d’une épouse digne de son rang afin de perpétuer la lignée et de s’en assurer la pérennité. ◆ Métier : Sous-lieutenant de Sa Majesté, aillant fait ses preuves lors la guerre de Dévolution, en particulier à Dole et à Gray entre autres. Espion pour Sa Majesté, recommandé par Monsieur. ◆ Religion : Catholique aux yeux de tous, il en observe les dogmes mais dans le secret de son âme, il est déiste. Il considère qu’il n’y a pas besoin de religion entre Dieu et lui. ◆ Groupe : Mars, du fait de son rôle dans l'armée et de son occupation illicite ou Jupiter, la noblesse de sa famille remontant au règne de Louis le Juste, attribuée par ce dernier. ◆ Célébrité : Alexander Vlahos. ◆ Crédits : @Coatlicue + Tumblr.
Oh ! Bonjour mon joli ! Que puis-je pour toi aujourd'hui ? Un charme ravageur ? Quelques lotion pour satisfaire ta dame ? Ton avenir peut-être ? Ah moins que tu ne sois là aujourd'hui pour une raison plus sombre ? Bonjour ma chère. Je viens ce soir pour quelques uns de tes philtres, j'ai entendu dire qu'ils étaient remarquablement … efficace. Voyez-vous, une belle jeune femme est entrée dans ma vie, de celle que l'on ne rencontre qu'une seule fois. Malheureusement, il semblerait que cet attrait ne soit pas réciproque, ce qui est fort fâcheux car en plus d'être belle, elle est riche et fort bien née, la promise parfaite en somme. Peut-être pourriez vous être le miracle qui m'accorderait ses faveurs et devenir ainsi partisane de mon bonheur ? Si le résultat est à la hauteur de mes espérances, il est certains que je ferai de nouveau appel à vos services.

Ah ! Le contraire m'aurait surpris, mais as-tu conscience des risque que tu as encouru pour venir jusqu'à moi à une telle heure par les temps qui courent ? J'espère que tu as été prudent en chemin. Je sais me faire discret lorsque le besoin s'en fait sentir. Mais je me désole de devoir à le faire. Toutes ces persécutions … on se croirait revenu plusieurs siècle en arrière ! Qu'est ce que sera la prochaine étape ? Rétablir l'Inquisition Espagnole ? Tout cela à cause de quelques pommes pourries dans le panier. Ce climat de terreur est tout simplement insupportable.

Bien bien... Tu sais, on est jamais assez prudent en ce moment... Je préférais demander. Donc, revenons-en à l'affaire pour laquelle tu es venue me consulter. Es-tu seulement prêt à en payer le prix ? Ne vous en faites pas, je suis parfaitement conscient de ce que je fais. Préoccupez-vous simplement d'accéder à ma requête et laissez moi en assumer les éventuelles conséquences. Je n'en suis pas à mes premières indiscrétions, loin de là. Et si c'est l'argent qui vous inquiète, ne vous en faites pas. J'ai ce qu'il faut juste ici. Au travail donc !


(P.S : Dans cette scène, Néhémie est en pleine mission pour le roi, bien évidemment)


L’Enfance




La vie était douce à Ravalet, le château n’était pas bien grand mais cela importait peu aux enfants du maître qui y vivaient l’enfance la plus douce que l’on pouvait y vivre, loin des tumultes de la capitale et de l’air vicié de la Cour. A cet instant précis, l’héritier de la famille profitait d’une leçon de son précepteur à laquelle le garçonnet ne prêtait pas attention. Il savait que c’était son devoir que d’apprendre à gérer les affaires de la famille mais, vraiment, il n’en avait rien à faire aujourd’hui. Il venait d’apercevoir ses sœurs et son frère par la fenêtre, qui se rendrait surement au verger ou peut-être au potager, en compagnie de leur gouvernante. Les sourcils du garçonnet se froncèrent. Voila qui n’était tout simplement pas juste ! Sa fratrie profitait du doux soleil de Normandie et passerait surement des heures à s’amuser dehors pendant que lui-même était enfermé ici, dans ce bureau poussiéreux en compagnie de cette vieille carne sentant la vieillesse et l’ennui qui lui servait d’instructeur. Cela ne pouvait tout simplement pas continuer ainsi. Le bâton du maître sur son épaule le tira de ses pensées, bientôt de sa voix râlante.

-Monsieur Néhémie ? Que faites-vous ainsi à rêvasser ? Avez-vous seulement retenu la moindre chose ?

Néhémie ne lui répondit pas, se contentant de le regarder de ses yeux trop clairs dissimulés sous ses mèches brunes en bataille. Un instant de silence à se regarder en chiens de faïence puis Néhémie se décida à agir. Ni une ni deux, il se leva soudainement et se précipita hors de la pièce, suivit par les vociférations de Maître LePic. Il éclata d’un rire joyeux tout en continuant de courir, empruntant les quartiers des domestiques jusqu’à se retrouver dehors. Il courut de toutes ses jambes dans la direction que sa famille avait empruntée et se dissimila dans les bosquets lorsqu’il arriva à l’endroit où ils étaient assis, un drap posé sur l’herbe pour éviter les taches d’herbes. Marie était aux cotés de la gouvernante, travaillant sur une broderie quelconque tandis que Flavie et Léon étaient tous les deux plongés dans un livre comme à leur habitude. Non pas qu’il y avait un mal à cela, Néhémie aussi aimait lire, mais pas tout le temps. Ils étaient tous tellement sages et ennuyeux parfois ! Peut-être que Néhémie n’avait pas hérité de cette obéissance parce qu’il n’était pas né blond, de cette blondeur typique des de Ravalet ? Enfin, le temps n’était pas à de telles pensées. Il ne s’était pas échappé de sa leçon pour rester assis à ne rien faire ou encore pire, à lire. Mais heureusement, Néhémie était là pour guider le chemin. Il parvint à attirer l’attention de Marie et lui fit comprendre ce qu’il fallait faire avec quelques signes. Elle hocha la tête, un sourire de chipie sur les lèvres, avant de se charger de prévenir les benjamins que l’heure n’était plus au temps calme. Une fois tout le monde prêt, le garçonnet surgit comme un diable de derrière les arbres, effrayant la pauvre gouvernante si fort qu’elle faillit défaillir. Profitant de la diversion, chacun des quatre enfants s’élança dans une direction, échappant complètement à toute surveillance, comme ils leur arrivaient de le faire. Ils se rejoignirent bientôt, courant à travers champs, leurs rires clairs s’élevant dans les airs.


Le Collège




-Pff Ravalet !  Tu parles, tu parles, tu fais l’intéressant. Mais je suis sûr que t’es pas cap de monter à l’arbre. Pleutre ! Toi et toute ta famille maudite. Des couards et des pleutres !

Néhémie s’arrêta net. Cette fois s’en était trop ! Depuis qu’il avait été admis au collège, ce diable d’André de Rugès n’avait de cesse que de le provoquer, de l’insulter et de chercher à tout prix la confrontation avec lui, sans que l’héritier Ravalet ne puisse se l’expliquer. Il ne lui avait absolument rien fait mais l’autre garçon semblait l’avoir pris en grippe. C’était simple, il inventait toutes les offenses possibles et imaginables et Néhémie faisait de son mieux pour l’ignorer depuis qu’il l’avait fait pour la première fois. Parce que, de Rugès étant bien plus riche que lui et étant l’héritier d’une famille à la réputation immaculée, ayant la faveur du Roi, d’autant plus le soutien porté par les de Rugès au monarque durant les événements tragiques de la Fronde, aurait toujours l’avantage sur lui, si bien que c’était lui, Néhémie, qui avait porter le blâme lors de leur unique altercation. Il se souvenait encore des réprimandes et des punitions qui avaient suivi, et surtout, surtout, de la profonde déception de son père, Pierre, qui s’était déplacé en personne lorsque la nouvelle lui était parvenu. Depuis, le brun se tenait donc tranquille, supportant toutes les brimades de l’autre sans rien dire qui, fort de sa toute-puissance et de son apparente impunité, s’en donnait à cœur joie. Néhémie se contentait de rester avec les quelques amis qu’il s’était fait et de se montrer le meilleur dans absolument toutes les disciplines qu’on leur enseignait. Mais au-dedans de lui, la colère et la frustration brûlait, difficilement contenu chez un être ayant tendance à l’impulsivité. Et sa famille, sa mère, son père et surtout ses sœurs et son frère, ses meilleurs amis en ce monde, lui manquait terriblement.

Et voilà que de Rugès avait commis l’irréparable :  insulter sa famille !

Cette fois, Néhémie ne pouvait faire la sourde oreille. Il s’agissait à présent de son honneur et de celui de toute sa famille qui était en jeu. Tout le collège avait été présent lors de cette ultime humiliation. Néhémie se retourna vivement vers André et avança en trois pas jusqu’à sa hauteur, surprenant ce dernier qui fit un pas en arrière, alarmé soudain par leur proximité et par les prunelles vert d’eau qui le fixait d’un éclat presque fiévreux, brillant de la dureté de la pierre précieuse, entre kunzite vert, amblygonite et saphir vert.

-O c’est ce que vous pensez, Môssieur le Fanfaron ? Sachez que je monterai à cet arbre et je n’échouerai pas en appelant ma mère comme vous la semaine passée. Regardez bien et apprenez.

Et avant que quiconque ne puisse le raisonner, il courut jusqu’à l’écurie d’où il surgit comme un diable de sa boîte, au grand galop sur son cheval qu’il montait à cru, n’ayant même pas prit la peine de le préparer. Il se dirigea vers l’arbre en question, le plus vieil arbre du coin apparemment, suivit par ses camarades qui couraient derrière lui.

Dans un mouvement périlleux et très dangereux, il parvint à une des branches de l’arbre au-dessus de sa tête et, toujours au galop, s’en saisit et se servit du mouvement pour laisser l’animal filer tandis que lui-même effectuait un demi-tour autour de la branche, se retrouvant bien vite accroupi sur la branche sous les exclamations et les acclamations de ceux qui le regardaient faire. Il adressa un sourire moqueur et un signe de la main à de Rugès avant de se mettre à grimper avec aisance, au plus près de la cime qu’il le pouvait. Une fois-là, il se percha sur une autre branche, bien plus fine que la première, et contempla son royaume éphémère. Comment pouvait-il décrire autrement ce qu’il voyait ? Il salua de nouveau les gens au pied du chêne, bien plus petits vus de cette hauteur, et s’agita si fort qu’un craquement de mauvais augure se fit entendre. Quelques secondes seulement avant que la branche ne cède, le faisant choir dans le vide sous les cris affolés de la foule. Il dégringola pendant plusieurs instants, incapable de distinguer le haut du bas puis sa chute ralentit, amortie par les autres branches de l’arbre. Il parvint enfin à en saisir une, arrêtant sa descente vers une morte presque certaine.

Néhémie prit le temps de s’arrêter pour calmer son cœur affolé, avant d’entreprendre la désescalade de son perchoir, jusqu’à retrouver souplement la terre ferme sur ses deux pieds, en un mouvement plein de grâce. Arrivé là, il contempla ses camarades, bouche bée et yeux plein d’admiration -même ceux de de Rugès- et éclata de rire. Sans vraiment savoir pourquoi. L’excitation de tout ce qui venait de lui arriver lui était montée à la tête, amenant un fou rire et si bien qu’il ne se rendit pas compte que son poignet n’était plus exactement dans l’alignement de son bras. Un ami le lui fit remarquer.

-Par tous les saints Néhémie !  Ta main !

Ce dernier baissa des yeux interrogateurs sur son appendice, un petit « Oh ! » de surprise lui échappant.

-Comme c’est étrange !  Je ne ressens rien ! Pas la moindre douleur …

Le garçon rit encore et se mit à secouer son poignet, le regardant pendre mollement de-ci de-là, les regards pleins d’intrigue et de répulsion des autres garçons sur lui. Puis, un petit craquement retentit et la pâle complexion de Néhémie pâlit encore, passant du teint de lait à celui de la craie.

-OH ! Ohohohoh ! Là ça fait mal et AÏE !

Leur maître d’arme, qui était aussi l’homme en charge de leur dortoir, venait d’arriver, affolé après la dernière bêtise de l’un de ses petits hommes, et lui avait saisi l’oreille, la tirant sans ménagement. Il l’entraîna manu militari jusqu’au bâtiment, lui vociférant à quel point il était stupide et complètement inconscient. Voulait-il mourir de façon aussi stupide ? Et son père que dirait-il ? Qu’avait-il fait pour le Seigneur lui assigne des têtes de bois pareilles en guise de charge ? Et dire que c’était ça, l’avenir de la France ! Cette pauvre altesse aurait mieux fait d’apprendre l’art de mener des cochons, il aurait plus de succès ! Ah la la la la, mais qu’est-ce qu’il allait faire d’eux ?

La punition de Néhémie dura de longues semaines, accompagné par une suspension de la petite rente que lui accordait son père lorsqu’il était au collège mais les conséquences ne furent que des plus heureuses pour le jeune homme. Tout le monde parlait de sa bravoure et de sa grâce, de sa souplesse inhumaine. Il avait gagné l’admiration de chacun, même celle de de Rugès qui le traitait à présent avec affection, comme un égal. Son haut fait était entré dans la légende de l’établissement, raconté à tous les nouveaux arrivants qui les suivrait ici. Et il avait même gagné un surnom dans toute cette affaire. On l’appelait désormais Guilleri et bientôt même les domestiques et le maître d’arme prirent l’habitude de le nommer ainsi.

Il monta sur un arbre
Pour voir ses chiens couri, carabi
La branche vint à rompre
Et Guilleri tombit, carabi...
Titi carabi, toto carabo,
Compère guilleri.
Te lairas-tu, te lairas-tu,
Te lairas-tu mouri?


La Guerre




Les yeux fixés sur le général en face de lui, Néhémie sentait la tension dans les airs s’alourdir jusqu’à devenir si pesante que l’on aurait cru respirer de la poix. L’annonce de l’assaut était imminent, les dernières prières s’élevaient dans les airs, certains profitant sans le savoir de leur dernier instant de vie avant d’être rappeler auprès du Seigneur, pour la gloire de leur Roi. La monture du jeune homme renâcla nerveusement jusqu’à ce qu’il lui flatte l’encolure pour la calmer bien qu’il se sentait tout aussi nerveux, voire plus encore. Il était placé en première ligne de la cavalerie, juste derrière le commandant de l’armée qui les menait avec courage et détermination depuis le début du conflit qu’ils menaient. En contemplant celui qu’il connaissait depuis longtemps mais qui était devenu son ami depuis quelque temps, il ne put s’empêcher de se souvenir des étreintes passionnées et désespérées qu’ils avaient échangés, des étreintes aux gouts de larmes et de sang, amenées par la peur incessante qui ne les lâchait pas.

Le Général donna le signal et ils se lancèrent à l’assaut, une vague formidable de fureur et de rage. Néhémie s’élança avec eux, le même cri « Pour la France ! » à ses lèvres qu’à celles des autres.

Il avait intégré l’armée de Sa Majesté après le Collège, souhaitant se faire un nom par lui-même et apporté encore plus de gloire à sa maison. Il n’avait jamais seulement imaginé que c’était cela, la Guerre. Qu’elle n’avait d’art que les mots esquissés sous les tentes où se décidaient tactiques et stratégie. Sur le champ de bataille la réalité était toute autre.

Parce que les livres de guerre taisaient la vérité. On parlait de gloire, de bravoure, de héros. Mais personne ne lui avait parlé de la boule qui le tenaillait tout le temps, on ne parlait pas de l’exaltation et de la terreur alors qu’on galopait vers l’ennemi, on ne parlait pas de cette brusque sensation de vertige alors que sa monture, lancée à pleine vitesse, se dérobait sous soi, fauchée par un mousquet. On ne parlait pas du sang partout, tout le temps, de son odeur, de son goût qui envahissait les sens, ni des hommes avec qui l’on festoyait et riait la veille et qui mourrait le lendemain. Et on ne disait rien de cette envie latente de se rouler en boule, de pleurer, de retrouver la douce étreinte des bras maternels. On taisait aussi, à quel point la guerre effaçait les barrières, le statu quo, l’ordre des choses, tous étant frères dans la furie, que ce soit sous l’égide de Mars ou celle d’Athéna. Rien n’état dit, de cette violence qui s’éveillait en vous, de cette sauvagerie qui vous réduisait à l’état de bête, luttant pour survivre, s’enivrant peut-être de l’excitation dans l’air.  La guerre était peut-être glorieuse, mais on ne le voyait pas sur le champ de bataille. Tout ce qui comptait, c’était la survie et celle de ses frères d’armes.

Aussi, le jeune homme se laissa aller à la danse écarlate, à l’appel de la guerre, se contentant d'occir le plus d’ennemis, ainsi qu’il se l’était jurer à lui-même auparavant. Il rentrerait chez lui, il en était sûr.


Au Service de Sa Majesté le Roi




Néhémie suivait le premier valet du Roi et le chef de la sécurité, essayant de taire l’inquiétude qui lui tenaillait les entrailles. Si être accompagné du premier pour voir le Roi était normal, l’être par le second avait de quoi inquiéter le plus solide des hommes même lorsqu’il s’agissait d’un sous-lieutenant de Sa Majesté. Son trouble ne fit que s’intensifier alors qu’on lui conduisait dans le Cabinet de Louis XIV, où l’attendait ce dernier ainsi que son frère, Monsieur. On les laissa bientôt seuls tous les cinq, sans même un des gardes habituels. Que se passait-il donc ? N’oubliant pas sa place  ni ses manières, le brun s’inclina devant les illustres personnages devant lui.

-Votre Majesté. Votre Altesse. Vous m’avez fait mandé ?

Son regard interrogateur rencontra celui du Duc d’Orléans. Il connaissait très bien ce dernier, au sens biblique du terme même. S’ils étaient plus amis qu’autre chose, il lui était arrivé, et lui arrivait encore, de partager la couche de Monsieur. Mais c’était le Roi qui lui parlait, aussi son attention se fixa-t-elle sur lui.

-Monsieur de Ravalet. J’ai entendu parler de vos faits d’arme, j’espère que la place que vous avez obtenu en récompense vous convient.

Néhémie s’empressa d’acquiescer.

-Bien sûr Votre Majesté, je ne pouvais espérer plus grand honneur que celui de Vous servir.

Un mince sourire étira le beau visage du monarque.

-Je suis heureux de l’entendre car j’ai une autre tâche à vous confier, en plus de celle qui vous occupe déjà. Une autre façon de servir la France et votre roi.

-Bien sûr Votre Majesté.

-Voyez-vous, votre valeur et votre loyauté envers la France a été prouvé et Monsieur Mon Frère m’a confié certains de … vos inclinaisons …

Néhémie sentit la terreur le saisir, il savait ce qu’on faisait aux sodomites, aux gens comme lui, il lui sembla un instant sentir les flammes du bûcher lui lécher le visage tandis qu’il plongerait sa famille dans le déshonneur, pour l’éternité. Il se sentit sur le point de défaillir quand Monsieur s’empressa de prendre la parole.

-Non, non, mon Néhémie, ne faites pas cette tête. Tout va bien, ne vous en faites pas.

-En effet vous n’avez rien à craindre. Si les Ecritures condamnent ce genre de comportement, il m’appartient, en tant que représentant du Seigneur sur Terre, de l’excuser, lorsque cela sert un plus grand déceint. En l’occurrence, je veux que vous soyez mes yeux et mes oreilles, à la Cour comme à l’étranger, vous prendrez si nécessaire l’apparence d’une femme pour accomplir vos missions et vous séduirez, charmerez, manipulerez, quiconque au nom de la France et au nom de votre Roi. En échange de quoi, les récompenses pleuvront sur vous et sur votre famille. L’acceptez-vous ?

Un peu sonné, Néhémie mit quelques instants à répondre tandis que les idées défilaient à toute vitesse dans sa tête. Avait-il seulement le choix de refuser ? On ne refusait rien au Roi-Soleil et par ailleurs, il n’en avait pas envie. Il s’agissait là d’un rôle on ne peut plus dangereux mais qui ne pouvait qu’aider sa situation et celle de sa famille. Ainsi disposait-il de la faveur royale et tous les Ravalet en seraient bénéficiaires. Il trouverait même peut-être l’épouse qu’il lui fallait. Il n’y avait vraiment qu’une seule réponse possible. S’inclinant profondément, il prit la parole.

-Comment pourrais-je seulement refuser l’honneur de servir ma Patrie et mon Roi ? Bien sûr que je l’accepte, avec joie et humilité.

Le sourire du monarque se fit plus franc.

-Parfait ! Vous vous référerez directement à moi et si je ne suis pas disponible, mon valet et mon chef de la sécurité agiront en mon nom. Vous pouvez disposez à présent, vous serez bientôt appelé pour une première mission.

Inclinant la tête et sur quelques autres paroles de courtoisie, Néhémie se retira, s’arrêtant au détour d’un couloir désert pour reprendre son souffle et calmer son cœur battant. Il allait reprendre son chemin seulement pour tomber nez à nez avec Monsieur qui l’avait suivit.

-Mon pauvre Néhémie. Viens, allons nous promener dans les jardins. Nous avons à parler et cela te calmera j’en suis sûr.

Néhémie suivit avec joie, les deux hommes bientôt plongé dans une conversation plus légère.


La Mise en garde




Le temps était venu pour Flavie de se présenter à la Cour. Néhémie le savait et il avait redouté cet instant. Non pas parce qu’il avait honte d’elle ou autre sottise, simplement, il connaissait sa sœur et il avait peur que la vie auprès du Roi ne soit pas exactement celle qu’elle s’était imaginé en lisant ses livres. Flavie était douce, intelligente mais surtout, elle était extrêmement naïve. Elle ne savait pas distinguer la duperie, ne voyant que la bonté en chacun. C’était un trait charmant, que Néhémie lui admirait et qu’il ne souhaitait pas lui voir perdre. Il le faudrait pourtant. Sa chère sœur s’apprêtait à pénétrer dans un nid de vipères et elle devait y être préparé. Avec l’autorisation du Roi, il avait quitté la Cour et rejoint Tourlaville afin d’annoncer la nouvelle à Flavie et de l’accompagner lui-même jusqu’à Saint Germain. Il ne faisait confiance à personne d’autre pour assurer la sécurité de sa sœur.

Trois jours avaient passés depuis son arrivée et l’heure était venue de s’entretenir avec Flavie. Cette dernière était en compagnie de sa mère, de Marie, qui l’accompagnerait aussi, et de plusieurs servantes, s’affolant comme une nouée de colibris afin de finir les préparatifs du départ et la présentation de la jeune femme à la Cour. Néhémie, aillant délaisser son justaucorps, son gilet et sa veste était simplement en vêtu de sa chemise, de ses hauts-de-chausses et de ses bottes de cavalier, une tenue des plus simples qu’il n’avait que peu l’opportunité de vêtir à la Cour. Il se présenta dans le boudoir de sa mère où tout ce beau monde se trouvait et frappa poliment à la porte avant de pénétrer dans la pièce. Constance papillonna jusqu’à lui et s’agita sur sa personne, comme elle le faisait depuis son retour. Néhémie se laissa faire avec plaisir et indulgence avant reprendre son affaire.

-Pardonnez-moi ma mère, mais puis-je vous enlever Flavie quelques instants ? J’aimerai m’entretenir avec elle.

Constance les y autorisa et bientôt, le frère et la sœur se promenaient bras dessus, bras dessous dans les jardins qu’ils avaient tant parcourus, étant enfant. Quelques échanges anodins puis Néhémie prit un air plus sérieux.

-Je sais que tu es excité de pouvoir enfin aller à la Cour, c’est bien sûr un honneur pour notre famille, qui ne peut qu’aider à sécuriser notre position. Et je tiens à dire que la vie là-bas tient parfois du conte de fée. Je ne saurais te décrire les merveilles qui s’y trouvent, les gens tous plus intéressants les uns que les autres et bien sûr, la famille royale. Tu te rendras compte par toi-même que ce que l’on dit de Sa Majesté est on ne peut plus vraie. Il rayonne tel le Soleil et nous éclaire et nous réchauffe de Sa Magnificence.

Ils s’arrêtèrent aillant atteint l’arbre sous lequel ils avaient l’habitude de s’abriter. Néhémie s’assit à son ombre et Flavie le suivit sans tarder, comme ils le faisaient avant, quand il lui lisait des histoires ou en inventait de nouvelles pour le seul bénéfice de sa petite sœur et de son petit frère.

-Mais là où brille la Lumière, l’Ombre subsiste aussi. Et si la Cour brille de mille feux, joyaux et cœur de la France, la vicissitude règne dans ses recoins.

Et il était plus que bien placé pour le savoir, non seulement en tant que Sous-lieutenant mais aussi, et surtout, en sa qualité d’espion, il y était confronté tous les jours. Et il ne voulait pas, il refusait, de voir sa sœur, ses sœurs d’ailleurs et son frère, corrompu par la duperie, la supercherie et le mensonge. Les complots se tramaient tous les jours, défaits et reconstruits toutes les minutes, entachant certains des noms les plus illustres de la France. Il ne voulait pas la voir perdre son innocence, sa fraîcheur comme lui avait bien été obligé de le faire. Sa chère sœur, rêveuse et si pieuse.  Sa beauté ferait d’elle l’objet de toutes les convoitises mais il la savait consciente de son rang, de sa place dans la société. Elle devait cependant prendre garde.

-Lorsque tu seras là-bas, amuse toi, fais toi des amies, profites en. Mais n’accorde ta confiance qu’à quelques privilégiés. Nous sommes d’apparence tous amis à la Cour, mais certains de ses amis n’hésiteraient pas à loger un poignard dans le dos de quiconque se dresse sur leur chemin. J’ai la chance d’avoir la faveur du Roi, cela te protégera un peu mais reste prudente. C’est tout ce que je voulais te dire. J’espère que je ne t’ai pas alarmé, mais s’il te plait ma sœur, ma Petite Pomme, garde ce que je t’ai dit aujourd’hui à l’esprit. Sache que je mettrai également notre frère en garde lorsque le moment sera venu pour lui de nous rejoindre.

Il ne lui en dit pas plus. Néhémie savait déjà qu’elle découvrirait tout ceci bien assez tôt. Et surtout, il ne lui dit pas qu’une fois à la Cour, elle ferait la connaissance d’une toute autre facette de son frère, que la rumeur se chargerait de la mettre au courant de certains de ses secrets, mais qu’elle ne les découvrirait jamais tous. Laissant là ces tracas, le front du jeune homme s’éclaircit et il récupéra bien vite l’air joyeux et taquin qui était le sien. Il se mit debout et l’aida à se relever.

-Aller, je te parie que j’arrive plus vite que toi à la cuisine et que je mangerai la bonne tarte de Lucille avant que tu n’es le temps de me rattraper.

Ni une, ni deux, il s’élança sur le chemin de retour, riant alors qu’il entendait Flavie le suivre tout en protestant ses manières de tricheur.

Pseudo : Twilight Sparkle. ◆ Âge : Un quart de siècle. ◆ Trouvaille du forum : Google is my friend ! ◆ Avis sur le forum : J’adore l’atmosphère, ça fait longtemps que je cherchais un fo historique de ce genre. ◆ Le mot de la fin : Répondre ici. ◆ Rang souhaité : Guilleri
Spoiler:
 
Marion Lalézarde
Marion Lalézarde
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Âge : 29 ans.
Métier : Apothicaire bien qu'on la dise aussi empoisonneuse et faiseuse d'anges.
Situation matrimoniale : Célibataire.

Néhémie de Ravalet ◆ Entre Dieu et moi H6z3

Néhémie de Ravalet ◆ Entre Dieu et moi Empty
Jeu 26 Juil - 18:53
Officiellement bienvenue !

Bonne chance pour la rédaction de ta fichette ! Wink

Si tu as la moindre question n'hésites pas !
Anonymous
Invité
Invité
Néhémie de Ravalet ◆ Entre Dieu et moi Empty
Jeu 26 Juil - 19:28
Bienvenue ! Je suis super contente que tu aies rejoins la famille :olala:
On va évidemment parler lien toi et moi, mais je te laisse tout de même nous mijoter cette petite fiche Néhémie de Ravalet ◆ Entre Dieu et moi 2383492863
J'imagine le drama autour de son homosexualité :shock: :shock: A l'époque c'était aussi terrible que l'inceste Néhémie de Ravalet ◆ Entre Dieu et moi 3227904203 Enfin bref, ça va être bien :cil:
Anonymous
Invité
Invité
Néhémie de Ravalet ◆ Entre Dieu et moi Empty
Jeu 26 Juil - 19:47
Sois le bienvenu à St Germain :pompom:  ! Je te souhaite d'y vivre d'exquises aventures ! :olala: cheers
Anonymous
Invité
Invité
Néhémie de Ravalet ◆ Entre Dieu et moi Empty
Jeu 26 Juil - 21:47
welcome à toi I love you

Anonymous
Invité
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Néhémie de Ravalet ◆ Entre Dieu et moi Empty
Jeu 26 Juil - 22:47
La bienvenue !
Anonymous
Invité
Invité
Néhémie de Ravalet ◆ Entre Dieu et moi Empty
Ven 27 Juil - 12:01
Sois le bienvenu parmi nous ! Bonne rédaction ! :rp:
Anonymous
Invité
Invité
Néhémie de Ravalet ◆ Entre Dieu et moi Empty
Ven 27 Juil - 14:10
Mooooh ! Tu as utilisé mes vieux avatars d'Alex :iheartu:

Je vais t'en refaire des tous beaux pour la peine ! :olala:

Juste, mon crédit d'alors c'est Coatlicue Wink (plus facile à prononcer n'est-ce pas ? xDD)

EDIT : Voilà qui est fait ! ICI ! J'espère qu'ils seront à ton goût ^^'
Anonymous
Invité
Invité
Néhémie de Ravalet ◆ Entre Dieu et moi Empty
Dim 29 Juil - 18:05
Quel choix d'avatar !! :olala:

Bienvenue parmi nous !!!
Néhémie de Ravalet
Néhémie de Ravalet
eulalie de mancenillier
Pseudo : Twilight Sparkle
Célébrité : Alexander Vlahos
Crédits : @Zuz + tumblr
Messages : 85

Âge : 25 ans
Rang : Héritier du Chevalier de Ravalet, seigneur de Tourlaville, Noblesse d'épée
Métier : Sous-lieutenant, et officieusement espion, de Sa Majesté le Roi
Situation matrimoniale : Célibataire

Néhémie de Ravalet ◆ Entre Dieu et moi Tumblr_ot39epKrXE1r6ls13o1_250

Néhémie de Ravalet ◆ Entre Dieu et moi Empty
Lun 30 Juil - 19:32
Merci à tous pour votre accueil ça fait vraiment plaisir ! :iheartu: :uni:

J'ai hâte de pouvoir rp avec vous tous ! :eyes:

_________________
We have you wrapped around our trigger finger
We have a flair for the shade and the inbetween We like to run with the wolves from the darker scene All our friends tell their friends we're so dramatic. ▬ We're the boys and the girls and the freaks in the middle
Olympe de La Trémoïlle
Olympe de La Trémoïlle
belladone
Pseudo : Irina/Wild Concerto
Multi-compte(s) : Émile Maupin, Julie de Sainte-Maure
Célébrité : Sarah Bolger
Crédits : Sweetie Plum.
Messages : 196

Âge : 25 ans.
Rang : Marquise de Listenois.
Métier : Dame d'atours de Mademoiselle, herboriste à ses temps perdus.
Situation matrimoniale : Mariée à Alexis de Bauffremont.

Néhémie de Ravalet ◆ Entre Dieu et moi Tumblr_nheydnAYtw1qc17ifo4_250

Néhémie de Ravalet ◆ Entre Dieu et moi Empty
Lun 30 Juil - 20:29

Félicitations !

bienvenue à la cour de France
Ta fiche a été un vrai plaisir à lire! Néhémie m'a l'air d'un perso très sympa et franchement, j'ai hâte de le voir évoluer à la Cour! Qui sait, je passerai peut-être même par ta fiche de liens bientôt, car j'ai déjà quelques idées... Je sens que les Ravalet vont être une famille de choc! cheers

Bravo, tu es le bienvenu à Paris ! Tu peux maintenant aller recenser ton métier si tu en as un. Une fois cela fait, tu vas pouvoir créer ta fiche de liens et ta fiche de rp. D’ailleurs, tu peux dès maintenant commencer à rp ! Tu peux rechercher un partenaire par ici. Amuse-toi bien parmi nous ! Néhémie de Ravalet ◆ Entre Dieu et moi 2510646787
Deus Ex Machina
Deus Ex Machina
Compte fondateur
Pseudo : D'Ombre et Lumière
Crédits : Typocampe
Messages : 174

Néhémie de Ravalet ◆ Entre Dieu et moi 5epn

Néhémie de Ravalet ◆ Entre Dieu et moi Empty
Jeu 10 Jan - 16:29
En raison de la MàJ, nous te demandons quelques modifications dans ta fiche de présentation :

◆ De nouvelles questions en lien avec le nouveau contexte
◆ Mettre à jour les dates ou l'histoire, 6 ans ce sont écoulés, nous sommes désormais en 1678

Préviens à la suite de ce message quand les modifications auront été apportées !
Cela ne remet nullement en cause ta validation !

Merci beaucoup :cutelove:
Anna Belle
Anna Belle
plume menteuse
Pseudo : Typocampe
Célébrité : Sophie Skelton
Crédits : Typocampe
Messages : 458

Âge : 24 ans
Métier : Faussaire, elle produit de faux documents. Un peu actrice, elle vous persuadera de leur véracité.
Situation matrimoniale : Célibataire et, d'après ce que l'on dit, ce n'est pas prêt de changer si elle ne fait pas rapidement quelques efforts en ce sens.

Néhémie de Ravalet ◆ Entre Dieu et moi Qfuo

Néhémie de Ravalet ◆ Entre Dieu et moi Empty
Mer 16 Jan - 10:54
C'est tout bon encore une fois ! T'as véritablement un super perso ❤️
Contenu sponsorisé
Néhémie de Ravalet ◆ Entre Dieu et moi Empty
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