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Nous sommes en avril 1672.
La Cour est actuellement installée à Saint-Germain-en-Laye.

Event 1 : Les plaisirs de la fête.
Une fête somptueuse a lieu en ce moment à Versailles ! Il faudrait être fou pour manquer cela !

 Henriette de Dreux

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Jeu 30 Nov - 21:23

Henriette de Dreux

Beauty is a burden
Prénom(s) : Henriette Louise ◆ Nom : de Dreux, née de Lancret ◆ Surnom : les mauvaises langues la surnomment « La Gorgone » lorsqu'elle n'est pas là. Créature mythologique qui pétrifie les mortels d'un simple regard. Par le passé, on trouva dans certains écrits le terme de « Reine qui ne le fut jamais » mais ce surnom se raréfie avec le temps. Dans l'intimité, elle n'aime guère les surnoms. Mieux vaut éviter pareille familiarité avec cette noble et grande dame... ◆ Date de naissance : une claire et fraîche matinée de mars 1627 ◆ Âge : quarante ans ◆ Orientation sexuelle : hétérosexuelle ◆ Situation matrimoniale : épouse du comte de Dreux à qui elle a donné plusieurs enfants ◆ Métier : Comtesse de Dreux, dame d'atour de la Reine Marie-Thérèse d'Autriche ◆ Religion : Catholique ◆ Groupe : Nobles ◆ Célébrité : Charlize Theron ◆ Crédits : poison ivy & tumblr
Eh toi ! Ma jolie, qu'est-ce que tu fais dehors toute seule à une heure si tardive ? Sais-tu seulement à qui tu t'adresses, vieillard ? Certains ont perdu leur langue pour moins que ça. Poursuis donc ta route. C'est qu'il faudrait pas qu'il t'arrive malheur ma belle, le vieux Claude peut te raccompagner tu sais ! T'imagine ma mignonne, tu t'retrouves face à deux gars qui s'en prennent à toi, ils pourraient en vouloir à ton argent, à ta vie, à autre chose... Tu ferais quoi ? Je leur laisserai sans doute tout le loisir de dépouiller ta carcasse si tu ne te décides pas tout de suite à me laisser passer... Va donc cuver loin d'ici, cela vaudra mieux. Ah j'te l'dis ! Tu s'rais bien contente que j'sois là si ça arrivait. Mais d'ailleurs, j'ai jamais été très physionomiste mais je me souviens pas de ton visage. Tu viens souvent par ici beauté, parce que l'on peut pas vraiment dire que ce soit un endroit très recommandable pour une fille comme toi ? Pas très recommandable en effet, quand on voit la racaille qui s'y traîne. Mais tiens, voilà de quoi te permettre d'oublier m'y avoir jamais croisée...
Lorsqu'elle fit son entrée dans le salon bondé, elle ne put s'empêcher de remarquer qu'on avait interrompu certaines conversations et que plusieurs regards s'étaient tournés vers elle dans la plus grande discrétion. Elle en avait l'habitude, cela faisait plus de vingt ans que cela se produisait. Dès qu'on apercevait sa haute silhouette, dès qu'on venait à croiser son regard perçant et glacial, on semblait perdre toute faculté de parler. Il fallait qu'on la dévisage, qu'on l'épie, qu'on cherche le moindre détail croustillant à se mettre sous la dent. Depuis plus de vingt ans, les rois s'étaient succédé, les mœurs avaient évolué mais les règles à la Cour de France étaient toujours les mêmes. Et depuis plus de vingt ans, la comtesse de Dreux continuait d'en user à son avantage. Dotée d'une réputation irréprochable, elle ne cessait pourtant d'intriguer et de diviser.

Tant de choses s'étaient produites depuis son arrivée à la cour. Alors âgée de treize ans à peine, elle possédait encore la fraîcheur de l'enfance mais jouissait déjà d'une beauté glaciale qui vous pétrifiait. Il se murmura pendant longtemps que dès leur première rencontre, Sa Majesté Louis, Treizième du nom, en tomba éperdument amoureux. Une passion romantique et platonique comme on en attribuait peu à ce souverain discret, taciturne et bien plus volontiers attiré par la solitude de ses parties de chasse. Pourtant dans les couloirs du Louvre tous étaient formels, la jeune et belle Henriette avait su faire vaciller le cœur du monarque. Mais d'autres prétendants tout aussi prestigieux commençaient à se présenter et on la maria rapidement au comte de Dreux, un militaire sombre et ennuyeux que la perspective d'épouser cette toute jeune fille n'enchanta guère. Il se montra bien vite froid et distant et l'intérêt que sa Majesté continuait de porter à son épouse lui déplaisait particulièrement. La douce Henriette n'avait pas encore quinze ans et déjà elle dut fermer son cœur et forger son caractère pour faire face au mépris de son époux, à la désapprobation de la Reine et aux railleries et aux jalousies de la Cour. Jamais le roi ne tenta quoi que ce soit et pourtant à voix basse, on la comparait déjà à Gabrielle d'Estrées... Des décennies qu'on avait pas connu de favorite royale et voilà que cette petite catin aux grands yeux bleus s'apprêtait à tenir la France entre ses mains. L'intérêt du Roi se faisait chaque jour plus évident et tous s'accordaient à dire que ce n'était qu'une question de temps avant que la jeune Henriette ne suive la route des célèbres Agnès Sorel et Diane de Poitiers. Ce n'était qu'une question de temps avant qu'elle ne devienne Reine parmi les reines.

Mais de temps, la jolie comtesse en manqua cruellement. Elle avait à peine fêté ses seize ans lorsque le Roi mourut, laissant le pays entre les mains d'un enfant de quatre ans et d'une reine espagnole détestée par le plus grand nombre. La Fronde éclata, déchirant le pays et par la même occasion le cœur d'Henriette. Quand son époux choisit de rester fidèle à Anne d'Autriche et à son fils, son père quant à lui se rangea derrière Gaston d'Orléans, frère félon de Louis XIII. Les années que durèrent la Fronde brisèrent les derniers vestiges d'innocence et de douceur chez la comtesse qui comprit bien vite que pour survivre dans pareil univers, elle ne pourrait compter que sur elle-même. Elle se rapprocha de la reine régente, montrant patte blanche face à celle qui l'avait vue comme une potentielle rivale dès son arrivée à la cour. Et malgré ses réticences à partager la couche de son mari, elle se plia sans broncher à ses devoirs conjugaux, donnant naissance à de solides et beaux enfants qui ne firent pourtant ni son bonheur ni sa fierté. Elle les abandonna bien vite à leurs nourrices, les envoyant à la campagne dans leur fief de Dreux tandis qu'elle pouvait jouir paisiblement des plaisirs de la capitale. Jeune demoiselle douce et innocente, elle cessa bien vite de l'être. Mère aimante elle ne le fut jamais. Elle devint une véritable dame de cour, emprunte d'orgueil et de faux semblants. Tout n'était plus qu'apparence et celle de la comtesse était impeccable en tout point. Une louve qui pouvait vous flatter d'un sourire ou vous détruire d'une remarque acide et d'un regard glacial. La « Reine qui ne le fut jamais », comme certains l'appelaient autrefois, connaissait les basses manœuvres de la Cour mieux que personne. Les regards en coin qu'elle percevait en disaient long sur ceux qui les lançaient, elle en avait bien conscience et cela l'amusait en vérité.

Comme cet après-midi là où elle peinait à masquer sa satisfaction devant tant de petitesse. Mais toujours la comtesse savait rester impassible. D'un élégant mouvement de tête, elle fit le tour du salon avant de croiser le regard d'un homme qui s'avançait vers elle. « Monsieur Colbert, quelle étonnante surprise de vous voir en pareil endroit ! Sa Majesté vous autorise donc à respirer de temps à autre ? » Un léger sourire se dessina sur le visage du ministre. « Madame de Dreux. » la salua-t-il aimablement en lui offrant un baise-main. « Surprise plus agréable qu'étonnante pour ma part. Comment se porte notre reine bien-aimée ? » « Elle s'ennuie, elle tempête et comme nous tous elle se demande ce que nous faisons encore à Versailles... » Tous deux échangèrent un regard entendu. Nouvelle lubie du roi qui n'annonçait rien de bon pour celle qui ne jurait que pour les rues parisiennes et les couloirs du Louvre. La citadine qu'elle était ne trouvait nul attrait aux marécages de Versailles. Mais il était difficile pour elle de se défiler, sa place était auprès de la Reine. Une place qu'on lui enviait et qu'elle gardait jalousement même si elle devait avouer qu'un monde existait entre Marie-Thérèse d'Autriche et sa dame d'atour. Mais Henriette avait réussi à gagner la confiance et l'amitié de la souveraine sitôt son arrivée en France. Elle venait de débarquer de son Espagne natale pour épouser le roi de France. Dès son arrivée à la Cour on railla son apparence bien peu flatteuse, sa pruderie toute espagnole, son manque évident d'esprit et de conversation. La malheureuse paraissait tellement terne en comparaison de la jeune Marie Mancini dont le roi était encore éperdument épris. De ce mariage royal, certains se souvenaient encore de la beauté radieuse d'une femme de trente trois ans dont le corps était resté intact malgré ses nombreuses grossesses. Ce jour-là la réputation de la comtesse de Dreux atteint son paroxysme. Comme pour mettre définitivement un terme à la rivalité qui fut la leur bien des années auparavant, Anne d'Autriche lui proposa de devenir l'une des dames de compagnie de celle qui la supplantait désormais sur le trône. Henriette avait appris l'espagnol durant son enfance et le maîtrisait suffisamment pour tenir une conversation. Mais elle était aussi l'une des nobles les plus à même de soutenir la nouvelle souveraine au milieu de ce bourbier qu'était la vie de cour. Depuis sept ans, la comtesse suivait donc Marie-Thérèse d'Autriche comme son ombre, ne la quittait que lorsque celle-ci le lui autorisait, ce qui était – Dieu soit loué ! – suffisamment souvent. Mais pas assez souvent pour lui permettre d'échapper aux séjours champêtres de Versailles qui l'ennuyaient à mourir.

Henriette de Dreux était de ces visages qu'on croisait depuis plus de vingt ans aux côtés des grands de France. Une femme belle et noble à la réputation irréprochable et au visage insondable. Un visage qu'on disait aussi beau qu'à ses seize ans. Un mystère que beaucoup jalousaient et que peu comprenaient. Un mystère qui déliait bien des langues et nourrissait bien des rumeurs. Des rumeurs que la comtesse ne cherchait jamais à démentir. Qu'on siffle et qu'on médise sur son passage. Au moins parlait-on d'elle. Elle le savait. Il suffisait de voir l'effet qu'elle produisait lorsqu'elle entrait dans une pièce. Il suffisait de voir le sourire mielleux et les manières affables de Colbert et d'autres gentilshommes qui, comme lui, ne savaient jamais comment se comporter face à elle pour ne pas se laisser écraser. Henriette savait s'entourer, elle manœuvrait comme personne, s'amusait des médisances et se jouaient des rumeurs. Mais ne disait-on pas que derrière chaque rumeur se cachait une part de vérité ? Cette vérité-là, Henriette n'était pas prête à la révéler, pas même à son confesseur... Car la vérité était bien là, Henriette de Dreux malgré son flegme et ses manières restait une femme terrifiée à l'idée de vieillir. Terrifiée à l'idée qu'un jour on cesse de chuchoter sur son passage. Elle préférait se voir traiter d'impie et de catin plutôt que de souffrir de l'indifférence de tous. Mais à trop jouer avec le feu...ne risquait-elle pas de précipiter sa chute ?
Pseudo : QueenSigyn ◆ Âge : 25 ans ◆ Trouvaille du forum : J'ai suivi la catin... J'aurais tenu un mois Arrow Arrow ◆ Avis sur le forum : Bah vot' forum il est tout pourri  Arrow  Arrow  Arrow  ◆ Le mot de la fin : :sheep:
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