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 Au croisement des chemins | Athanase

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Blaise Duplay
Hibou
Pseudo : Hippocampe
Multi-compte(s) : Adam, Manon et Victoire
Célébrité : Luke Arnold
Crédits : Hippocampe
Messages : 101

Âge : 32 années qui l'usèrent jour après jour.
Rang : Archissupot du trône de la pègre auquel il se dévoue.
Situation matrimoniale : Pareil à l'orphelin qui a perdu sa mère, il vit seul dans la rue, sans plus aucune famille.

Mar 12 Déc - 9:53

Au croisement des chemins

Les frères Duplay
Dans la lueur écarlate du soleil couchant, Blaise claudiquait de sa démarche irrégulière, la mine sombre, l'oeil noir. A cette heure hypnotique où habituellement l'aveugle retrouve la vue et l'infirme son intégrité, lui restait et demeurait boiteux. Parfois, il lui arrivait de croire voir réapparaitre ce pied disparu. Mais non, Blaise Duplay était et demeurerait boiteux, infirme, unijambiste. Que restait-il véritablement de Blaise Duplay dans cette masse sale et informe ? Il se le demandait bien alors qu'il se laissait tomber contre le mur du cimetière des innocents. Il n'avait même pas une tombe devant laquelle pleurer ces êtres chers qu'il avait perdu. Qu'il n'avait réussi à sauver. Il ferma les yeux, son crâne retombant contre la pierre irrégulière.

Autrefois, il était un homme de lettre, un homme de savoir, un érudit... Le propriétaire d'une librairie prisée de la capitale française. Il avait une femme, une jolie femme, une gentille femme. Elle était douce, avenante, généreuse. Elle était son filtre d'éternité, l'amour de sa vie. Pour le combler de bonheur, elle lui avait donné des enfants, de beaux enfants, de merveilleux enfants. Il les avaient aimé, tous, sans exception. Il aurait tout fait pour eux. Tout.
En ce temps là, il était un homme honnête et respectable, un homme de valeur, droit et fier. Il n'aurait jamais tué, il n'aurait jamais usé de méthode telles que la menace ou l'intimidation. Il n'aurait peut-être fait peur à personne.
Mais l'homme de ce temps là était mort.

Aujourd'hui il craint bien avant d'être respecté et tiré le respect qu'il inspirait de la peur qui l'accompagnait à présent comme une vieille amie, l'imprégnant d'une aura inquiétante. Archissupot de la cour des miracles, il ne répondait de personne et si le Grand Coësre gardait son monde à l'oeil, Blaise n'avait nullement de compte à lui rendre, sa place était assurée, quoi qu'il advienne. Jamais personne ne toucherait un homme comme lui sans en payer les conséquences. Pourtant, là où nombreux voyez là un avantage, pour Blaise c'était une autre preuve de son handicape, il avait certes brisé le crâne d'un homme de sa jambe de fer mais dans de nombreux cas, si on venait à s'en prendre à lui, il lui faudrait l'assistance de ses pairs.

Il serra les dents, tentant de visualiser le visage de sa belle épouse mais plus les jours passés, plus il sombrait dans ce monde de violence et de cruauté, plus il lui était difficile de visualiser son visage, c'était comme un ange qui ne parvenait pas à le suivre dans les enfers où il s'engouffrait de plus en plus profondément. Il ferma les poings, de rages. Il n'y avait aucun retour en arrière possible. Il allait la perdre, oublier ses traits délicats, la blancheur de son teint de lait, la douceur de ses cheveux d'or...

Le sont d'une pièce tombant sur le pavé à côté de lui le ramena à la réalité, il regarda le louis brillant à porté de sa main, releva deux yeux rendus brillants par la rage et le chagrin, pinça les lèvres. Après avoir ramasser la pièce et l'avoir fait disparu dans sa poche, il prit appui sur le mur et lança un regard ironique au nouveau venu :

-Tu fait dans la charité maintenant mon frère ?
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Athanase Duplay
Moineau
Pseudo : Atalante
Célébrité : Blake Ritson
Crédits : Atalante
Messages : 18

Âge : 37 ans
Métier : Écrivain public, faussaire à ses heures perdues
Situation matrimoniale : Marié, père de deux enfants

Ven 29 Déc - 15:36

A chacun sa prison

Les frères Duplay
Le soleil se couchait sur une dure journée de labeur. Les passants qui se faisaient plus rares dans les rues de la capitale firent office de prétexte pour remballer mes affaires et quitter le petit étale que j'occupais depuis des années. Je voulais rentrer chez moi, profiter de ma famille et oublier pour quelques heures les soucis de l'existence. Nombreux étaient encore les clients qui venaient me visiter dans l'espoir que je puisse falsifier l'un ou l'autre document, mais j'avais promis à ma sortie de prison de devenir un homme respectable. Ou, du moins, plus respectable. Je ne tenais pas à retourner derrière les barreaux, abandonner à nouveau ma belle Adélaïde et nos enfants, les laisser une nouvelle fois à leur sort sans savoir si je les reverrais un jour. Si je travaillais autant, c'était pour eux, et c'est également pour eux que j'acceptais certaines des demandes illégales de mes clients, espérant gagner quelques louis supplémentaires, pour préserver ma famille du besoin. Mais il n'était plus l'heure de s'inquiéter d'un avenir qui pourrait se dérouler sans encombres, je voulais laisser mes soucis sur ma table de travail avant de quitter les lieux.

Seuls quelques mendiants flânaient autour du cimetière à une heure pareille alors que les honnêtes gens se pressaient de rentrer chez eux. Je ne faisais pas exception à la règle, marchant aussi rapidement que me le permettait ma chambre blessée, une liasse de feuilles dans une main et ma canne dans l'autre. Je pris tout de même la peine de saluer l'un ou l'autre roturier que j'avais appris à connaître à force de passer devant leur demeure chaque matin et chaque soir depuis une dizaine d'années. Les discussions n'étaient jamais bien longues : "votre fils va-t-il mieux ?", "comment vont les affaires ?" et "pas trop d'ennuis cette semaine ?" résumaient les phrases habituelles échangées entre deux trajets. Je coupai cependant court à la conversation : je voulais rentrer chez moi au plus vite. Et pourtant... Il y avait cet homme, assis contre un muret de pierres, un mendiant de toute évidence mais... Il me faisait penser à quelqu'un que je connaissais, que je n'avais vu depuis des années, mais qui ne pouvait être lui. C'était impossible. Cependant, le doute m'envahissait et je ne pouvais me résigner à passer mon chemin. Presque mécaniquement, ma main se porta à ma bourse et en sortis une pièce. Mon regard restait braqué sur l'inconnu alors que je m'approchais lentement. La ressemblance était frappante ! Le louis vola dans sa direction et atterrit aux pieds du malheureux alors que moi, j'espérais de toute mon âme me tromper sur l'identité de mon interlocuteur.

« Tu fais dans la charité maintenant mon frère ? »

"Seigneur..." Je me sentais incapable de bouger, analysant une enième fois ce visage qui me fut un jour si familier mais que le temps et les épreuves avaient rendu presque méconnaissable. Tout mon être se raidit, mon regard devint meurtrier et l'espace d'un instant, je redevins le jeune homme que j'étais avant de quitter Guise : un soldat, autoritaire, l'homme de la maison, celui chargé de prendre soin de ses frères et sœurs en l'absence de ses parents. Alors, comme à l'époque, je sermonai mon cadet :

« Que fais-tu là ? »

J'étais froid, distant et surtout fou de rage. Je n'avais pas eu de nouvelle de Blaise depuis des années et voilà qu'il réapparaissait sans le sou non loin de mon échoppe ! Comment avait-il pu tomber si bas ? Il avait eu tout réussir, notre père lui avait laissé sa chance et il avait mené une vie paisible jusqu'à l'incendie... Combien d'années s'étaient écoulées depuis cette tragédie ? Les premiers mois après la perte de sa famille, je lui avais souvent rendu visite, puis de moins en moins jusqu'à perdre tout contact. Mes propres problèmes m'avaient davantage préoccupés que ceux de mon frère et j'avais naïvement imaginé qu'il s'était remis de cette terrible perte. J'avais eu tort. Mais en ce jour, Dieu avait réuni les deux frères Duplay, et il était hors de question que j'abandonne une nouvelle fois mon cadet, qu'il le mérite ou non.
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