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Nous sommes en avril 1672.
La Cour est actuellement installée à Saint-Germain-en-Laye.

Event 1 : Les plaisirs de la fête.
Une fête somptueuse a lieu en ce moment à Versailles ! Il faudrait être fou pour manquer cela !

 Pour l'amour d'une rose, le jardinier est le serviteur de mille épines. Pv Violaine.

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Tristan du Mesnyl
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Lun 21 Mai - 11:51



Je connais sur le bout des doigts cette route tranquille qui me transporte de Saint-Germain-en-Laye à Dampierre en Chevreuse. Je l'ai empruntée bien souvent pour me rendre chez ce pauvre Henri, avant que la santé de mon bon ami ne décline et qu'il ne ferme définitivement les yeux. Trois heures de route me sont nécessaires, en alternant pas et trot de cheval. Je voyage seul, cette fois. Nul besoin d'escorte ni de carriole. Il s'agit seulement de passer une commande de fleurs et d'arbustes auprès de sa veuve et de son contremaître, à la condition expresse, bien entendu, que la qualité soit au rendez-vous, ce dont je compte m'assurer aujourd'hui. Mais, de vous à moi, je ne m'inquiète guère à ce propos, c'est une maison sérieuse dont la réputation n'est point usurpée. Quant à la livraison et au paiement de mes acquisitions, ils viendront plus tard, dans quelques semaines, lorsque nous atteindrons la date idéale du renouvellement des plantations.

L'après-midi est bien avancée lorsque m'apparaissent les murs de la cité. Je ne suis pas en avance, et c'est un euphémisme. La raison en est simple, mon étalon boitille depuis plusieurs lieues. J'ai examiné son sabot, il me semble en parfait état, il s'agit donc vraisemblablement d'une simple foulure ou d'un accroc similaire. En soi, ce n'est pas une tragédie, mais cela me contraint à diminuer l'allure alors que la ponctualité est l'une des vertus que j'apprécie le plus au monde. Tant pis, si cette affaire n'est pas réglée ce soir, je logerai à l'«Auberge du Centre ». Les chambres y sont très confortables, hors de prix, certes, mais c'est le Roi qui offre, en définitive, alors pourquoi se priver d'une couche moelleuse et d'un repas succulent, n'est-ce pas ?

Nous arrivons enfin à destination. La grille est ouverte sur un parc parfumé et joyeusement chamarré, et sur l'exploitation en elle-même, légèrement en retrait de l'allée centrale. Une poignée d'ouvriers y manient houe, serpette et binette. Certes, cette propriété n'est en rien comparable aux flamboyants domaines de la couronne que gère mon illustrissime père spirituel, le bonhomme Le Nôtre, mais tout y est charmant, ordonné, harmonieux. J'avais, durant un moment, craint que le décès de ce bon Henri ne suscite un laisser-aller général, voire même un déclin tragique de l'entreprise, mais il n'en est rien. Jonas a fait de l'excellent travail. A moins que la veuve de mon ami ne se soit vaillamment accrochée à son négoce et n'ait mis également la main à la pâte. Je ne la connais guère, Henri ne me l'avait que brièvement présentée, elle me semblait charmante mais plutôt discrète, voire même effacée, et sans doute un peu trop jeune pour imposer ses vues face à un mari d'une expérience et d'une envergure colossales.

Je saute de cheval, le confie à un gamin venant à ma rencontre en lui demandant de s'occuper de lui aussi bien que possible et en précisant qu'il est légèrement blessé, et je m'avance vers la bâtisse. Je ne distingue ni Jonas ni Violaine, mais cela n'a rien d'étrange étant donné mon retard. Sans doute en ont-ils eu marre de m'attendre. J'en profite pour traînailler un brin parmi les parterres ornés de magnifiques roses grimpantes, car, ma foi, trois minutes de retard supplémentaires ne changeront rien à notre affaire. Je me transporte mentalement vers Saint-Germain-en-Laye, mon ciboulot fait le tour complet des jardins, et je me dis que de tels rosiers garniraient de jolie manière les fontaines nouvellement implantées par André Le Nôtre. Je hume leur parfum. C'est exquis ...


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Violaine de Dampierre
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Mar 29 Mai - 19:23

Pour l'amour d'une rose ...

Tristan et Violaine

Assise au bureau d'Henri qui désormais est mien, j'attends le responsable des jardins de Saint-Germain-en-Laye, Tristan du Mesnyl. Nous avons été présentés autrefois, puis je l'ai aperçu à plusieurs reprises en grande discussion avec mon défunt mari, dans les jardins ou ici-même, dans cette pièce, mais je n'ai jamais été invitée à y participer. Mais c'est la première fois que je vais le recevoir en personne, et j'en suis un peu intimidée, je dois le reconnaître. Il me faut lui faire bonne impression, car malgré le travail acharné de Jonas, et tous mes efforts pour maintenir la réputation des jardins de Dampierre, le décès d'Henri a déstabilisé nos finances et une belle commande pour Saint-Germain permettrait de les renflouer. Mais nous n'en sommes pas encore là, et Monsieur du Mesnyl est en retard, je pensais que c'était plutôt l'apanage des femmes de se faire attendre …

Il m'a fallu presque deux années pour connaître les arcanes du commerce des plantes et arbustes qui s'épanouissent sur notre domaine, car si l'entretien, la culture n'ont presque plus de secrets pour moi, Henri m'a toujours reléguée aux tâches subalternes, c'était ma place disait-il, une femme est incapable de gérer une propriété comme Dampierre. Cependant, grâce à Jonas, je suis maintenant tout à fait compétente et ce aussi bien dans la gestion que dans les jardins. Dès la fin de mon deuil, je suis retournée à la Cour, malheureusement ce n'est pas encore suffisant pour relancer nos affaires, c'est pourquoi la visite d'aujourd'hui est aussi importante.

Impatiente, je me lève et me poste à la croisée, espérant l'arrivée de mon visiteur, mais le soleil printanier dehors me fait de l'oeil. Pour ce rendez-vous j'ai choisie une robe de taffetas vert d'eau qui sied à mon teint clair et à mes yeux, paraît-il. Je voulais me sentir belle, avenante, sûre de moi, et faire bonne impression. Évidemment je me dirige vers la roseraie, mon havre, mon refuge, les domestiques sauront me trouver si Monsieur de Mesnyl se décide à se présenter. La reine est dans son royaume, me dit souvent Jonas, il n'a pas tout à fait tort, je peux passer des heures à recenser les couleurs de mes roses, à m'enivrer de leurs parfums envoûtants, à détailler leurs corolles de pétales complexes. Les ciseaux en main, j'ai noué un tablier sur ma belle robe, je retire délicatement les fleurs fanées.

L'avantage de cette tâche commune est qu'elle laisse libre cours à mes pensées, aujourd'hui elles ne sont pas aussi sombres qu'elles ont pu l'être. Je me sens tellement mieux depuis le décès d'Henri. Jamais je ne le dirai à vois haute, mais c'est un soulagement de ne plus être sans cesse rabaissée, considérée comme la dernière roue du carrosse. Lorsque la panique de me retrouver seule responsable de la maisonnée et de l'avenir de tous nos gens s'est apaisée, je me suis mise au travail trouvant peu à peu mes marques dans cette nouvelle vie, grâce aux conseils avisés de Jonas et d'Amélie, la gouvernante. Recevoir Tristan du Mesnyl est une nouvelle étape, je me souviens d'un jeune homme brun, compétent, passionné par son travail. J'ai hâte de le revoir et de faire plus ample connaissance avec lui, de détruire l'image de l'épouse incapable et effacée …

L'après-midi s'étire paresseusement, sur l'un des bancs de pierre qui jalonnent la roseraie, reposent mon chapeau, mon tablier et mon panier de fleurs fanées. Je me suis assise un peu plus loin à l'abri des regards, dans une alcôve formée naturellement par des rosiers lianes aux fleurs d'un jaune éclatant. Le retard de Monsieur du Mesnyl ne présage rien de bon et le soir sera bientôt là. Je comptais beaucoup sur cette rencontre, elle est capitale pour l'avenir de la maison Dampierre. Remontant vers la bâtisse, je lisse ma robe songeant que mes efforts de toilette n'auront servi à rien. Je presse le pas, cherchant du regard Jonas pour partager ce sentiment d'inquiétude qui m'étreint. Une silhouette masculine se détache soudain près des derniers parterres que Jonas et moi avons créés : une ronde d'arbustes blancs autour d'un grimpant rouge sang palissé sur de fines échelles de bois. Je m'approche discrètement car j'ai reconnu cet homme qui contemple le massif. Je le salue, heureuse qu'il soit enfin arrivé, et ma foi légèrement troublée, car dans mon souvenir, il n'était pas aussi séduisant :

- Bonjour Monsieur du Mesnyl ! Je suis ravie de vous revoir … enfin ! J'ai craint que vous vous soyez égaré, il y a si longtemps que vous n'êtes venu nous rendre visite.
Un sourire malicieux accompagne mes paroles, alors que je lui tends ma main et je poursuis sur la même voie :
- Avez-vous fait bon voyage ? Où se trouve donc votre monture ? Vous a-t-elle abandonné, vous contraignant à finir le trajet à pied ? Ceci expliquerait votre retard … Mais pardonnez moi, je manque à tous mes devoirs d'hôtesse, voulez-vous prendre un rafraîchissement avant de faire le tour des jardins ?

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Tristan du Mesnyl
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Mer 30 Mai - 13:56


J'avais trouvé Violaine de Dampierre plutôt charmante, à l'occasion de notre première et brève rencontre, en présence de son époux, aujourd'hui décédé, eh bien j'avais tort, elle ne l'est nullement. En réalité, elle est infiniment plus que ça, elle respire le naturel, la fraîcheur, l'élégance spontanée, la grâce, elle est une énorme bouffée d'air pur, un enchantement pour le regard, elle est aux antipodes des canons de la beauté féminine en vigueur à la Cour, là où règnent en maîtresses absolues sophistication, vanité et froideur. Elle est sortilège, envoûtement, sensualité délicate, et je suis sous le charme. Je me hâte de saisir la main qu'elle me tend, garde un instant ses doigts graciles entre les miens, tout en la dévisageant avec une ferveur non feinte, puis je pose délicatement les lèvres sur le dos de sa menotte ... hum ... je l'avoue ... un peu plus longtemps que ne l'exige l'étiquette, afin qu'elle y perçoive davantage qu'un simple hommage, qu'un geste de civilité désespérément banal. Ce baiser, en fait, j'y mets tout mon cœur, tout mon ravissement.

Incontestablement, Violaine s'est métamorphosée. Elle était effacée, elle n'était que l'ombre d'Henri, qui la maintenait soigneusement à l'écart du monde car il était trop imbu de sa personne pour la mêler à ses prises de décisions, et la voici aujourd'hui radieuse, libérée, méconnaissable. Et, de plus, elle se montre vive, taquine et pleine d'esprit. Son œil malicieux m'invite cordialement à sourire. Ce n'est pas possible, si elle poursuit dans cette voie je vais la demander en mariage dans les dix minutes qui viennent ! J'ignorais qu'un tel petit bout de femme puisse réunir autant de qualités !
– Je suis également plus que ravi de vous revoir, Violaine, si vous me permettez de vous nommer ainsi. J'étais absorbé par la magnificence de vos roses. J'ai rarement pu admirer une telle luxuriance, savourer de telles exquises fragrances. Et pourtant Dieu seul sait combien je parcours de jardins et de pépinières chaque année. C'est sans doute pour cette raison que je me suis fait rare ces derniers mois, mais je compte remédier vivement à cette situation ! Votre domaine m'a manqué ! ... ajouté-je tout de go en offrant à la belle un sourire charmeur grimpant allègrement jusqu'à mes lobes d'oreilles.

– J'accepte volontiers un rafraîchissement, Violaine ! Je vous suis ! ... dis-je en lui proposant le creux de mon bras pour qu'elle y glisse le sien. Puis je reprends le fil de la conversation, en affichant, cette fois, un air bougrement sérieux alors que je glousse intérieurement. Et je vais vous conter les raisons de ce retard, dont je vous prie, bien entendu, de m'excuser. En fait vous avez tout deviné, j'ai été contraint de terminer la route à pied, et, par dessus le marché, de porter ce diable de cheval sur mes épaules car il claudiquait depuis deux ou trois lieues ! Et ce fut un véritable enfer ! ... lancé-je avant d'éclater de rire en observant du coin de l’œil les réactions de ma ravissante hôtesse.

Quelques pas plus loin, calmé, je poursuis.
– En fait j'ai abandonné mon étalon aux bons soins d'un gamin qui m'a accueilli à la grille. J'espère que la brave bête ira mieux demain. Sa blessure m'a vraiment paru bénigne. Mais parlez-moi plutôt de vous, Violaine ! Je me répète sans doute, mais vos plantations sont superbes. Vous gérez tout ça merveilleusement ! Votre entreprise vous réserve sans aucun doute une large part bénéficiaire, et je m'en réjouis, vous le méritez amplement ! D'ailleurs le budget que m'alloue le bonhomme Le Nôtre me permettra certainement de faire affaire avec vous, si vos prix sont à la portée de mon escarcelle !

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Violaine de Dampierre
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Mar 5 Juin - 21:12

Pour l'amour d'une rose ...

Tristan et Violaine
Il semble que je ne sois pas la seule troublée par cette rencontre, les doigts de Monsieur du Mesnyl enserrent les miens délicatement, et ses lèvres s'y attardent juste un peu plus que les convenances ne l'autorisent. Et ces yeux bruns qui me dévisagent avec un intérêt non feint, c'est réjouissant et déstabilisant à la fois, il y a si longtemps que je n'ai suscité de telles attentions. J'aime aussi la sonorité de sa voix chaude et charmeuse, surtout quand il prononce mon nom. Je lui souris de plus belle, prêtant une oreille attentive à son agréable bavardage. À ses compliments spontanés et sincères sur le domaine, je sens que mes joues rosissent allègrement. Je ne m'en cache pas, je suis si heureuse qu'un illustre collaborateur de Le Nôtre trouve nos roses magnifiques.

Je glisse ma main au creux de son coude, et nous nous dirigeons d'un pas tranquille vers la maison, alors qu'il me raconte son épopée pour arriver jusqu'ici et les raisons de son retard. Il manie l'humour et la dérision avec un certain brio, si bien que j'imagine parfaitement la scène et mon rire se joint aussitôt au sien.

-  Pauvre cheval, j'espère sincèrement que ce n'est pas trop grave, ni trop douloureux … pour lui. Si vous le désirez, Tristan, nous nous rendrons aux écuries avant de faire un tour dans les jardins. Mon palefrenier est un homme d'expérience, il apportera les meilleurs soins à votre monture. Vous aurez ainsi des nouvelles de ce malheureux animal.
De nouveau des compliments, assortis de questions sur nos plantations, je me demande si Tristan réalise combien j'ai travaillé pour maintenir le domaine à flot depuis le décès d'Henri. Je ne me plains pas bien au contraire, mais j'avais déjà ma part dans la réussite de mon mari, seulement il le cachait bien. Désormais je suis la seule à récolter les lauriers, et j'en suis fière, même si en ce moment les affaires ne sont pas aussi florissantes que je le souhaiterais. Nous nous installons sur une petite terrasse donnant sur la roseraie. Amélie nous a préparé du thé et quelques douceurs dont elle a le secret.

- Vos compliments me vont droit au coeur, Tristan … lui répondis-je en servant le breuvage dans des tasses de porcelaine délicates.
Malheureusement malgré sa belle allure grâce aux ouvriers et à mon contremaître Jonas, que vous connaissez bien, mon entreprise est chancelante. La disparition d'Henri l'a énormément affaiblie malgré tous nos efforts, et la concurrence est rude … Mais vous n'êtes pas venu jusqu'à moi pour m'écouter me lamenter. J'ai maintenu la plupart des tarifs pratiqués par Henri, sauf bien sûr pour nos nouveautés dont je vous réserve la surprise tout à l'heure …
Un sourire mystérieux parade sur mes lèvres, Tristan est un ami fidèle d'Henri, et aussi un très bon client, qui, je l'espère, sera impressionné par ces nouvelles espèces exotiques que Jonas et moi avons importées et acclimatées à notre région de France. Un peu de suspense agrémentera certainement notre conversation et notre promenade. J'ai demandé aux écuries d'atteler l'une des jardinières qui nous sert habituellement à nous rendre aux jardins et à transporter des plantes.

- Une petite voiture nous attend pour aller voir les plantations, nous prendrons alors des nouvelles de votre cheval. Cependant compte tenu de votre arrivée tardive et pour ménager votre monture, je vous propose de passer la nuit, ici, au château. Ce serait sans doute plus raisonnable que de vous renvoyer chez vous sur un pauvre cheval boiteux ...  Sauf si vous vous engagez à le porter jusqu'à Saint Germain, bien sûr …
Henri serait certainement outré de m'entendre badiner ainsi, mais depuis l'arrivée de ce jeune homme, je me sens d'humeur taquine, et je me régale à le voir sourire et même rire. Nous sommes seuls sur cette terrasse, ni commères, ni domestiques pour colporter des rumeurs. Cette liberté, je l'ai chèrement acquise et je compte bien la savourer autant que faire ce peut. Notre collation terminée, je me lève et invite Tristan à me suivre vers l'allée qui mène aux écuries.

- Nous devrions nous rendre aux jardins, Tristan, le jour s'étiole et j'aimerais, avant que la nuit tombe, vous montrer l'essentiel … Nous pourrons toujours faire un autre tour demain matin car vous restez ce soir, n'est-ce-pas ?
Est-ce de l'espoir qui chante dans ma voix ? Ou bien tout simplement l'envie de partager une soirée agréable avec un charmant convive ? Cette visite qui n'avait qu'un but mercantile de prime abord, peut-elle voir naître une amitié sincère ? Je le souhaite ardemment, cet homme partage la même passion que moi, c'est aussi un artiste qui transcende les plantes dans les jardins qu'il conçoit. Et à son arrivée, j'ai ressenti comme une connivence, une alchimie qui tissait des liens invisibles mais troublants …

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Tristan du Mesnyl
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Jeu 7 Juin - 12:52

Même si j'éprouve une sympathie évidente pour ce superbe domaine, lequel appartenait à mon vieil ami Henri, je n'envisageais pas me comporter différemment à Dampierre que chez les autres producteurs de la région. Ma vie est une course folle qui m'entraîne de parterres ornementaux, aux teintes chamarrées, en massifs étincelants, aux arômes capiteux, et, bien souvent, le temps me fait défaut. Je ne m'attarde guère en inutiles conversations avec les propriétaires. Mes interlocuteurs privilégiés sont, en priorité, les jardins et les fleurs aux robes multicolores, et, dans l'ensemble, ils ne sont pas bavards.

Mais l'imprévisible, aujourd'hui, en a décidé autrement, en se manifestant, au cœur de l'odorante roseraie, sous les traits ravissants de Violaine de Dampierre. Et la belle m'est aussitôt devenue infiniment précieuse ! Et j'ose croire, à sa verve, à son aménité, à ses rires généreux, à nos regards qui s'épousent volontiers, à ce léger trouble qui rosit sa pommette ronde lorsque je la complimente, que je ne lui paraît nullement repoussant ni rébarbatif.

Ce constat, bien qu'un tantinet hasardeux et précipité, me réjouit diantrement alors que nous papotons sur la terrasse en grignotant quelques gourmandises. Violaine me rassure quant à mon étalon, son palefrenier est d'une rare compétence et s'occupera parfaitement de lui, et nous ferons un crochet par les écuries avant de visiter ses jardins. Elle m'y réserve d'ailleurs une surprise, affirme t-elle en adoptant une mine sibylline qui lui va à ravir car elle fait étinceler davantage les lapis-lazuli qui brillent dans son regard et creuse de ravissantes et mutines fossettes au creux de ses joues.
– Formidable ! J'adore les surprises et j'ai hâte de découvrir la vôtre ! Venant de vous, elle ne peut être qu'exceptionnelle ! ... ajouté-je, un brin flatteur, peut-être, mais réellement intrigué et ravi ! S'il n'en tenait qu'à moi, j'installerais la séduisante créature sur mes épaules et je courrais jusque là-bas, je ne sais où, n'importe où, sur des rivages méconnus où nous ne serions que deux, et ceci même si aucune fleur n'y pointe le bout du museau !

Je redescends cependant sur terre lorsque mon interlocutrice m'avoue que son entreprise est moins florissante que ce que je n'avais imaginé. La mort d'Henri, bien sûr ... Et aussi la guerre effrénée que se livrent les nombreuses exploitations concurrentes qui, toutes, désirent  obtenir une grosse part du gâteau distribué par la couronne dans le but d'enjoliver ses gigantesques propriétés. Voilà qui me surprend malgré tout, car la magnificence des jardins de Dampierre est suffisamment éloquente. Chaque amoureux des plantes devrait s'y précipiter afin d'y acquérir les merveilles que Violaine y propose. Cela n'a aucun sens de parcourir le monde alors que se nichent ici, à quelques lieues de Paris, les plus somptueux jardins d'Eden. La belle ne désire pas épiloguer sur sa situation, mais je réalise aussitôt qu'il m'est aisé de lui venir en aide, car ne suis-je pas l'un des hommes de confiance du bonhomme Le Nôtre, et même l'un de ses mandataires privilégiés ? J'interromps donc Violaine alors qu'elle s'apprêtait à nous mener en direction des écuries, et pour mieux la convaincre, l'apaiser, je lui prends doucement la main. Elle possède de longs doigts très fins, très graciles, très doux au toucher, et, ma foi, même si ce contact demeure anodin, je m'en réjouis et ne céderais pas ma place pour un empire.
– Je peux certainement vous aider à redresser la barre ! André Le Nôtre ne me demande que rarement des comptes, à condition que je ne dilapide pas stupidement les sommes qu'il m'attribue. Certes, je ne peux pas ignorer totalement nos fournisseurs habituels, mais je peux privilégier votre production, à la condition expresse, bien entendu, que ceci demeure un secret entre nous. Mais vous avez raison, allons vite faire le tour de votre domaine avant que l'obscurité ne s'installe. Nous parlerons chiffres tout à l'heure, ou bien demain, car j'accepte volontiers votre proposition de passer la nuit ici, dans votre château.

Un secret, n'est-ce point déjà le début d'une complicité, d'une intimité ? Un secret, s'il est tenu, n'est-ce point un lien indéfectible ? Bref, j'abandonne à regret la menotte fuselée de mon hôtesse et nous nous dirigeons vers la bâtisse du palefrenier, voisine des écuries. J'aperçois de loin la voiturette attelée sensée nous permettre de traverser plus rapidement le domaine. Nous allons y voir l'essentiel dès ce soir, me dit Violaine, mais, quant à moi, c'est déjà fait, l'essentiel, c'est elle, bien évidemment, et je me réjouis de le lui faire comprendre dès que l'occasion s'en présentera. En attendant, je la couve des yeux, et il est impossible qu'elle n'y déchiffre pas la tendresse qui s'y est répandue avec l'intensité d'une marée d'équinoxe.
– M'dame Violaine, M'sieur du Mesnyl ! ... s'exclame un vieux valet édenté et jovial, que j'ai déjà croisé lors de mes visites précédentes. Nous le trouvons consciencieusement occupé à bouchonner mon étalon. Vous v'nez vérifier l'état de votre bestiau ? ... s'enquiert-il en me dévisageant avec bonne humeur ! Ce n'sera rien de grave, une bonne nuit de repos et d'main il s'ra prêt à galoper jusqu'à Rome ! V'pouvez-me faire confiance, Messire ! ... enchérit-il avec ardeur !

Je le remercie pour ses bons soins, nous bavardons un instant, et ensuite Violaine et moi prenons place dans la jardinière. La banquette n'est guère large, et j'en profite pour appuyer un tantinet ma cuisse contre celle de ma jeune hôtesse. Ce qui est pris n'est plus à prendre, n'est-ce pas ?
– Vous me guidez, ma chère Violaine, ou bien préférez-vous conservez les rênes ? ... demandé-je en la dévisageant d'une prunelle aussi impétueuse qu'enjôleuse.
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Violaine de Dampierre
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Jeu 28 Juin - 10:45

Pour l'amour d'une rose ...

Tristan et Violaine

Alors que nous cheminons vers les écuries, Tristan me prend la main et tente de me rassurer quant à l'avenir de mes plantations. Je reconnais que je n'espérais plus le voir revenir chez nous, il s'était fait si rare depuis le décès d'Henri, et avec la période de deuil, je n'avais pas tenté de le revoir. Ses excuses sont acceptées bien sûr, car je devine derrière ses mots, la somme de travail imposée par l'entretien des jardins de Saint-Germain, mais aussi par la création de ceux de Versailles que le Roi veut éblouissants. Et je retiens avec reconnaissance et une certaine euphorie cette promesse de favoriser mon domaine. Je pose furtivement les yeux sur ma main dans la sienne, il la garde à nouveau un peu plus longtemps que les convenances ne l'autorisent. C'est si agréable si doux, que je ne lui en veux pas, au contraire, Monsieur du Mesnyl  plante les graines d'une relation amicale … Et peut-être un peu plus qu'amicale …

- Merci Tristan, votre aide m'est très précieuse … Allons voir votre cheval maintenant, l'écurie n'est plus très loin.
Le palefrenier est déjà aux petits soins pour le magnifique étalon, il lui parle en le brossant avec la régularité de l'habitude. Il rassure aussitôt son propriétaire avec son langage imagé habituel. Nous restons quelques instants à bavarder avec le brave homme, puis nous prenons la jardinière. D'un sourire, je confie les rênes à mon invité.

- Je vous laisse conduire, il suffit de suivre cette grande allée …
L'étroitesse de la banquette est le prétexte pour nous serrer l'un contre l'autre. Les yeux bruns de Tristan se sont faits velours, et me charment bien plus que de raison. Sentir sa cuisse appuyée contre la mienne au travers de l'étoffe de ma robe et de mes jupons est troublant, délicieux. Je n'ai pas voulu ce qui arrive, je ne l'ai pas désiré non plus, pourtant, j'en goûte chaque regard, chaque effleurement, chaque instant avec une gourmandise que je ne me connaissais pas.
Alors que nous progressons vers les serres que je voulais faire découvrir à Tristan, .

- Vous voilà rassuré sur l'état de votre monture ? Une nuit de repos lui fera le plus grand bien comme à son cavalier. Vous voyez même le palefrenier vous invite à rester pour cette nuit. La vie à la campagne est bien plus sereine que celle de la Cour, ne trouvez-vous pas ? Cette petite pause fera le plus grand bien à votre cheval … Et à vous aussi !
Nous sommes bientôt arrivés aux serres dans lesquelles j'espère surprendre Tristan avec les orchidées que Jonas et moi soignons jalousement depuis plusieurs mois maintenant. Certaines espèces se sont acclimatées sans mal, et ce génie de Jonas est même parvenu à les bouturer, après quelques tâtonnements, si bien que certaines sont nées à Dampierre, et s'y développent parfaitement. Demain je l'emmènerai voir les palmiers et les orangers importés d'Afrique à prix d'or, mais qui semblent se plaire sous nos latitudes. Une surprise après l'autre, en attendant, je lui détaille chaque parcelle de culture, afin qu'il constate que même sans mon défunt mari, nous progressons et essayons de nous diversifier.  

Je lui rappelle que les cyprès, les lilas et nombreux rosiers de Saint-Germain sont issus de nos terres et que d'autres essences sont à sa disposition que ce soit en arbres d'ornement ou plus simplement en plantes. Je fais l'article, je m'en rends compte, mais contrairement à une certaine noblesse oisive qui craint de se salir les mains, je n'ai pas honte de cette activité qui fait vivre ma maisonnée et de nombreux villageois. J'ai la chance immense d'avoir une passion que je peux satisfaire à ma guise, du moins tant que mes finances le permettent …

- Nous voici à destination, Tristan, vous pouvez laisser ce brave poney brouter tout son soûl, il n'ira pas plus loin. Il est habitué …
Je m'apprête à descendre, mais engoncée dans ma jolie robe, c'est beaucoup moins facile que d'ordinaire. Je dois me résoudre à demander l'aide de Tristan, écornant sans regret l'image de la jeune femme indépendante :
- Je crains de devoir requérir votre aide, mon ami, cette robe est parfaite pour recevoir, pas pour visiter les jardins … Monter ne m'avait pourtant pas posé de souci …

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Ven 29 Juin - 13:39


J'ai rarement pris une initiative avec autant d'appréhension qu'en cet instant précis ! ... Qu'en cet instant précis où ma cuisse épouse celle de Violaine avec beaucoup plus d'audace et de chaleur que d'urbanité et de pondération. Va t-elle accepter ce tendre témoignage de ma plus vive affection de la même façon qu'elle a accueilli le flot de mes œillades énamourées et les pressions de mes mains lorsqu'elles conservaient dans leur paume ses longs doigts élégants et fuselés ? C'est à dire calmement, gentiment, sans me repousser, mais sans le moindre commentaire ou encouragement qui pourrait me conforter dans mes espérances ?

Apparemment, elle apprécie ma présence, elle est souriante, lumineuse, son regard étincelle, mais j'aurais apprécié un geste plus démonstratif, une confirmation, même muette, car après tout je ne suis qu'un homme comme les autres, sans aucun pouvoir magique, et les femmes constitueront toujours pour nous un mystère désespérément insoluble. Bref, je navigue en plein doute, et le fait que Violaine cherche d'abord à me rassurer quant à l'état de ma monture plutôt qu'à m'exprimer, d'une manière ou l'autre, ses sentiments à mon égard, ne me permet pas d'atteindre le rivage. Mais voilà, haut les cœurs, Tristan, tout n'est pas perdu ! Peut-être est-elle aussi maladroite que toi, et aussi peu rompue que toi au jeu de la séduction. Ce n'est certainement pas avec notre pauvre Henri qu'elle a pu s'extérioriser et confier les clefs de son âme. Patience ...

Elle m'a cédé les rênes, et nous trottinons vers un recoin charmant de son domaine, là où sommeillent quelques serres élégantes que je distingue déjà. Violaine m'a laissé entendre que des merveilles y naissent et s'y développent harmonieusement, et je suis impatient de découvrir ce qu'elle me réserve. La belle ne m'a donné aucun indice, demeurant d'une discrétion à toute épreuve, autant pour le contenu de ce joli jardin d'hiver que pour le contenu de son coeur. Chemin faisant, elle m'explique néanmoins en quoi consiste la tâche qu'elle a choisi d'effectuer quotidiennement, ses efforts pour diversifier ses cultures, ses succès, sa passion, ses craintes, et je l'écoute religieusement, tout en la mangeant des yeux. Et ma cuisse s'est à présent définitivement installée contre la sienne sans que Violaine ne semble remarquer mon insistance. Quelle situation étrange, n'est-ce pas ? Mais c'est aussi une situation bien agréable, me permettant d'entrevoir d'heureuses perspectives en dépit du silence conservé par la superbe maîtresse des lieux. Encore une fois, montre toi patient, Tristan, mon ami. Ne te rue point sur Violaine comme une armée se ruant sur une citadelle à conquérir dans l'heure. Sois charmant, tu n'es point un conquistador !
– J'apprécie beaucoup votre manière d'envisager les choses, ma chère Violaine. Votre amour de la profession est manifeste, et même très touchant. Vous êtes, ma foi, bien plus une artiste qu'une commerçante. En outre, j'ai entendu peu de vos concurrents se soucier des gens qu'ils emploient. Rien que pour ça, vous méritez d'être aidée. Même s'il existe une raison supplémentaire ... ajouté-je en pressant un peu plus ma longue guibolle contre sa cuisse, alors que je venais pourtant de décider de me montrer moins impétueux.

Je ne connaîtrai pas le résultat de ma manœuvre, car nous arrivons déjà à destination. Quelle est donc cette surprise enfouie dans cette série de serres mitoyennes ? Je laisse courir mon imagination, mais il y a tant de possibilités que, finalement, je renonce. A regret, j'interromps le délicieux contact de nos gambettes, et je saute lestement de la voiturette sans me soucier du gentil poney qui se débrouillera comme un grand. Par contre, ma divine interlocutrice rencontre un problème inattendu. Elle est prisonnière de ses jupons qui se sont entortillés autour de ses mollets et m'appelle à la rescousse pour rejoindre la terre ferme. Je me hâte de la saisir par la taille et de la soulever légèrement, dans le but de la poser au sol, mais, au milieu de la manœuvre, un vilain diablotin domicilié au fond de ma caboche me souffle une idée géniale. Profite de la situation, me dit-il. Héhé, pourquoi pas ? Plutôt que de déposer immédiatement Violaine dans le sentier, je ralentis sa descente, prolonge l'opération tout en lui souriant malicieusement, et, lorsque je la pose enfin dans l'allée, elle est totalement captive de mes bras. Tendrement, je la presse contre mon torse, et l'une de mes mains se met à lui caresser la nuque, sous sa chevelure épaisse. Nous nous dévisageons longuement, et, avec une infinie délicatesse, je me penche vers elle et cherche sa bouche. Et maintenant, advienne que pourra, mon cher Tristan ...



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Lun 9 Juil - 16:16

Pour l'amour d'une rose ...

Tristan et Violaine

En quémandant l'aide de mon invité pour mettre pied à terre, je ne m'attendais pas à ce qui allait suivre. Sans hésiter les mains de Tristan ont enserré délicatement, mais fermement ma taille. Il m'a soulevée comme si je ne pesais pas plus lourd qu'une brassée de roses, sans doute est-il habitué à porter de lourdes charges. Instinctivement mes yeux se sont arrimés à ses prunelles sombres tels une nuit constellée d'étoiles malicieuses. Je lui souris timidement, suspendue dans les airs, mes mains, papillons hésitants se posent sur ses épaules.
La descente est lente, vertigineuse, et infiniment révélatrice. Je ne peux plus me voiler la face, cet homme délicieux me faire perdre la tête, et j'adore cette sensation de vertige. Mes pieds touchent le sol, mais j'ai l'impression d'être encore dans les airs, sur un nuage. Tristan me presse doucement contre lui et j'en perds mes mots, je meurs d'envie de dessiner les contours de son visage avec mes doigts, cependant je n'ose pas. À défaut je le caresse du regard, frissonnant lorsque sa main effleure ma nuque.

J'accueille ses lèvres douces sur les miennes avec le sentiment que je les ai toujours attendues, désirées. Le baiser est aérien, presque irréel, comme si Tristan n'osait pas, ou bien craignait ma réaction. C'est mon corps qui lui répond, il s'abandonne contre lui, mes lèvres s'écartent sous la douce pression de sa langue qui vient danser avec la mienne. C'est tendre, c'est délicieusement délicat … Mes doigts tremblant d'émotion s'égarent dans son cou au coeur de ses boucles de jais. Mon Dieu ! J'avais oublié toutes les sensations qui m'assaillent soudain, cette fièvre qui incendie mes veines,  mon coeur qui virevolte à un rythme endiablé dans ma poitrine, et ce drôle de fourmillement qui chatouille mon ventre d'une si voluptueuse façon …

Si tout mon être se trouve transporté par ce baiser, la petite voix de la raison me susurre que tout cela va bien trop vite, que je me laisse emporter par un désir aussi soudain qu'incongru, que cet homme m'est presque inconnu, même s'il me charme à chacun de ses regards, à chacun de ses mots.
À bout de souffle, je m'écarte à contre-coeur, dévisageant Tristan avec tendresse et inquiétude. Aurais-je dû me montrer plus distante ? Ou au contraire plus entreprenante ? Étais-je à la hauteur de ses attentes ? Je ne sais plus, je n'ai sans doute jamais vraiment su …
Baissant les yeux, confuse, troublée, je cherche à reprendre contenance, ma respiration se calme même si je ressens encore dans chaque fibre de mon être les effets renversants de ce baiser. Les mots restent coincés dans ma gorge, d'ailleurs que lui aurais-je dit ? Les gestes valent plus que les paroles qui disparaissent avec le vent. Alors avec une audace dont je ne me serais jamais cru capable, je relève la tête, plonge mes yeux dans les siens et je me hisse sur la pointe des pieds jusqu'à lui déposer à la commissure de ses lèvres, un baiser léger. Je lui murmure un merci à peine audible, puis sans hésiter, je saisis sa main et l'entraîne vers l'entrée de la serre :

- Venez, je … j'ai encore tant de choses à vous montrer … et je … nous … nous serons plus tranquilles à l'intérieur … pour discuter … ajouté-je rougissante, réalisant le double sens de mes mots. Fermant la porte de verre derrière nous, la serre est déserte à cette heure, je laisse Tristan découvrir les merveilles que Jonas et moi avons choyées pendant des mois. De nombreux pieds d'orchidées sont en fleurs et les grappes colorées embaument l'espace. Profusion de parfums, explosion de couleurs, la serre est habitée par les plantes qui prolifèrent et créent une sorte de jungle exotique qui m'émeut chaque fois que j'entre ici. Ma main toujours nouée à celle de mon invité, je me tourne vers lui pour tenter de décrypter les émotions qui se dessinent sur son beau visage, mais c'est peine perdue. Alors je m'approche jusqu'à ce que nos corps se tutoient, s'effleurent, se retrouvent au moindre de nos mouvements. J'ai besoin de son contact comme ces fleurs ont besoin de nos soins quotidiens. Ce baiser, cette complicité, cette tendresse spontanée qui nous lient m'effraient et me ravissent à la fois. Je ne cesse de le regarder attendant qu'il s'exprime sur ce qui nous entoure ou bien sur nous tout simplement …  


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Jeu 12 Juil - 9:07


A mon plus grand ravissement, Violaine ne se dérobe pas à cette langoureuse étreinte qui, pourtant, l'a surprise. Au contraire, elle s'y abandonne entièrement, elle y répond même avec chaleur, se serrant douillettement contre moi, m'offrant ses lèvres frémissantes que je dévore comme deux fruits vermeils et pulpeux. Nos langues se livrent alors une délicieuse bataille, se nouant, se fuyant, s'entortillant avec un bel enthousiasme. De bien troublantes sensations s'éveillent en moi et investissent chaque parcelle de mon corps, tandis que mon épiderme se revêt d'une myriade de voluptueux frissons lorsque nos bouches prolongent leurs épousailles et quand les longs doigts délicats de Violaine se mettent à gambader dans ma chevelure. C'est exquis, c'est divin, et j'éprouve un cruel dénuement intérieur quand survient l'inévitable instant d'interrompre notre si savoureuse intimité.

Certes, il est trop tôt, beaucoup trop tôt, pour des déclarations enflammées, pour des discours redondants et déjà définitifs, mais au fond de moi je sais, je sais que c'est elle. Mes prunelles marron se perdent dans l'océan de son regard si clair, et le lui clament, le lui répètent sans fin. C'est toi. C'est toi. Je m'interroge un brin quand elle baisse les paupières, je devine qu'elle est en proie à un délicat combat intérieur, qu'elle est déconcertée par mon irruption soudaine dans son existence bien réglée, mais elle redresse alors son joli minois, se hisse sur ses longues gambettes de faon, et m'offre un baiser léger et fugace, mais d'une éloquence rare. Son « merci » l'est tout autant, du moins si je ne l'interprète pas erronément. Il signifie qu'elle croit en moi, qu'elle me donne sa confiance, qu'elle vient de tracer un trait sur son passé douloureux et qu'elle m'en attribue la gloire et les lauriers.
– Vous n'étiez pas heureuse avec Henri, mais ce temps là est révolu, ma douce amie. Je vous l'assure. A présent vous allez vivre ! ... lui murmuré-je avec conviction alors que nous nous écartons à regret l'un de l'autre.

Je m'abstiens d'accabler davantage son époux car, en dépit de ses travers, de son autoritarisme, de son intransigeance envers Violaine, ce dont je m'aperçois véritablement aujourd'hui, il avait gagné mon respect, voire même mon amitié, et je ne désire nullement flétrir sa mémoire. C'est trop facile de salir un disparu.

Violaine m'a pris par la main, et elle m'entraîne déjà vers ces mystérieuses merveilles dont je ne sais rien mais qui s'épanouissent harmonieusement dans les serres qui nous entourent. « Nous serons plus tranquilles à l'intérieur », me glisse t-elle, se rendant compte aussitôt de la méprise que pourraient engendrer ses propos. Elle a rougi un brin, et elle n'en est que plus adorable. Je lui souris afin de la rassurer. J'ai parfaitement saisi le sens de son affirmation. Je ne compte pas abuser de la situation. Ou alors juste un peu, mais cela, bien évidemment, je ne puis le lui dire.

Nous pénétrons dans la plus proche d'entre elles, et là, ma foi, je puis constater illico que la belle ne m'a point menti. C'est un remarquable spectacle qui nous accueille. J'en demeure baba. Muet d'admiration. Une mer entière d'orchidées coule à nos pieds. Leurs teintes bleutées, roses et blanches ensoleillent la serre, l'illuminent comme autant de joyaux disposés sur les velours d'un présentoir. C'est magnifique. Leur odeur entêtante et vanillée imprègne l'entièreté de leur abri de verre et je m'en remplis les narines avec avidité. Époustouflé, je me tourne vers Violaine, dont je n'ai pas lâché la main et qui n'a pas cessé de guetter mes réactions, et je m'exclame, au bout d'un instant :
– Dieu du ciel, ma mie, vous êtes une véritable magicienne ! Comment avez-vous réussi à rassembler autant de beauté et de perfection en un seul endroit ? Je souris et la dévisage, charmeur et malicieux. Ces fleurs, bien-sûr, et vous-même, en sus, c'est irréel ! Je n'en crois pas mes yeux !

Je ne puis m'empêcher de lui prendre le visage en coupe, de me pencher doucement vers sa bouche, et, cette fois, c'est sans la moindre appréhension que je l'embrasse longuement, jusqu'à en perdre le souffle. Je la serre ensuite à nouveau contre moi et mes mains s'aventurent dans le creux de ses reins pour y dessiner mille brûlantes arabesques. A mon tour de guetter ses expressions, d'épier ses réactions. Mais j'aspire vraiment à un peu plus d'intimité, car, ici, n'importe quel ouvrier peut survenir à chaque instant ou même nous entrevoir à travers les carreaux donnant sur les jardins.
– Ne rentrerions nous pas, ma douce ? Je prendrais volontiers un second rafraîchissement en votre compagnie. Les yeux dans les yeux ... ajouté-je en lui offrant un regard entendu.


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