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Nous sommes en avril 1672.
La Cour est actuellement installée à Saint-Germain-en-Laye.

Event 1 : Les plaisirs de la fête.
Une fête somptueuse a lieu en ce moment à Versailles ! Il faudrait être fou pour manquer cela !

 [Alix & Olympe] Le chat, ou la souris?

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Olympe de La Trémoïlle
belladone
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Situation matrimoniale : Mariée à Alexis de Bauffremont.



Lun 2 Juil - 19:36

Le chat, ou la souris?

alix & olympe
En cette après-dînée, Olympe n’avait qu’une envie : retourner chez elle, à l’hôtel de Bauffremont qui appartenait à sa belle-famille et où elle et Alexis logeaient pour l’instant, appeler la femme de chambre pour qu’elle délace son corset et qu’elle puisse se reposer un peu jusqu’au souper. La matinée auprès de Mademoiselle avait été tout sauf reposante : si on ne s’ennuyait jamais chez elle, les hauts et les bas de sa relation avec son époux Antonin de Lauzun étaient un tourment non seulement pour le couple, mais aussi pour les dames de la Maison de la princesse. Déjà qu’il était strictement défendu aux dames de mentionner le mariage pas-si-secret de Lauzun et de Mademoiselle, sous peine de disgrâce, elles ne pouvaient même pas en tirer la satisfaction de s’en plaindre à qui que soit – du moins, pas en public. Et le public, à la Cour de France, était chose omniprésente, et laissait bien peu de place aux secrets. C’était quelque chose qu’Olympe, heureusement, avait bien compris.

Il ne restait que quelques antichambres à traverser avant d’arriver à l’entrée du Château-Vieux, et demander un carrosse pour retourner chez elle. Olympe évitait du regard les passants, de peur de croiser le regard de quelqu’un de sa connaissance, qui pourrait la retenir pendant une bonne heure – surtout si ce quelqu’un était un bavard comme il y en avait tant. On la remarquait d’ailleurs bien peu : elle avait appris, dès son arrivée à la Cour, à être celle qu’on ne parlait pas en mal à cause d’une trop grande discrétion de sa part – toutefois pas suffisamment prononcée pour qu’on la traite de misanthrope. Il y avait, bien sûr, quelques personnes à qui elle avait accordé sa confiance, même son amitié : et il y en avait d’autres envers lesquels elle faisait mine de sourire, seulement pour continuer à les tenir à l’œil.

Sortant à l’extérieur, Olympe se trouva quelque peu encouragée par le temps radieux d’avril qui l’y attendait, et la foule relativement peu nombreuse. Elle interpella son cocher, qui attendait non loin tout en discutant avec quelques autres. Pendant qu’on s’affairait à atteler le tout, elle se prit à regarder ses alentours, l’air ennuyé, histoire de se distraire quelque peu et d’oublier les mille et un inconvénients de la journée. Elle se retint de s’adosser à la rampe de l’escalier central du Château-Vieux : c’était bien le genre de chose dont Marie de La Tour d’Auvergne avait horreur et dont elle l’aurait vertement reprise. Olympe se doutait bien que sa grand-mère lui apparaîtrait et la gronderait sur son manque de tenue : mais une conduite irréprochable, si elle n’était qu’une couverture à bien d’autres activités, se devait de ne jamais connaître une seule fausse note en public.

Parmi les passants, elle reconnut Alix de Saint-Aignan, qui eut vite fait de la reconnaître elle aussi. Esquissant un sourire, Olympe fit quelques pas vers la jeune femme, la saluant de la tête.

- Je ne m’attendais pas à vous voir à la Cour, aujourd’hui, Mademoiselle de Saint-Aignan. Comment vous portez-vous?

Alix était l’une de ces personnes qu’Olympe faisait mine d’apprécier, avec, elle devait bien l’admettre, un certain talent qui l’étonnait elle-même. Ce qui aidait, sans doute, était que Mlle de Saint-Aignan n’était pas désagréable, bien le contraire : dans d’autres circonstances, Olympe s’en serait sans doute fait une amie. Mais « amie » était un mot étranger pour la Cour, où la plupart des relations n’étaient qu’intrigues et sombres motivations. Alix était intelligente, d’une intelligence certainement égale à celle d’Olympe. Quelqu’un de moins perspicace n’aurait sans doute rien remarqué, mais, durant les conversations qu’elles avaient ensemble, Olympe avait retenu, ça et là, quelques questions peut-être un peu trop poussées, trop curieuses – et pas sur elle. S’il ne s’était agi que de sa personne, elle aurait sans doute haussé les épaules et trouvé quelques façons subtiles de calmer la curieuse, mais tout semblait se centrer, au bout du compte, sur Alexis.

Olympe n’avait jamais vu Mlle de Saint-Aignan et Alexis au même endroit : qu’ils se connaissent était, sans l’ombre d’un doute, assez peu probable. Elle avait immédiatement repoussé l’idée qu’ils soient amants : si Alexis voyait une autre femme, elle l’aurait sans doute su assez vite. Alexis était loin d’être un enfant de chœur, et si elle se doutait bien qu’elle ne connaissait pas la nature exacte de ses activités, l’adultère n’était pas l’une d’elles. Cependant, c’était peut-être justement à cause des mystérieuses occupations d’Alexis qu’Alix l’avait approchée, et semblait singulièrement s’intéresser à lui de temps en temps. Dans cette situation, Olympe était pleinement consciente qu’elle était prise entre les deux : il lui faudrait faire preuve de davantage de prudence et de finesse que deux autres « adversaires » tout aussi prudents et fins. Le jour viendrait où, sans doute, elle apprendrait quel était l’intérêt d’Alix : mais entre-temps, il lui faudrait découvrir les secrets d’Alexis, et ce, au plus vite. Après tout, le plus vite elle se ferait sa complice, le plus vite Alix ne serait plus un potentiel danger pour elle ou pour Alexis.

Aujourd’hui, sans doute, serait une excellente occasion pour dévoiler un peu plus du mystère dans lequel elle avait été impliquée, bien contre son gré. Quittez-vous le palais pour vous rendre quelque part dans Paris? Le palefrenier se charge tout juste d’atteler et de me ramener chez moi. Il me ferait le plus grand plaisir de vous déposer où il vous plaira. Votre compagnie me ferait fort plaisir, après cette longue matinée.

Complice, elle leva les yeux au ciel. Il y a bien des choses dont je voudrais me plaindre, mais je ne puis, sous peine de disgrâce! Mais vous avez sans doute ouï parler de ce qui se passe chez Mademoiselle, depuis près d’un an.

C’était là nommer le mariage secret de Mademoiselle et de Lauzun, sans toutefois en parler à haute voix. Sans l’ombre d’un doute, Alix saurait immédiatement ce dont Olympe parlait : prétendre le contraire, sans doute, serait une sottise de sa part – si ce n’était un acte de prudence. Encore, il lui faudrait prendre Alix de Saint-Aignan avec des pincettes, comme disait Marie de La Tour d’Auvergne, parfois…

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Alix de Saint-Aignan
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Mar 3 Juil - 0:44

Le chat, ou la souris?

Olympe et Alix
La mort de l'officier endetté Godin de Sainte-Croix  aurait pu paraitre banale, si Alix n'avait pas soupçonné son amante, la Marquise de Brindivilliers, d'avoir empoisonné  ses deux frères et son père.  Comme toujours, Alix s'était montrée à la fois intuitive et rationnelle. Ces trois hommes étaient morts avec les mêmes symptômes, à divers moment différent. Cela aurait pu être la cause d'une maladie, mais  Alix en doutait, tout comme de la Reynie. À la demande de celui-ci, Alix avait enquêté plus en  profondeur sur la seule cause de ce triple assassinat: la Marquise de Brindivilliers était très endettée et elle est devenue l'unique héritière de sa famille. Malheureusement, Alix avait essayé de découvrir des preuves sur  ce qu'elle avançait, le mystère demeura jusqu'au jour où l'inventaire après décès  du défunt fut  découvert. 
 
 
Or, il se trouvait que le notaire s'occupant de l'acte notarié était également celui d'Alix avec qui elle s'attendait très bien. Abordant le sujet de la mort récente de l'officier de la Croix, le vieil homme se sentit progressivement mal à l'aise et nerveux, ce qu'Alix remarqua. Sachant très bien que Godin fut l'amant de la Marquise, l'espionne réussit à faire parler le notaire à titre de confidente. N'y tenant plus, il l'informa qu'un coffret avait été trouvé contenant neuf lettres de sa maitresse ainsi que diverses fioles dont il ignorait la teneur. Apprenant cela, Alix lui conseilla  de les faire analyser par un apothicaire, chose que le notaire fit dans les plus brefs délais. Quelques jours plus tard, le  vieil homme se rendit au château du vieux où se trouvait la cour ainsi qu'Alix, à qui il avait promis de l'informer de la suite de l'affaire. En toute confiance, l'homme lui confia dans le plus grand secret  que ces fioles étaient du poison, un mélange d'arsenic et de bave de crapaud. Selon l'apothicaire, cela laissait peu de traces dans l'organisme et ça pouvait prendre jusqu'à dix fois pour que la victime finisse par mourir.  Consciente qu'elle tenait à présent la Marquise, Alix murmura pour que lui seul l'entende:
 

-          Vous avez bien fait de men informer.  Sachez que je suis là pour vous soutenir si vous en ressentez le  besoin.  À présent, il serait  important d’en toucher mot à personne jusqu’à tant que vous soyez appelé à témoigner.


D'un regard reconnaissant, le vieil homme la remercia et partit le cœur plus léger. Quant à Alix, elle termina de s’y vêtir, tout en se retenant de sauter de joie. Cela faisait des mois qu'elle investiguait sur la Marquise de Brindivilliers et ce n'est que maintenant que cette grave affaire allait enfin éclater au grand jour. Elle devait absolument retourner à Paris pour aller informer de la Reynie, ignorant que cet empoisonnement était la prémisse de bien d'autres qui allaient se faire des années plus tard. Se faufilant parmi les passants, Alix s'apprêta à héler un  carrosse quand une voix familière l'alpagua:
 
 
- Je ne m’attendais pas à vous voir à la Cour, aujourd’hui, Mademoiselle de Saint-Aignan. Comment vous portez-vous? 
-Pour le mieux, Madame de Listenois. Répondit Alix d'un beau sourire sincère en se tournant vers nulle autre qu'Olympe de la Trémoïlle. 

Celle-ci était l'une des raisons de sa présence à la cour en cette belle matinée d'avril. Effectivement, cette autre marquise intéressait Alix, non pas pour une autre affaire de poison, mais bien pour les secrets de son mari. Alix et Alexis avaient travaillé de nombreuses fois pour résoudre des affaires épineuses concernant des messes noires et des faussaires. Loin d'être terminée, Alix avait continué d'investiguer de son bord et quelques temps plus tard, elle avait appris des faits et gestes  contradictoires et étranges concernant son ancien comparse de l'ombre. Cela restait des ouïes dires, rien de concret, mais ce fut suffisant pour lui mettre la puce à l'oreille. 


Doutant de l'honnêteté du Marquis, elle s'était rapprochée un peu plus de sa femme, se disant qu'elle était la première qui pourrait en savoir plus sur ce qu'il manigançait. Mais voilà, Olympe se trouvait à être une femme prudente et intelligente, elle lui avait répondu à ses questions, tout en restant invasive. L'espionne avait aussi senti dans le non verbal de la noble une certaine méfiance, mais cela ne lui avait pas fait baisser les bras, bien au contraire. Il fallait seulement qu'elle demeure plus subtile, quitte à ne pas parler pour l'instant d'Alexis. Il fallait qu'elle endorme la méfiance et gagne la confiance. Qu'elle fasse du mot amie quelque chose de possible à la cour de France, du moins, aux yeux de la Marquise. Cela prendrait du temps, et du temps, Alix en avait.


-Quittez-vous le palais pour vous rendre quelque part dans Paris? Le palefrenier se charge tout juste d’atteler et de me ramener chez moi. Il me ferait le plus grand plaisir de vous déposer où il vous plaira. Votre compagnie me ferait fort plaisir, après cette longue matinée.
-Comme c'est aimable de votre part, Madame et je ne puis qu'accepter. Je m'en allais également à Paris pour me rendre dans mon hôtel.  Votre compagnie m'en sera plus qu'agréable. Mais dites-moi comment c'est passé votre matinée auprès de Mademoiselle? demanda Alix   se montrant intéressée par le quotidien d'Olympe. 


Celle-ci leva les yeux  au ciel et d'un air complice, Olympe lui confia qu'elle ne pouvait se plaindre, au risque d'attirer la disgrâce. Ensuite, elle questionna Alix pour savoir ce qui se passait chez la Grande Mademoiselle depuis un an. Bien sûr, Alix avait eu vent du mariage secret du Marquis de Lauzun ainsi que des tourments du couple.  Restant évasive, la jeune femme acquiesça en répondant :


-Oui, j’ai entendu certaines rumeurs, mais  j’en sais très peu…
 
Elle tourna alors son attention vers le palefrenier qui informa la Marquise qu’il avait terminé d’atteler le carrosse. Avec la même complicité, Alix dit alors :


- Si vous voulez m’en dire plus, allons dans le carrosse. Nous n’allons pas être dérangés.
 

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Olympe de La Trémoïlle
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Jeu 19 Juil - 19:29

Le chat, ou la souris?

alix & olympe
Fort heureusement (ou pas) pour Olympe, Alix de Saint-Aignan avait accepté son invitation avec joie, comme elle se rendait elle aussi chez elle, plus précisément à son hôtel à Paris. Bien qu’au cœur de la ville, de telles habitations constituaient des retraites fort agréables pour les nobles, loin des yeux de la Cour. Olympe était quelque fois contrainte de rester au Château-Vieux, la garde-robe et les femmes de chambre de Mademoiselle exigeant sa présence. Elle était, heureusement, la plus jeune des dames d’atour, et son aînée acceptait souvent qu’elle obtienne de temps à autre des repos bien mérités. On racontait qu’à Versailles, cependant, plutôt que d’être forcées de dormir sur un lit pliant dans le salon attenant à la chambre à coucher de Mademoiselle, on offrirait aux dames de la Maison des chambres séparées. Ce serait sans doute minuscule, mais comparativement au manque d’intimité à laquelle les dames devaient faire face, en ce moment, c’était préférable, et de loin. Et parfois, Olympe avait peu de patience pour ce genre de situation et préférait se lever tôt et partir de l’hôtel de Bauffremont aux petites heures du matin plutôt que de passer la nuit au milieu des ronflements des nobles dames.

Les deux jeunes femmes tardèrent peu à monter dans le carrosse, après qu’Olympe eut ordonné au cocher de les conduire d’abord chez Alix. Elles étaient libres désormais de parler en toute liberté, loin des oreilles de la Cour, associées bien sûr aux plus mauvaises langues qui soient. C’était là, au moins, ce que racontaient les apparences. Olympe n’était pas sotte, et savait très bien qu’elle devait se montrer plus que prudente avec Alix. Cette dernière, en cet après-dînée, était encore plus souriante et avenante qu’à son habitude : une personne moins avisée aurait sans doute baissé sa garde, mais la méfiance d’Olympe ne se trouva que redoublée. Bien sûr, elle ne devait rien laisser paraître. Aussi bien paraître aussi heureuse d’avoir de la compagnie que paraissait l’être Alix.

- Eh bien, voilà donc un heureux hasard! répondit Olympe alors que le carrosse se mettait en route, hors de la cour de Saint-Germain-en-Laye. Il est toujours si agréable d’avoir des connaissances dans une jungle telle que Paris, ne trouvez-vous pas?

Faisant fi des bonnes manières, Olympe s’affala dans son siège, soupirant avec aise et chassant de sa pensée tous les petits tracas de la journée. Dieu merci, sa grand-mère n’était plus de ce monde pour lui rappeler de garder une tenue exemplaire en tout temps! Mais son relâchement n’était qu’une apparence, histoire d’endormir les soupçons d’Alix pour mieux la neutraliser. Il serait ainsi plus facile de connaître les véritables intentions de la demoiselle de Saint-Aignan. Elle repensa aux quelques paroles qu’Alix et elle avaient échangé avant de partir, notamment sur le mariage secret de Mademoiselle et du duc de Lauzun. Sans doute pouvaient-elles en parler librement, maintenant qu’elles étaient seules, d’autant plus qu’Alix avait bien deviné le sujet, grâce aux petits indices que lui laissait Olympe ça et là. Cependant, Olympe choisit l’option de la prudence, ainsi que de la reconnaissance. Après tout, après la disgrâce de son père et ses nombreuses manigances pour revenir en grâce, elle devait une infinie reconnaissance à Mademoiselle et à son souvenir de l’amitié qu’elle avait eue pour le duc de La Trémoïlle, pour avoir eu le bon plaisir de lui accorder une place au sein de sa Maison…

- Je plains Mademoiselle, commença Olympe, fixant les rues de Paris qui déferlaient à la fenêtre d’un air pensif. Oh, croyez-moi, on dit bien du mal d’elle et on la jalouse, avec sa grande fortune de par sa défunte mère, mais elle est d’une générosité comme on en voit peu, de nos jours. Bien sûr, il faut savoir se mériter son affection…

Il fallait être tout de même aveugle pour nier que Mademoiselle se montrait, la plupart du temps, froide et hautaine. La vie, hélas, lui avait appris à se méfier de tous et de chacun. Olympe, heureusement, faisait partie des quelques exceptions à la règle, la jeune femme semblant heureuse, demandant peu et étant en général courtoise et avenante, ce qui plaisait à Mademoiselle. Aux faveurs qu’elle obtenait, Olympe était prudente à ne montrer que la plus sincère reconnaissance. Devant de telles dispositions, la méfiance naturelle de Mademoiselle s’était endormie à son égard, et Olympe devait se montrer prudente pour ne pas troubler une balance qui était certainement fragile.

- Je me contenterai de prier pour qu’elle connaisse enfin le bonheur, termina Olympe. Nous le méritons tous, n’est-ce pas?

C’était une façon bien optimiste de voir la vie, sans doute. Mais il était à présent temps de passer à l’attaque, sous une couverture de banalités qui, devant un spectateur peu averti, n’éveillerait aucunement ses soupçons. La réponse d’Alix ne manquerait pas d’être intéressante et complexe, comme toutes les options venaient avec mille et une spéculations, peu importe si c’était vrai ou faux.

- Allons donc, assez parlé de moi et de mes petites misères! Quel bon vent vous a amenée à la Cour, aujourd’hui, Mademoiselle de Saint-Aignan? Il me semble que vous paraissez toujours si occupée…


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Alix de Saint-Aignan
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Lun 23 Juil - 22:34

Le chat, ou la souris?

Olympe et Alix
- Il est toujours si agréable d’avoir des connaissances dans une jungle telle que Paris, ne trouvez-vous pas? 
-Tout à fait, Marquise. Je dois même dire  que c'est essentielle. Acquiesça Alix en montant à son tour dans le carrosse confortable.

 Oui, dans une telle jungle, mieux valait avoir des alliés de taille et connaitre aussi ceux qui sont nuisibles. Pour l'instant, elle ignorait si c'était le cas d'Alexis, mais Alix ne faisait confiance à personne, à preuve du contraire. D'ailleurs, Olympe semblait très heureuse de la voir à ses côtés et elle avait adopté une attitude plus amicale qu'à la coutumier. Non pas que cela la dérangeait, mais Alix ne trouvait pas qu'elles étaient si proches l'une de l'autre pour que la noble se laisse aller avec autant de faciliter.  Bref, quelque chose clochait,  mais faute de savoir quoi, Alix décida de  jouer le jeu et de feindre une relation de confidence. 

Imitant la Marquise, la jeune femme  s'assit confortablement sur son siège tout en savourant le doux balancement du carrosse. Contrairement à Olympe qui était restée auprès de Mademoiselle, la jeune femme avait passé sa journée à faire acte de présence à la cour, écoutant les conversations et plaisantant avec les courtisans de son entourage. C'est seulement auprès de son notaire, rencontre la plus intéressante de sa journée, qu'elle avait eu un peu de repos.  À vrai dire, elle aurait apprécié de faire son voyage en silence, mais l'occasion d'être dans le même carrosse qu'Olympe était trop belle pour qu'elle refuse sa compagnie.

 Avec attention, elle écouta  la confidence de la dame, tout en se disant que ces informations, qui louangeaient Mademoiselle, ne lui étaient pas bien utiles. Alix savait que la princesse n'était pas populaire à la cour et elle était même jalousée par les puissants dû à sa grande fortune et à ses nombreuses possessions. Quant à Lauzun, il n'avait pas de  place importante et elle se doutait bien qu'il avait épousé la princesse pour avoir des charges importantes et profiter de son immense fortune. Bien sûr, Alix ne dit mot de sa mauvaise impression concernant le dévolu stupide de la princesse; dévolu qui avait été refusé par le Roi. Si sa cousine avait bel et bien marié Lauzun en secret, Alix considérait que Mademoiselle jouait dangereusement avec le feu.  La Fronde était encore très présente dans les esprits et ce n'était pas un secret qu'Anne-Louise d'Orléans y avait joué le rôle de rebelle.   À présent, elle agissait encore comme une révoltée, surtout si la rumeur s'avérait véridique.

Malgré tout, Olympe faisait bien de se montrer prudente et évasive  dans ses propos concernant la princesse,car il fallait si peu pour perdre la confiance des puissants. Visiblement, la Marquise avait su gagné les faveurs de Mademoiselle pour parler d'elle avec autant de reconnaissance et d'empathie.

- Je me contenterai de prier pour qu’elle connaisse enfin le bonheur, termina Olympe. Nous le méritons tous, n’est-ce pas? 
- Oui. Le bonheur est la seule chose qui est gratuite en ce monde, mais oh combien difficile à atteindre, et ce, peu importe notre rang.Répondit Alix avec esprit en approuvant de la tête.

 Sur cet échange de banalités, qui sans le laisser paraître ennuyait plus qu'autre chose Alix,   la Marquise s'intéressa finalement à elle. La question s'avéra légère, mais la profession secrète de la jeune femme l'obligeait à resté évasive concernant sa vie à la cour et ses passe-temps. Elle s'était fait une réputation de femme d'esprit, éduquée, un brin mystérieuse, mais sans éveiller des soupçons. Le tout lui donnait une ligne directrice dans sa conduite, surtout quand on voulait en savoir plus sur elle, ce qui était le cas d'Olympe. Ayant en tête de gagner progressivement sa confiance, Alix accepta d'en dire sans trop en dire, un peu comme avait fait la noble un peu plus tôt. Accotant la tête contre le siège,  l'espionne confia:

-Je le suis, en effet. Comme à Paris, la Cour est une jungle où l'on doit savoir se démarquer pour  se faire une place et l'entretenir. Je fais donc de mon mieux pour être présente parmi les sujets de sa  majesté afin d'agrandir mon cercle social. Parfois, c'est exténuant, mais ai-je réellement le choix? Alix soupira puis d'un sourire, elle ajouta un brin espiègle: voilà pourquoi j'étais à la cour ce matin. Qui sait, peut-être trouverais-je un jour un bon parti? Il y a tant de choix, que je ne serais qui choisir.

C'était presque l'exacte vérité, à l'exception que la réelle raison de se présence était qu'elle investiguait les courtisans afin de protéger le roi d'ennemis éventuels. Or donc, de rencontrer des témoins comme son notaire. Elle avait grand hâte de débarquer de ce carrosse pour en informer de la Reynie, mais Olympe était une autre de ses priorités. 

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Olympe de La Trémoïlle
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Lun 13 Aoû - 21:14

Le chat, ou la souris?

alix & olympe
Après toutes ces banalités, histoire d’endormir quelque peu la vigilance de son interlocutrice, il fallait passer aux choses sérieuses. Après tout, il était peut-être intéresser de chuchoter sur Mademoiselle pendant un quart d’heure, mais après, cela devenait ennuyant assez vite, à moins de vraiment défouler sa langue de vipère. Malgré toute la reconnaissance qu’Olympe avait la sagesse de démontrer envers Anne-Marie-Louise d’Orléans, elle ne pouvait pas vraiment affirmer qu’elle l’appréciait. Mademoiselle, après plus de quarante ans d’existence, jouait encore les héroïnes romanesques, même si ses prétendus beaux gestes se transformaient en excentricités plus que tout. Il était facile de dire du mal d’elle, mais c’était là une futilité qui n’intéressait aucunement Olympe – du moins, pas lorsqu’Alix de Saint-Aignan était là, en face d’elle, avec un mystère à percer. La demoiselle, pour bien des courtisans, était déjà un mystère en soi : on applaudissait son esprit, sa grâce et sa bonne éducation, mais on savait, au bout du compte, bien peu de choses sur elle. Peu s’y attardaient, par contre : Olympe ne pouvait se rappeler d’aucune rumeur quelque peu sulfureuse ayant circulé au sujet de Mlle de Saint-Aignan, aussi nid de vipères que pouvait être la Cour. Peut-être, au bout du compte, Alix n’avait réellement rien à cacher et qu’elle ne portait qu’un intérêt curieux envers Olympe et Alexis. Mais de penser qu’Olympe aurait baissé sa méfiance sans enquêter davantage aurait été bien mal la connaître. Une petite erreur, une indiscrétion seraient suffisantes pour qu’Olympe l’attrape au passage et fasse dégringoler tout le château de cartes. Mais son opposante était certainement trop fine pour commettre de pareilles bévues. Non, si Alix de Saint-Aignan cachait quoi que ce soit, le fait que bien peu de vilaines rumeurs circulaient à son sujet était bien la preuve d’une intelligence remarquable.

Le travail serait long et laborieux, mais fort heureusement, Olympe était patiente. Et, en invitant Alix à dévoiler un petit quelque chose sur ses occupations, peut-être obtiendrait-elle quelques informations utiles, ou du moins, des pistes à suivre pour faire avancer la conversation et sortir du carcan de banalités qu’elles avaient été contraintes d’échanger depuis qu’elles avaient monté dans le carrosse, tant par politesse que par prudence. Olympe, de son côté, devait prendre garde à ne rien révéler – ou du moins, rien dont Alix pourrait se servir contre elle. Bien intentionnée ou pas, Olympe était convaincue que la moindre bévue de sa part serait immédiatement saisie et exploitée par Alix.

- Je le suis, en effet, répondit Alix, suite à la question d’Olympe sur son niveau d’activité. Comme à Paris, la Cour est une jungle où l’on doit savoir se démarquer pour se faire une place et l’entretenir. Je fais donc de mon mieux pour être présente parmi les sujets de Sa Majesté afin d’agrandir mon cercle social. Parfois, c’est exténuant, mais ai-je réellement le choix?

Olympe ne put s’empêcher de sourire. Je vous comprends tout à fait, répondit-elle. Il y a tant de gens dont je me priverais bien de leur compagnie, sans les nommer, bien sûr, mais nous devons être prêts à tous les sacrifices pour ne pas être dévorés par d’autres sans bruit! Mais ce ne doit pas être difficile pour vous de trouver des connaissances, vous qui êtes si aimable.

La flatterie était plutôt minime : selon les rumeurs, Mlle de Saint-Aignan se liait d’amitié assez facilement et était en général appréciée de tous : assez fine et spirituelle pour être aimée, et trop insignifiante pour être jalousée. C’était là la combinaison parfaite, pour ne pas dire presque trop parfaite. Olympe, avec son regard plutôt cynique sur la Cour, avait vite fait de remarquer les qualités et, d’abord et avant tout, les défauts de chacun : Alix de Saint-Aignan semblait trop fine, trop lisse pour qu’on ne la remarque point. Les gens peu remarquables, d’ailleurs, étaient souvent d’un ennui mortel, et Alix était tout sauf ennuyeuse. Mener sa petite enquête, donc, en valait certainement la peine.

Voilà pourquoi j’étais à la Cour, ce matin, continua Alix. Qui sait, peut-être trouverais-je un jour un bon parti? Il y a tant de choix, que je ne saurais qui choisir.

À ces mots, dits de façon plutôt espiègle, Olympe ne put s’empêcher de sourire : il fallait bien avouer que la gaieté d’Alix était plutôt communicative. Qui sait, en d’autres circonstances, où Alix aurait été beaucoup plus désintéressée et posait moins de questions suspectes, peut-être les deux jeunes femmes seraient devenues amies. Mais Olympe n’allait pas baisser sa garde pour autant, loin de là. Après tout… qu’Alix de Saint-Aignan, surtout à son âge, ne soit pas mariée était une chose plutôt surprenante. Olympe n’en connaissait pas la raison, et bien peu de jeunes femmes avaient le désir de finir vieille fille, à moins de désirer rejoindre un couvent à la règle peu stricte et qui laisserait une certaine liberté à ses religieuses. Alix, cependant, ne semblait pas du tout être du genre dévote – loin de là. C’était peut-être une piste potentielle, qu’Olympe s’empressa très vite de suivre.

- Je dois dire que je suis plutôt surprise que vous ne soyez pas encore mariée. Il y a beaucoup de bons partis à la Cour, désireux de trouver une épouse. Allons donc, continua Olympe avec un clin d’œil, il doit bien en avoir un qui vous courtise. Est-ce que je me trompe?

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Alix de Saint-Aignan
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Mar 14 Aoû - 22:30

Le chat, ou la souris?

Olympe et Alix
-Il y a tant de gens dont je me priverais bien de leur compagnie, sans les nommer, bien sûr, mais nous devons être prêts à tous les sacrifices pour ne pas être dévorés par d’autres sans bruit! Mais ce ne doit pas être difficile pour vous de trouver des connaissances, vous qui êtes si aimable. 


À ce compliment, Alix sourit avec reconnaissance et elle approuva d'un hochement de tête, sans répliquer le fameux: Oh, madame, vous me flattez! Après tout, c'est vrai qu'elle s'était arrangée pour être aimé de tous et chacun, jouant finement avec les esprits des courtisans, sachant très bien qu'il était dangereux d'attirer la jalousie et l'envie. Elle devait à tout prix être exempte de toutes rumeurs. Depuis son retour à la cour, elle s'était arrangée pour ne provoquer aucun scandale, chose qui viendrait salir sa réputation de femme d'esprit et cultivée. Gagner la confiance était facile, la maintenir était autre chose et elle avait su filé ces ficelles habilement, créant un vaste réseau de contacts, mais oh tellement fragile. 

 Or, Alix était une telle investigatrice que ses cibles, même après avoir été démasqué, ne pouvait la soupçonner qu'elle était la responsable de leur trépas. C'était tout un art que d'être à la fois espionne et sa propre protectrice. Elle comptait maintenir ce délicat équilibre afin que cela ne revire pas contre elle et qu'elle se retrouve assassinée dans la Seine. Une fin tragique en vérité.  Cette sombre vision la fit discrètement frisonner et elle fut presque soulagée d'entendre la voix de la Marquise confier:

- Je dois dire que je suis plutôt surprise que vous ne soyez pas encore mariée. Il y a beaucoup de bons partis à la Cour, désireux de trouver une épouse. Allons donc, continua Olympe avec un clin d’œil, il doit bien en avoir un qui vous courtise. Est-ce que je me trompe? 
 

Alix avait volontairement amener la noble vers ce sujet, question qu'elle ne l'interroge pas plus en profondeur sur sa visite à la cour ce matin, mais aussi pour l'amener à parler d'elle et de son mariage avec Alexis. Non surprise de cette question, Alix eut un sourire un peu timide puis elle soupira en confiant:

-Je comprends tout à fait votre étonnement. À mon âge, je suis presque vieille fille, mais je dois dire que je me conserve assez bien. 

À cette petite plaisanterie, Alix eut un petit rire sincère et elle balaya l'air de sa main en signifiant que tout cela était bagatelle; l'âge n'avait aucune importance. Il y eu un moment de silence, puis elle avoua en soutenant le beau regard de son interlocutrice: 

- Mais effectivement, il y a quelques hommes qui m'ont courtisé par le passé, certains m'ont même demandé en mariage, mais j'ai refusé leurs inclinaisons. Disons qu'aucun n'a réussi à me convaincre de dire oui. Peut-être suis-je trop difficile, mais je vous l'assure, ces partis étaient très déplaisants. Soit ils étaient trop sots, soit ils me prenaient pour acquise, chose qui m'insupporte. Je suis de nature indépendante, c'est ainsi. 

Tout ce qu'elle venait de dire était vrai, mais Alix n'avait nommé aucun nom. Elle restait toujours très discrète sur son passée et ses anciennes relations infructueuses. La belle haussa alors les épaules en affirmant :

-Je ne suis pas pressée de me marier, mais il est certain que j'y pense. Avoir une épaule sur laquelle me reposer est une chose tentante. 

Alix soupira légèrement et s'accotant plus confortablement, elle ferma les yeux en soufflant:

-Comme toutes les femmes, je rêve d'un mariage d'amour et de vivre auprès d'un homme qui me soutienne et qui me comprenne. Gardant son beau sourire rêveur, l'espionne ouvrit lentement son regard émeraude et soutenant celui d'Olympe, elle demanda : Croyez-vous que cela soit possible dans ce monde où le mariage se résume seulement à la dote que vaut une femme?
 

Bien sûr que c'était possible, elle avait la preuve devant ses yeux. En cet instant, Alix jouait la romantique, même si au fond, elle était très rationnelle. Être amoureuse, elle ignorait ce que c'était et cela lui faisait même peur; la peur de perdre son indépendance au profit d'une relation éphémère. Est-ce que cela valait vraiment la peine?

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Une femme d'esprit est un diable en intrigue...

 
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